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Extrait de Poétique de la méchanceté,
publié en anthologie.

[extraits publiés dans En tous lieux nulle part ici [une anthologie], de Henri Deluy, éditions Le bleu du ciel, collection biennale internationale des Poètes en Val-de-Marne, 270 p. // Ces deux extraits sont tirés de Poétiques de la méchanceté]

autres extraits :
[+] [Preuve n°7 ] La femelle du Requin n°25. [lire sur leur site]
[Preuve n°21 ] La femelle du Requin n°20 [Noeux-les-mines Janvier 2004

Soit [a] vivant avec [b], tous les deux de même sexe, homme ou femme, peu importe ?, non, sur les photographies c’est évident « hommes », sans doute rien n’aurait eu lieu de la même façon s’ils avaient été tous les deux femmes.
Les fantasmes sont-ils de même nature selon les sexes ?
Soit [a] et [b], deux hommes, vivant depuis deux ans à Noeux-les-mines, Nord, habitant auparavant à Lens. [a] et [b], ni frères, ni père et fils, ni seulement amis, mais amants et aimant, depuis quinze ans installés ensembles, à vivre leur relation, souvent caché, peu visible.
Soit [a] et [b], amants et aimant, homosexuels dit-on, « pédé » dit-on encore, en tout cas désignés souvent péjorativement, alors même que le plus souvent ils vivent cachés, « discrets » dira un voisin, lors de l’audition au tribunal.
Soit [a], « gentil et serviable » dira encore un témoin, loin de toutes les images véhiculées sur l’homosexualité, et pourtant « pédé » dit-on souvent péjorativement tout autour de lui à Noeux-les-mines, ville du Nord où la virilité flamande est encore de rigueur, où les crânes rasés ne sont pas rares, ni non plus les dérapages verbaux.
Soit [a] et [b] vivant encore à Lens, harcelés continûment explique leur avocat, décrivant les faits : insulte marquée sur leur mur de maison, la porte de leur maison incendiée, coup de tournevis dans le dos de [a], tout cela non sans raison, tout cela parce qu’ils sont « pédés » dit-on communément et souvent tout autour d’eux.
Est-ce que la sexualité peut être un motif de violence ?
La différence de l’autre est-elle la suprême offense à l’insouciance de sa propre identité ?
Soit [a], dans le jardin de sa maison de Noeux-les-mines, au mois de janvier, avec la crainte au ventre, car harcelé continûment, il éprouve toujours une appréhension, ne sachant pas s’il ne va pas être insulté ou violenté.
Soit l’ensemble d’éléments [C], jeunes de la région de Lens et de Noeux-les-mines, qui ne supportent pas la différence, ne supportant pas donc l’homosexualité, ni non plus les maghrébins, ne supportant que ceux qui leur ressemblent et donc qui pourraient appartenir à leur ensemble [C].
Soit [C], ensemble d’individus, assez jeunes, pour certains mineurs, ayant tous l’habitude d’harceler le couple [a] et [b], parce que ce sont de « sales pédés et qu’on aura leur peau ».
Soit [C], un après-midi de janvier, tous les éléments n’étant pas dans l’ensemble, mais les plus forcenés étant là, se disant qu’il serait bien de donner une bonne leçon à ces « pédés ».
Soit [C], un peu désoeuvré, ressemblant aux personnages de la vie de jésus de Bruno D., ne sachant que faire, mais voulant donner une bonne leçon à [a] ou [b], ou [a] et [b]. Soit [C], en cet après-midi, muni d’essence, trouvant [a] dans le jardin de sa maison et l’aspergeant puis y mettant le feu. « Vous comprenez on voulait lui donner une bonne leçon à ce sal pédé ».
La différence est-elle le début de la haine ? La méchanceté serait-elle la même, face à l’identique ?
Soit [a], brûlé, un voisin témoin, brûlé au troisième degré à l’âge de 38 ans, tombant alors dans le coma.
Soit [a], défiguré, et choqué définitivement pour sa différence, témoignant d’aucune haine mais de son seul dégoût, de son incompréhension.