{"id":85,"date":"2004-02-24T12:15:51","date_gmt":"2004-02-24T11:15:51","guid":{"rendered":"http:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=85"},"modified":"2004-02-24T12:15:51","modified_gmt":"2004-02-24T11:15:51","slug":"article-lissez-les-couleurs-de-joel-hubaut","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=85","title":{"rendered":"[article] Lissez les couleurs ! de Jo\u00c3\u00abl Hubaut"},"content":{"rendered":"<p>[article publi\u00c3\u00a9 sur<a title=\"[voir +]\" href=\"http:\/\/www.lelitteraire.com\/article168.html\"> Le Litt\u00c3\u00a9raire<\/a>]<br \/>\nDe 1997 \u00c3\u00a0 1999, Jo\u00c3\u00abl Hubaut a \u00c3\u00a9crit un long po\u00c3\u00a8me, Put-Put, dont chaque vers commence par &#8220;je voudrais&#8221;. Plus que d\u00e2\u20ac\u2122insister sp\u00c3\u00a9cifiquement sur le caract\u00c3\u00a8re de liste de cette longue incantation du devenir du corps, ce qui ressort surtout de ce texte, de cette agglom\u00c3\u00a9ration, c\u00e2\u20ac\u2122est la porosit\u00c3\u00a9 du corps aux choses, l\u00e2\u20ac\u2122incubation du monde dans le corps, faisant du corps le potentiel d\u00e2\u20ac\u2122un monde qui est arrach\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 sa propre logique de construction, pour en obtenir un autre. En effet, ce Put-Put, appartient \u00c3\u00a0 la section EpidemiK de Hubaut, o\u00c3\u00b9 le corps loin de se pr\u00c3\u00b4ner l\u00e2\u20ac\u2122indemne, sauf de toute contagion, est p\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9tr\u00c3\u00a9 par les mille bribes clignotantes et ali\u00c3\u00a9nantes de ce qui l\u00e2\u20ac\u2122entoure. Corps spongieux, aux pores \u00c3\u00a9bahis et \u00c3\u00a9baudis des objets amoncel\u00c3\u00a9s par la logique de production, corps \u00c3\u00a9ventr\u00c3\u00a9 et aspirant les remugles consum\u00c3\u00a9ristes des industries humaines produisant en masse les biens ali\u00c3\u00a9nant de l\u00e2\u20ac\u2122humanit\u00c3\u00a9, qui viennent dans la pens\u00c3\u00a9e et la gorge s\u00e2\u20ac\u2122agglutiner.<\/p>\n<p>Ce long po\u00c3\u00a8me ayant travers\u00c3\u00a9 dans son \u00c3\u00a9criture le temps, est ainsi la trace d\u00e2\u20ac\u2122un devenir dispositif du corps, pour reprendre Deleuze et Guattari &#8211; Hubaut ayant travaill\u00c3\u00a9 avec ce dernier &#8211; d\u00e2\u20ac\u2122un devenir machine de l\u00e2\u20ac\u2122av\u00c3\u00a8nement au monde de la corpor\u00c3\u00a9it\u00c3\u00a9. je voudrais voir avec mes genoux, avec mon anus, avec mes talons, avec mes gencives, je voudrais des yeux au fond de la bouche, des yeux dans le pancr\u00c3\u00a9as dans les intestins, je voudrais des yeux multi-block, des yeux consoles, des yeux-t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9commandes, (&#8230;) je voudrais p\u00c3\u00a9riscoper, cam\u00c3\u00a9ratiser, pixelliser, virtualiser (janvier 1997) Devenir machine qui est une r\u00c3\u00a9forme, c\u00e2\u20ac\u2122est-\u00c3\u00a0-dire une r\u00c3\u00a9volte, contre la logique de configuration qui lui a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 impos\u00c3\u00a9e par l\u00e2\u20ac\u2122ordre ext\u00c3\u00a9rieur, et dont le corps ne peut que se d\u00c3\u00a9mettre. Devenir machine, qui n\u00e2\u20ac\u2122est pas de d\u00c3\u00a9truire toute organicit\u00c3\u00a9, mais de refondre par l\u00e2\u20ac\u2122acte d\u00e2\u20ac\u2122une dissolution corporelle tout agencement des organes du corps, pour se refaire un corps nouveau. C\u00e2\u20ac\u2122est ainsi que le travail de Hubaut que cela soit dans Put-Put, EpidemiK, Le rabbit semiotiK, dans Clom, \u00c3\u00a0 chaque fois semble correspondre \u00c3\u00a0 la pragmatique mise en \u00c3\u00a9vidence par les deux auteurs de Mille plateaux :<br \/>\n1\/ \u00c3\u00a9tude de la g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rativit\u00c3\u00a9 des signes produits dans le monde, 2\/ \u00c3\u00a9tude des transformations productions des r\u00c3\u00a9gimes de signes produits. 3\/ \u00c3\u00a9tude des dispositifs (diagrammes) potentiels qui pourront s\u00e2\u20ac\u2122appliquer sur des corps ; 4\/ \u00c3\u00a9tude des machines abstraites form\u00c3\u00a9es qui ordonnent et r\u00c3\u00a9partissent les possibles r\u00c3\u00a9els (Mille Plateaux, p.182).<\/p>\n<p>Hubaut construit en ce sens depuis 30 ans la machine immanente de son existence-corps \u00c3\u00a0 partir de l\u00e2\u20ac\u2122exp\u00c3\u00a9rience des signes qui tissent la r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9. C\u00e2\u20ac\u2122est dans cette perspective, que chez lui, la couleur a pris une importance essentielle, en tant que derri\u00c3\u00a8re son accidentalit\u00c3\u00a9 ontologique, elle s\u00e2\u20ac\u2122est bien \u00c3\u00a9videmment constitu\u00c3\u00a9e comme l\u00e2\u20ac\u2122un des crit\u00c3\u00a8res de discrimination et d\u00e2\u20ac\u2122agencement fondamental. Ce qu\u00e2\u20ac\u2122il a parfaitement mis en \u00c3\u00a9vidence \u00c3\u00a0 travers le regard qu\u00e2\u20ac\u2122il porte sur la Shoah ou encore sur la constitution des identit\u00c3\u00a9s nationales \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122aide des drapeaux, des fanions ! Lissez les couleurs ! \u00c3\u00a0 ras l\u00e2\u20ac\u2122fanion s\u00e2\u20ac\u2122inscrit dans cet horizon de recherche, et travaille une nouvelle fois sur la question de la nouvelle configuration des signes \u00c3\u00a0 partir du corps. Toutefois, alors que dans Clomix, par exemple, qui date de 2000-2001, il travaillait sur des machines-objets, des configurations d\u00e2\u20ac\u2122objets de m\u00c3\u00aame couleurs, l\u00c3\u00a0, le travail est celui d\u00e2\u20ac\u2122un nouvel agencement de la langue, qui appara\u00c3\u00aet reprendre les quatre \u00c3\u00a9tapes que nous avons indiqu\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 partir de Deleuze et de Guattari.<\/p>\n<p>Tout commence par une impossibilit\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 commencer par la langue, une impossibilit\u00c3\u00a9 de la langue \u00c3\u00a0 dire, \u00c3\u00a0 gicler de la bouche autrement que par le moule qui lui a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 incub\u00c3\u00a9, inculqu\u00c3\u00a9, impos\u00c3\u00a9 par l\u00e2\u20ac\u2122ext\u00c3\u00a9riorit\u00c3\u00a9 politique et religieuse. Tout commence par l\u00e2\u20ac\u2122impossible commencement d\u00e2\u20ac\u2122une langue dont on a h\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9, et qui parle d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 alors que l\u00e2\u20ac\u2122on n\u00e2\u20ac\u2122a pas commenc\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 parler, que l\u00e2\u20ac\u2122on n\u00e2\u20ac\u2122a pas encore r\u00c3\u00a9ussi \u00c3\u00a0 dire les mots coinc\u00c3\u00a9s au fond de la bouche, coll\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a0 la gorge, coll\u00c3\u00a9s et rentr\u00c3\u00a9s, enfonc\u00c3\u00a9s par la chair s\u00c3\u00a9miotique produite par l\u00e2\u20ac\u2122ext\u00c3\u00a9riorit\u00c3\u00a9. \u00c3\u2021a fait des n\u00c5\u201cuds dans la bouche qui s\u00e2\u20ac\u2122expanse et \u00c3\u00a7a fait des n\u00c5\u201cuds et \u00c3\u00a7a fait des n\u00c5\u201cuds dans la bouche et quelques fois les n\u00c5\u201cuds bouchent la bouche qui s\u00e2\u20ac\u2122expanse. Tout commence par la mise en \u00c3\u00a9vidence, au cours de cette impossibilit\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 dire, de l\u00e2\u20ac\u2122origine des signes, de cette chair projet\u00c3\u00a9e au-dedans de la gorge, engorg\u00c3\u00a9e dans la bouche, la matrice \u00c3\u00a0 parler invagin\u00c3\u00a9e du moule institu\u00c3\u00a9 par les forces qui lui sont ext\u00c3\u00a9rieures. Tout commence par cette impossibilit\u00c3\u00a9 des signes propres, car voulant dire proprement ce qui est \u00c3\u00a0 dire, la langue se coince dans le moule de la normalisation linguistique qui lui a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 ancr\u00c3\u00a9e. Ici, Hubaut fait \u00c5\u201cuvre d\u00e2\u20ac\u2122une v\u00c3\u00a9ritable r\u00c3\u00a9flexion po\u00c3\u00a9tique sur le langage et se pose \u00c3\u00a0 distance de toute forme idiolectale au sens de la recherche d\u00e2\u20ac\u2122Artaud ou encore de la d\u00c3\u00a9finition de Barthes : la langue imm\u00c3\u00a9diatement s\u00e2\u20ac\u2122emp\u00c3\u00aatre toujours, revendiquant son autonomie et son (au\/on)to-g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a8se, sa puret\u00c3\u00a9, dans les pr\u00c3\u00a9structurations s\u00c3\u00a9miotiques de la langue publique, de la langue d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 constitu\u00c3\u00a9e : les mots qui devraient glisser dans l\u00e2\u20ac\u2122sens de la sortie vers le trou d\u00e2\u20ac\u2122la bouche pour d\u00c3\u00a9mouler la langue pourraient s\u00e2\u20ac\u2122coincer dans l\u00e2\u20ac\u2122coin du trou et \u00c3\u00a7a ferait gonfler tout l\u00e2\u20ac\u2122bord de la bouche qui bloquerait la langue dans le moule au moment o\u00c3\u00b9 justement la langue devrait pouvoir sortir sans probl\u00c3\u00a8me pour expulser les mots du trou bloqu\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122int\u00c3\u00a9rieur du trou du moule.<\/p>\n<p>C\u00e2\u20ac\u2122est que tel qu\u00e2\u20ac\u2122il le montre, nous sommes pris dans le moule de la langue normalis\u00c3\u00a9e, qui est pos\u00c3\u00a9e, en sa structure et ses renvois, comme orthotes, droite, m\u00c3\u00a2t, pour le dire id\u00c3\u00a9ologique de notre champ d\u00e2\u20ac\u2122appartenance. C\u00e2\u20ac\u2122est que la langue devant \u00c3\u00aatre dite, doit toujours respect\u00c3\u00a9e la r\u00c3\u00a8gle, se tracer rectiligne, \u00c3\u00a0 la ligne, ponctu\u00c3\u00a9e comme il le faut, \u00c3\u00a9touff\u00c3\u00a9e comme il le faut dans la loi syntaxique qui dispose dans le bon ordre (politique ou religieux) les mots de la bouche. Mettant ainsi en \u00c3\u00a9vidence les structurations et leurs principes, il \u00c3\u00a9tablit en parall\u00c3\u00a8le la critique : il assole (Kierkegaard), d\u00c3\u00a9territorialise (Deleuze\/Guattari) la langue pour tenter de la remettre dans le vide d\u00e2\u20ac\u2122une autre possibilit\u00c3\u00a9 du dire. Se d\u00c3\u00a9battant dans la langue, il s\u00e2\u20ac\u2122en distingue, montrant \u00c3\u00a0 quel point sont constitu\u00c3\u00a9es les lois d\u00e2\u20ac\u2122agencement des renvois de sens et de significations, bien \u00c3\u00a9videmment il s\u00e2\u20ac\u2122en d\u00c3\u00a9soumet, il s\u00e2\u20ac\u2122en extrait par la constitution lente du plan d\u00e2\u20ac\u2122une autre consistance du dire. Ainsi, s\u00e2\u20ac\u2122il dit que l\u00e2\u20ac\u2122homme colle ses yeux dans le moulage et quand ses yeux sont coll\u00c3\u00a9s dans le moule de la vision l\u00e2\u20ac\u2122homme ne voit que le moule de l\u00e2\u20ac\u2122uniformisation de la masse de l\u00e2\u20ac\u2122homme moul\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 la louche, en explicitant ainsi imm\u00c3\u00a9diatement la mainmise de l\u00e2\u20ac\u2122uniformisation par le moule id\u00c3\u00a9ologique de la langue, sa langue commence \u00c3\u00a0 s\u00e2\u20ac\u2122en d\u00c3\u00a9coller, \u00c3\u00a0 produire les perturbations qui pourront peu \u00c3\u00a0 peu produire un autre agencement s\u00c3\u00a9miotique, une autre ligne du dire.<\/p>\n<p>Ce glissement vers un plan de constitution propre des agencements, liaison de sens, se d\u00c3\u00a9termine peu \u00c3\u00a0 peu tout au long de Lissez les couleurs ! Le livre \u00c3\u00a9tant justement ce lent glissement. Ici malheureusement, nous ne pouvons rendre la lecture qui accompagne sur un CD-audio le texte, mais l\u00e2\u20ac\u2122ensemble de ce travail sonore mix\u00c3\u00a9 en live par Patrick M\u00c3\u00bcller, rend bien la contorsion n\u00c3\u00a9cessaire \u00c3\u00a0 d\u00c3\u00a9bo\u00c3\u00aeter les agencements qui moulent tout effort de la langue lorsqu\u00e2\u20ac\u2122elle tente de dire. Le glissement conduit \u00c3\u00a0 une accidentalit\u00c3\u00a9 s\u00c3\u00a9miotique de la langue qui vient contre-investir toute manipulation de la langue. C\u00e2\u20ac\u2122est pr\u00c3\u00a9cis\u00c3\u00a9ment l\u00c3\u00a0 que se joue la venue d\u00e2\u20ac\u2122un autre plan de consistance de la langue. Ce contre-plan cependant ne vient pas revendiquer une v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9 ou une puret\u00c3\u00a9 de la langue, \u00c3\u00a0 savoir ne se veut pas la position identitaire d\u00e2\u20ac\u2122une v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9 ontologique de la langue, mais tout \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122inverse, (se) montre, par un jeu sur soi, en quel sens la langue est une ligne de fuite immanente et accident\u00c3\u00a9e, qui se combine dans le jeu de reflet entre putr\u00c3\u00a9faction et structuration linguistique : \u00c3\u00a9 on brourre leyau vec les brouts d\u00e2\u20ac\u2122moules de l\u00e2\u20ac\u2122adorate d\u00c3\u00a9 brouts d\u00e2\u20ac\u2122coules dra la d\u00c3\u00a9 ron rebodu l\u00e2\u20ac\u2122yauuts d\u00e2\u20ac\u2122saupar pe ka brouche ki ran quotel\u00c3\u00a9 brouts d\u00e2\u20ac\u2122tauces.<\/p>\n<p>Le geste qui conduit au plan d\u00e2\u20ac\u2122immanence de la langue d\u00e2\u20ac\u2122aucune fa\u00c3\u00a7on ne peut se produire comme la r\u00c3\u00a9ification d\u00e2\u20ac\u2122une volont\u00c3\u00a9 de puret\u00c3\u00a9 de soi. Non, car Hubaut l\u00e2\u20ac\u2122a bien compris depuis longtemps par son travail plastique, par ses agglom\u00c3\u00a9rats \u00c3\u00a9pid\u00c3\u00a9miques dans les villes, dans les expositions, les lignes de fuite, celles qui m\u00c3\u00a8nent \u00c3\u00a0 la singularit\u00c3\u00a9, ne sont pas issues de mat\u00c3\u00a9rialit\u00c3\u00a9s auto-g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9r\u00c3\u00a9es, mais se constituent dans un rapport constant avec la mat\u00c3\u00a9rialit\u00c3\u00a9 d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 constitu\u00c3\u00a9e par la langue du pouvoir. Mais ce que le pouvoir ne voit pas, l\u00e2\u20ac\u2122exc\u00c3\u00a8s possible du sens de ce qu\u00e2\u20ac\u2122il institue, c\u00e2\u20ac\u2122est ce \u00c3\u00a0 partir de quoi plastiquement ou linguistiquement, il faut partir. Horizon, \u00c3\u00a0 n\u00e2\u20ac\u2122en point douter du po\u00c3\u00a8te-plasticien Duchamp. Le plan d\u00e2\u20ac\u2122immanence est ainsi non pas le plan de la composition de machines, mais de la variation abstraite de tout renvoi r\u00c3\u00a9el de la langue, qui se donne dans des figures passag\u00c3\u00a8res, dans des configurations diaboliques car diagrammatiques, court-circuitant toute emprise grammatique ou symbolique. Ce passage du livre de Hubaut, ce solve-coagula \u00c3\u00a9ph\u00c3\u00a9m\u00c3\u00a8re, \u00c3\u00a0 entendre en soi, est source de tous les possibles, tout s\u00e2\u20ac\u2122y dit en quelques \u00c3\u00a9chos, tout s\u00e2\u20ac\u2122y compose selon le rythme incessant de la rocaille non encore fix\u00c3\u00a9e en une composition reconnaissable.<\/p>\n<p>Et c\u00e2\u20ac\u2122est dans ce tourbillon, cette explosion des syntagmes et des syntaxes, que justement rena\u00c3\u00aet la machine linguistique de Hubaut, que peut appara\u00c3\u00aetre l\u00e2\u20ac\u2122autre machine, l\u00e2\u20ac\u2122autre machination de la langue que celle moul\u00c3\u00a9e par les pouvoirs h\u00c3\u00a9g\u00c3\u00a9moniques qui forgent le moule de la repr\u00c3\u00a9sentation du monde. La fin du livre expose les composantes nouvelles de la machine langue possible apr\u00c3\u00a8s la dissolution, d\u00c3\u00a9glutition : quand ta bouche a bien d\u00c3\u00a9gueul\u00c3\u00a9 ta langue d\u00c3\u00a9moul\u00c3\u00a9e tu peux prendre enfin la parole et la parole qui jaillit de ta bouche est comme une nouvelle langue merdeuse hors du moule. Cette nouvelle langue est bien \u00c3\u00a9videmment merdeuse, sans aucune puret\u00c3\u00a9, car ontologiquement aucune langue ne peut \u00c3\u00aatre la pure langue spirituelle de soi, d\u00e2\u20ac\u2122un Je inali\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9, d\u00e2\u20ac\u2122un Je exempt\u00c3\u00a9 d\u00e2\u20ac\u2122avoir \u00c3\u00a9chou\u00c3\u00a9 d\u00c3\u00a8s son origine dans un monde. Comme ses machines plastiques sont compos\u00c3\u00a9es des mille objets collect\u00c3\u00a9s dans le r\u00c3\u00a9siduel de la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 de consommation, cette langue est merdeuse, compos\u00c3\u00a9e de la digestion publique des composantes linguistiques, mais elle est nouvelle car elle se b\u00c3\u00a2tit dans la contingence d\u00e2\u20ac\u2122un \u00c3\u00aatre-au-monde, qui n\u00e2\u20ac\u2122est pas en son \u00c3\u00a9nonciation arrim\u00c3\u00a9 aux tables de la loi des pouvoirs politiques ou religieux. Nouvelle car giclant selon le tempo d\u00e2\u20ac\u2122ouverture al\u00c3\u00a9atoire de cette chair singuli\u00c3\u00a8re appel\u00c3\u00a9e Hubaut !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[article publi\u00c3\u00a9 sur Le Litt\u00c3\u00a9raire] De 1997 \u00c3\u00a0 1999, Jo\u00c3\u00abl Hubaut a \u00c3\u00a9crit un long po\u00c3\u00a8me, Put-Put, dont chaque vers commence par &#8220;je voudrais&#8221;. Plus que d\u00e2\u20ac\u2122insister sp\u00c3\u00a9cifiquement sur le caract\u00c3\u00a8re de liste de cette longue incantation du devenir du corps, ce qui ressort surtout de ce texte, de cette agglom\u00c3\u00a9ration, c\u00e2\u20ac\u2122est la porosit\u00c3\u00a9 du [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11,6],"tags":[],"class_list":["post-85","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","category-une"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/85","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=85"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/85\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=85"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=85"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=85"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}