{"id":84,"date":"2006-02-24T06:28:33","date_gmt":"2006-02-24T05:28:33","guid":{"rendered":"http:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=84"},"modified":"2006-02-24T06:28:33","modified_gmt":"2006-02-24T05:28:33","slug":"article-art-a-propos-dune-critique-dolivier-cena-dans-telerama","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=84","title":{"rendered":"[article art] \u00c3\u20ac propos d&#8217;une critique d&#8217;Olivier C\u00c3\u00a9na dans T\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9rama"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">[artice paru sur Libr-critique.com]<br \/>\nDans le T\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9rama du 1er f\u00c3\u00a9vrier 2006 (n\u00c2\u00b02925), Olivier C\u00c3\u00a9na, critique t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9ramiste, une nouvelle fois se distingue par son parti pris, par sa verve emp\u00c3\u00a2t\u00c3\u00a9e de bons sentiments et de visions m\u00c3\u00a9taphysiques. D&#8217;Olivier C\u00c3\u00a9na, on sait qu&#8217;il s\u00c3\u00a9vit depuis d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 un certain temps dans ce magazine TV \u00c3\u00a0 destination des intellectuels. C&#8217;est ainsi que d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 en 1995, dans le T\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9rama hors s\u00c3\u00a9rie sur la photographie, il d\u00c3\u00a9fendait une photographie humaniste, au sens o\u00c3\u00b9 pour lui &#8220;<em>l&#8217;un des int\u00c3\u00a9r\u00c3\u00aats fondamentaux de la photographie (&#8230;) peut \u00c3\u00aatre la r\u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9lation du regard universel de l&#8217;homme, de son \u00c3\u00a9tat amoureux, de son humanit\u00c3\u00a9 possible<\/em>&#8220;. Grande d\u00c3\u00a9claration, qui non seulement fait fie de ce que pourrait \u00c3\u00aatre pr\u00c3\u00a9cis\u00c3\u00a9ment l&#8217;Humanisme (celui du XVI\u00c3\u00a8me si\u00c3\u00a8cle), mais qui en plus r\u00c3\u00a9duit l&#8217;histoire de la photographie \u00c3\u00a0 la premi\u00c3\u00a8re moiti\u00c3\u00a9 du si\u00c3\u00a8cle.<\/p>\n<p>Dans son article <strong><em>Passer la main<\/em><\/strong>, Olivier C\u00c3\u00a9na repart en guerre contre certains processus d&#8217;abstraction et d&#8217;installation, en prenant comme pr\u00c3\u00a9texte l&#8217;exposition <em>Notre Histoire<\/em>, visible jusqu&#8217;au 7 mai au Palais de Tokyo. Dans cet article, comparant l&#8217;installation de Kader Attia, proposant un labyrinthe de matraques fix\u00c3\u00a9es \u00c3\u00a0 un mur, et de l&#8217;autre une peinture de Yan Pey-Ming qui a servi de couverture pour le T\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9rama du nouvel an, et qui repr\u00c3\u00a9sente une main brandissant une matraque, il se lance dans une attaque en r\u00c3\u00a8gle des artistes post-modernes,  artistes sans main, artiste designer, artiste qui aurait perdu, oubli\u00c3\u00a9, le r\u00c3\u00b4le de la main dans la conception de l&#8217;oeuvre. C&#8217;est en ce sens qu&#8217;il \u00c3\u00a9tablit une apologie de la main : &#8220;<em>la main, comme le regard, est ce qui d\u00c3\u00a8s la naissance nous accueille ou nous repousse. En art, elle n&#8217;est pas qu&#8217;un simple outil au service d&#8217;un concept. Quel que soit le talent de l&#8217;artiste, le geste d\u00c3\u00a9forme, m\u00c3\u00aame imperceptiblement, r\u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9lant la personnalit\u00c3\u00a9 de l&#8217;auteur<\/em> (&#8230;).<em> La main \u00e2\u20ac\u201d le corps \u00c3\u00a0 l&#8217;oeuvre \u00e2\u20ac\u201d dit ce que les mots ne peuvent \u00c3\u00a9noncer. Elle ne ment pas, elle ne triche pas, elle r\u00c3\u00a9v\u00c3\u00a8le : l&#8217;\u00c3\u00aatre, l&#8217;humanit\u00c3\u00a9 \u00e2\u20ac\u201d cette empreinte \u00c3\u00a9mouvante sur le mur d&#8217;une grotte<\/em>&#8220;.<br \/>\nLa vision qu&#8217;il d\u00c3\u00a9fend de l&#8217;art, je le souligne d&#8217;embl\u00c3\u00a9e, est h\u00c3\u00a9riti\u00c3\u00a8re de l&#8217;analyse qu&#8217;a pu avoir Heidegger dans <strong><em>Qu&#8217;appelle-t-on-penser ?<\/em><\/strong> La verve d&#8217;Olivier Cena ressemble \u00c3\u00a0 celle de la vision ph\u00c3\u00a9nom\u00c3\u00a9nologique de Heidegger, et implique le m\u00c3\u00aame horizon m\u00c3\u00a9taphysique : &#8220;<em>L&#8217;oeuvre de la main est plus riche que nous ne le pensons habituellement. La main ne fait pas que saisir et attraper, que serrer et pousser. La main offre et re\u00c3\u00a7oit<\/em> (&#8230;).<em> La main trace des signes, elle montre, probablement parce que l&#8217;homme est un monstre.<\/em> (&#8230;) <em>Mais les gestes de la main transparaissent partout dans le langage, et cela avec la plus grande puret\u00c3\u00a9 lorsque l&#8217;homme parle en se taisant<\/em>. (&#8230;) <em>Toute oeuvre de la main repose dans la pens\u00c3\u00a9e<\/em>&#8221; [p.90, PUF].<br \/>\nPour juger de l&#8217;exposition du Palais de Tokyo, Olivier C\u00c3\u00a9na pose ainsi <em>a priori<\/em> un prisme d&#8217;analyse, qui non seulement permet de l\u00c3\u00a9gitimer ou d&#8217;ill\u00c3\u00a9gitimer ce qui est pr\u00c3\u00a9sent\u00c3\u00a9, mais qui en fait projette a priori ce que devrait \u00c3\u00aatre d&#8217;abord et avant tout une oeuvre d&#8217;art : \u00c3\u00a0 savoir qui postule une essence trouvant son incarnation par le seul travail de la main.<br \/>\nIl est bien \u00c3\u00a9vident ici que nous pouvons apercevoir une d\u00c3\u00a9marche \u00c3\u00a9pist\u00c3\u00a9mologique qui ne r\u00c3\u00a9fl\u00c3\u00a9chit pas sur sa propre logique. Tout d&#8217;abord, Olivier C\u00c3\u00a9na, au lieu de s&#8217;interroger sur la d\u00c3\u00a9marche pos\u00c3\u00a9e par l&#8217;oeuvre, et non pas seulement par l&#8217;artiste, part de pr\u00c3\u00a9suppos\u00c3\u00a9s esth\u00c3\u00a9tiques qui subordonnent toute ph\u00c3\u00a9nom\u00c3\u00a9nalit\u00c3\u00a9 artistique \u00c3\u00a0 ses propres crit\u00c3\u00a8res de v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9. Ici, l&#8217;art donc ob\u00c3\u00a9it \u00c3\u00a0 une essence, celle de la manoeuvre, qui correspond seulement \u00c3\u00a0 certaines d\u00c3\u00a9terminations historiques de sa concr\u00c3\u00a9tion. Il y a une confusion entre d&#8217;un c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9 les principes qui peuvent \u00c3\u00a9merger de certaines d\u00c3\u00a9marches et de l&#8217;autre la possibilit\u00c3\u00a9 de poser une v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9 en art. Ce qui d\u00c3\u00a9termine certaines d\u00c3\u00a9marches est hypostasi\u00c3\u00a9 en tant que crit\u00c3\u00a8re de v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9, et vient de l\u00c3\u00a0 condamner a priori toute autre d\u00c3\u00a9marche. D\u00c3\u00a8s lors, c&#8217;est une inversion de la relation cause\/effet qui va commander son discours, ce qui n&#8217;\u00c3\u00a9tait qu&#8221;effet en tant que discours devient causalit\u00c3\u00a9 de tout regard sur les oeuvres qui apparaissent.<br \/>\nCeci le conduit \u00c3\u00a0 ne pouvoir s&#8217;interroger sur ce qui surgit dans l&#8217;art contemporain, notamment celui qui prend forme par les installations. Cet aveuglement l&#8217;emp\u00c3\u00aache de comprendre en quel sens par moment, et notamment aujourd&#8217;hui, un certain tournant \u00c3\u00a9pist\u00c3\u00a9mologique en esth\u00c3\u00a9tique est impliqu\u00c3\u00a9 par les oeuvres contemporaines qui se constituent au niveau num\u00c3\u00a9rique.<br \/>\nSa d\u00c3\u00a9marche est contradictoire avec ce que tente d&#8217;observer, entre autres, Mario Costa, dans <strong><em>Internet et globalisation esth\u00c3\u00a9tique<\/em><\/strong> (L&#8217;Harmattan) : &#8220;<em>La dimension esth\u00c3\u00a9tique de l&#8217;\u00c3\u00a9poque qui s&#8217;ouvre sera de moins en moins celle de l&#8217;art, et s&#8217;approchera de plus en plus de celle, que j&#8217;ai commenc\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 indiquer il y a vingt ans sous le nom de &#8220;sublime technologique<\/em>&#8220;. Mario Costa, d\u00c3\u00a9fend un tournant \u00c3\u00a9pist\u00c3\u00a9mologique du regard sur l&#8217;art, en tant que celui-ci d\u00c3\u00a9pend non seulement de ses conditions \u00c3\u00a9poquales d&#8217;apparition (d&#8217;o\u00c3\u00b9 la n\u00c3\u00a9cessit\u00c3\u00a9 de r\u00c3\u00a9fl\u00c3\u00a9chir au d\u00c3\u00a9marche de ready-made depuis Duchamp comme impliqu\u00c3\u00a9 par des conditions socio-\u00c3\u00a9conomiques impliquant une interrogation artistique), mais en plus des conditions technologiques de sa propre concr\u00c3\u00a9tion. Ainsi, si Olivier C\u00c3\u00a9na peut mettre en critique l&#8217;artiste-concepteur, il t\u00c3\u00a9moigne par l\u00c3\u00a0 de sa m\u00c3\u00a9compr\u00c3\u00a9hension de l&#8217;usage par exemple des technologies en art, du fait que les oeuvres ne sont plus le r\u00c3\u00a9sultat d&#8217;un artiste singulier, mais de r\u00c3\u00a9alisations de groupe, o\u00c3\u00b9 le concepteur peut travailler avec informaticiens, avec des graphistes, afin de concr\u00c3\u00a9tiser son projet.<br \/>\nDe m\u00c3\u00aame, alors que ce que privil\u00c3\u00a9gie Olivier C\u00c3\u00a9na, tient \u00c3\u00a0 la re-pr\u00c3\u00a9sentation, et en cela \u00c3\u00a0 une <em>mim\u00c3\u00a9sis<\/em> qui serait \u00c3\u00a0 penser au sens de l&#8217;impens\u00c3\u00a9 de Hegel (voir sa description de la main de Yan Pey-Ming), l&#8217;art au XX\u00c3\u00a8me si\u00c3\u00a8cle s&#8217;est consacr\u00c3\u00a9 davantage \u00c3\u00a0 la question de la pr\u00c3\u00a9sentation. Les installations, comme celle de Kader Attia, ne re-pr\u00c3\u00a9sentent pas, mais pr\u00c3\u00a9sentent, sont des pr\u00c3\u00a9sentations d&#8217;abord et avant tout, qui ne correspondent aucunement \u00c3\u00a0 la figuration d&#8217;une expression. &#8220;<em>Les productions<\/em>&#8221; comme le souligne Mario Costa, &#8220;<em>ne sont plus caract\u00c3\u00a9ris\u00c3\u00a9es par le symbolique et par les suggestions n\u00c3\u00a9buleuse qui en d\u00c3\u00a9coulent, mais poss\u00c3\u00a8dent une essence cognitive indispensable et claire<\/em> (&#8230;) <em>Le travail esth\u00c3\u00a9tique devient une v\u00c3\u00a9ritable investigation intellectuelle<\/em>&#8220;.<br \/>\nCe qui est alors reproch\u00c3\u00a9 aux artistes post-modernes ne peut que faire sourire, car reposant sur une certaine inconsistance \u00c3\u00a9pist\u00c3\u00a9mologique et esth\u00c3\u00a9tique. Tout l&#8217;enjeu tient justement \u00c3\u00a0 r\u00c3\u00a9fl\u00c3\u00a9chir aux d\u00c3\u00a9marches post-modernes selon une analyse rigoureuse des oeuvres qui apparaissent. Aussi bien, au niveau artistique, qu&#8217;au niveau litt\u00c3\u00a9raire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[artice paru sur Libr-critique.com] Dans le T\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9rama du 1er f\u00c3\u00a9vrier 2006 (n\u00c2\u00b02925), Olivier C\u00c3\u00a9na, critique t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9ramiste, une nouvelle fois se distingue par son parti pris, par sa verve emp\u00c3\u00a2t\u00c3\u00a9e de bons sentiments et de visions m\u00c3\u00a9taphysiques. D&#8217;Olivier C\u00c3\u00a9na, on sait qu&#8217;il s\u00c3\u00a9vit depuis d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 un certain temps dans ce magazine TV \u00c3\u00a0 destination des intellectuels. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11,6],"tags":[],"class_list":["post-84","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","category-une"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/84","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=84"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/84\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=84"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=84"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=84"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}