{"id":656,"date":"2017-04-20T11:22:30","date_gmt":"2017-04-20T10:22:30","guid":{"rendered":"http:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=656"},"modified":"2017-04-20T11:22:30","modified_gmt":"2017-04-20T10:22:30","slug":"violence-et-litterature-le-philosophoire-n%c2%b013-2001","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=656","title":{"rendered":"Violence et litt\u00c3\u00a9rature (Le Philosophoire n\u00c2\u00b013 &#8211; 2001)"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: center; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>(<i>notes singuli&egrave;res sur un cas de <\/i>diff&eacute;rend)<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: right; font-size: 10px; font-family: Times;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; font-family: Times; min-height: 14px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span><b><i>Hypoth&egrave;se de lecture 1&nbsp;:<\/i><\/b> le signifiant &ldquo;&nbsp;<i>violence&nbsp;<\/i>&rdquo; tire son sens actuel de la sph&egrave;re m&eacute;diatique ou encore des mythes qui irriguent l&rsquo;imaginaire politique et populaire. Violence des banlieues, violence &eacute;conomique, violence politique, violence morale, etc&#8230; La <i>violence<\/i>, signifiant qui renvoie &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me, &agrave; l&rsquo;exc&egrave;s, qui stigmatise la limite, qui marque la fronti&egrave;re entre le normal et le pathologique. Mais quel en est le sens&nbsp;? Quel impens&eacute; hante cette d&eacute;signabilit&eacute;, au point que d&rsquo;embl&eacute;e, sans autre r&eacute;flexion que la marque de l&rsquo;interdit ou du renvoi, celle-ci soit directement intelligible au niveau de la communaut&eacute;, &agrave; savoir fasse sens sans r&eacute;elle m&eacute;diation au niveau de l&rsquo;intentionnalit&eacute; intersubjective&nbsp;? La violence loin d&rsquo;&ecirc;tre un signifiant m&eacute;diatique ou sociologique ne renvoie-t-elle pas bien plus t&ocirc;t &agrave; un v&eacute;cu de sens qui est toujours endur&eacute; d&rsquo;abord et avant tout par et dans un corps singulier&nbsp;? La violence du fait qu&rsquo;elle soit toujours <i>cela<\/i> qui est ressenti par celui ou celle qui en est le destinataire, ne rompt-elle pas toute forme d&rsquo;&eacute;conomie th&eacute;orique ou toute tentative de captation conceptuelle, au sens o&ugrave; la douleur et la souffrance qui sont consubstantielles &agrave; son &eacute;ruption, &agrave; son effraction, ne peuvent s&rsquo;exprimer que dans un idiome qui n&rsquo;a pas le recul dans son t&eacute;moignage pour en diff&eacute;rer, s&rsquo;en abstraire&nbsp;? Qu&rsquo;est-ce que t&eacute;moigner de la violence sans la neutraliser, sans la faire devenir simplement un objet de sp&eacute;culation (l&rsquo;autre de la norme et du contrat: l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute;), sans la ranger dans le r&eacute;ceptacle des notions qui appartiennent &agrave; la philosophie&nbsp;? Une partie de la litt&eacute;rature contemporaine me para&icirc;t r&eacute;pondre &agrave; ces questions. Non pas r&eacute;pondre au sens d&rsquo;une explicitation didactique ob&eacute;issant aux lois du discours th&eacute;orique, mais dans la pure imm&eacute;diatet&eacute; h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne de sa langue qu&rsquo;elle d&eacute;ploie et laisse libre de lecture. Elle t&eacute;moignerait ainsi du fond intuitif signifi&eacute; par ce signifiant, l&rsquo;ouvrirait aussi me semble-t-il comme on ouvre une bo&icirc;te de Pandore.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 10px; font-family: Times; min-height: 13px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span><b><i>Hypoth&egrave;se de lecture 2&nbsp;:<\/i><\/b> la litt&eacute;rature &amp; la po&eacute;sie tiennent un r&eacute;pons, n&rsquo;arr&ecirc;tent pas depuis deux si&egrave;cles de se faire le r&eacute;pondant de ce que Foucault au final de l&rsquo;histoire de <b><i>La folie &agrave; l&rsquo;&acirc;ge classique<\/i><\/b> ou encore dans <b><i>Les mots et les choses <\/i><\/b>d&eacute;crypte comme la s&eacute;dimentation de la sph&egrave;re rationnelle et son effacement de toute obscurit&eacute; par le discours. La litt&eacute;rature &amp;&nbsp; la po&eacute;sie sont ce lieu de porosit&eacute; o&ugrave; ce qui tient des officines institutionnelles, des commerces symboliques en tout genre, est repris, montr&eacute;, non plus selon la noblesse des titres qu&rsquo;on lui s&rsquo;accorde mais jusqu&rsquo;au limite de la plus grande absurdit&eacute;. Mais c&rsquo;est cela aussi qui est r&eacute;cup&eacute;r&eacute; dans l&rsquo;entreprise de la rationalit&eacute;. R&eacute;cup&eacute;ration sous le terme de Culture. Baudelaire, Lautr&eacute;amont, et tant d&rsquo;autres = objets de sp&eacute;culation pour la rationalit&eacute;, objets et donc plus r&eacute;ellement intensit&eacute; vivante de la chair d&rsquo;une langue qui signe de par sa pr&eacute;sence la possible fracture de l&rsquo;homog&eacute;n&eacute;it&eacute; d&rsquo;un monde. Veyne explique dans son <b><i>Ren&eacute; Char en ses po&egrave;mes<\/i><\/b> que la communication du texte, autour du texte tend &agrave; la &ldquo;&nbsp;<i>violence&nbsp;: elle change quelque chose &agrave; quelque chose&nbsp;<\/i>&rdquo;. Communiquer les textes, les faire entrer dans le panth&eacute;on de l&rsquo;histoire litt&eacute;raire, dans son &eacute;conomie, s&rsquo;accompagne de leur &eacute;videmment, de leur s&eacute;dimentation en tant qu&rsquo;objet d&rsquo;analyse. De la transformation de leur singularit&eacute; mat&eacute;rielle et de leur intensit&eacute; sp&eacute;cifique selon les exigences d&rsquo;homog&eacute;n&eacute;isation de la Culture. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; r&eacute;cup&eacute;r&eacute;e, de l&rsquo;autre, celle qui actuellement vit et dont nous allons parler, est &eacute;touff&eacute;e, non pas interdite, mais pos&eacute;e au lieu du <i>diff&eacute;rend<\/i>. Impossible pr&eacute;sence, souterraine, la langue en son foisonnement litt&eacute;raire est la victime d&rsquo;une violence absolue la contraignant en France &agrave; &ecirc;tre imperceptible, &agrave; &ecirc;tre la part maudite du langage conventionnel, le refoul&eacute;, ce qui d&eacute;fini r&eacute;siduellement est mis au ban des formes de diffusions officielles. Lyotard d&eacute;finissant le diff&eacute;rend explique que c&rsquo;est &ldquo;&nbsp;<i>le cas o&ugrave; le plaignant est d&eacute;pouill&eacute; des moyens d&rsquo;argumenter et devient de ce fait une victime<\/i>. (&hellip;) <i>Un cas de diff&eacute;rend entre deux parties a lieu quand &ldquo;&nbsp;le r&egrave;glement&nbsp;&rdquo; du conflit qui les oppose se fait dans l&rsquo;idiome de l&rsquo;une d&rsquo;elles alors que le tort dont l&rsquo;autre souffre ne se signifie pas dans cet idiome&nbsp;<\/i>&rdquo;. La r&eacute;cup&eacute;ration = mise en &eacute;conomie de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne. Le rejet &amp; l&rsquo;effacement = le refoulement, la r&eacute;sistance &agrave; l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne.&nbsp; &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 10px; font-family: Times; min-height: 13px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b><i>Hypoth&egrave;se de lecture 3&nbsp;:<\/i><\/b> Face &agrave; cet &eacute;touffement, cet effacement constant de la litt&eacute;rature contemporaine, celle-ci travaille &agrave; lutter, &agrave; d&eacute;ployer en contre-signature de cette logique de neutralisation, une autre violence. Quelle est-elle et comment se d&eacute;ploie-t-elle ? Est-ce seulement une opposition frontale qui a lieu ?&nbsp;La violence qui est comme inh&eacute;rente &agrave; de tr&egrave;s nombreux textes contemporains, &agrave; comprendre du XIX&egrave;me si&egrave;cle &agrave; la fin du XX&egrave;me si&egrave;cle, doit &ecirc;tre interrog&eacute;e pour elle-m&ecirc;me, de peur de la voir elle aussi assujettie imm&eacute;diatement au contenu intuitif du signifiant <i>violence<\/i> et &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie qui en est faite, et d&egrave;s lors rejet&eacute;e, trait&eacute;e d&rsquo;abjecte, refoul&eacute;e comme fond pulsionnel inadmissible. Ici se pose &agrave; mon sens l&rsquo;une des n&eacute;cessit&eacute;s du rapport entre la structure consensuelle qui r&egrave;gle la Culture et de l&rsquo;autre la litt&eacute;rature comprise dans l&#8217;inchoativit&eacute; de sa gestation et de sa concr&eacute;tion. Prigent dans son dernier livre explique qu&#8217;un manque, ou bien un &eacute;vitement creuse et en quelque sorte dessert cette litt&eacute;rature :&nbsp;la quasi-absence de &ldquo;&nbsp;<i>quelques bouts de programmes d&eacute;complex&eacute;s de la crainte d&#8217;&ecirc;tre lourd, intellectuel, matamore<\/i>&nbsp;&rdquo;, c&rsquo;est pourquoi il sollicite que se d&eacute;veloppent des &ldquo;&nbsp;<i>aper&ccedil;us critiques qui pourraient profiler une vue d&#8217;ensemble des questions qui font &quot;art&quot;<\/i>&nbsp;&rdquo;. Il&nbsp; demande ainsi un &ldquo;&nbsp;<i>effort (m&ecirc;me sporadique, bancal) d&rsquo;articulations desdites questions aux manifestations plus &quot;ext&eacute;rieures&quot; du r&eacute;el contemporain<\/i>&nbsp;&rdquo;. Il s&rsquo;agit alors de prendre cette exigence au s&eacute;rieux. Interroger le rapport entre une certaine forme de litt&eacute;rature et la r&eacute;alit&eacute; homog&eacute;n&eacute;is&eacute;e du monde, ceci &agrave; partir de la compr&eacute;hension de la violence, n&rsquo;est autre que la proposition de t&eacute;moigner d&rsquo;une sp&eacute;cifique h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; entre deux formes intentionnelles du rapport aux choses et de l&agrave; de la distance de deux r&eacute;gimes de langage.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 10px; font-family: Times; min-height: 13px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Ainsi, en quel sens l&eacute;gitimement est-il possible de dire qu&rsquo;actuellement, selon les normes m&ecirc;me de l&rsquo;&eacute;conomie linguistique qui est &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre, il y a une v&eacute;ritable violence impos&eacute;e par les institutions symboliques de la culture&nbsp;? Comment celle-ci se traduit-elle&nbsp;? Face &agrave; ce constat, qu&rsquo;est-ce qui est &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre, en tant que t&eacute;moignage d&rsquo;un <i>diff&eacute;rend<\/i>, dans la litt&eacute;rature&nbsp;&amp; la po&eacute;sie? Pour quelle raison, lui est-il n&eacute;cessaire de s&rsquo;en tenir &agrave; un idiome qui semble irr&eacute;ductiblement s&eacute;par&eacute;, en &eacute;cart, des lois &eacute;conomiques du langage social et culturel&nbsp;? En d&eacute;finitive, &agrave; contrario de ce que peut analyser Prigent comme absence ou encore impens&eacute; de l&rsquo;enjeu politique, quelle est la n&eacute;cessit&eacute; de la position de cette litt&eacute;rature afin que puisse se d&eacute;terminer aussi bien une sp&eacute;cificit&eacute; politique en contrebande des r&eacute;gimes politiques officiels, ceci &agrave; partir de la m&eacute;diation d&rsquo;une <i>po&eacute;thique<\/i> de l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute;&nbsp;?&nbsp; &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times; min-height: 11px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; font-size: 11px; font-family: Times;\">&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: medium;\"><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; font-size: 11px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: large;\"><b><i>1<sup>&egrave;re<\/sup> lecture&nbsp;: La langue du r&eacute;el ?<\/i><\/b><\/span><\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Tram&eacute;, tiss&eacute;, plan d&eacute;coup&eacute;, le &ldquo;&nbsp;<i>r&eacute;el&nbsp;<\/i>&rdquo; ne semble que l&rsquo;entrelacement symbolique d&rsquo;une diversit&eacute; d&rsquo;institutions qui en constituent la densit&eacute;, l&rsquo;effectivit&eacute;, la possibilit&eacute; d&rsquo;une relation. Le &ldquo;&nbsp;<i>r&eacute;el&nbsp;<\/i>&rdquo;, domaine asservi au verbe, &agrave; la monstration drastiquement &eacute;tablie sur la possibilit&eacute; de l&rsquo;intelligibilit&eacute; du langage. Postulat de la&nbsp; linguistique&nbsp;: coder le monde. Codification selon deux principes&nbsp;: la formation in abstracto de signifiants + la logique interne du langage comme possible agencement de processus ph&eacute;nom&eacute;naux externes. L&rsquo;institution symbolique comme man&oelig;uvre g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e tendant &agrave; clore le monde dans les limites de la coh&eacute;rence et la logique interne de son r&eacute;gime de signes. Surcodage apr&egrave;s transcodifiction. R&egrave;gne du signifiant et supr&eacute;matie de la d&eacute;signabilit&eacute; signifiante. Tel que le dit Nietzsche, avec le XIX&egrave;me si&egrave;cle, ce qui pr&eacute;vaut ce n&rsquo;est pas tant &ldquo;<i>&nbsp;la victoire des sciences que la victoire de la m&eacute;thode scientifique&nbsp;<\/i>&rdquo;. Le monde biff&eacute; en sa densit&eacute; ph&eacute;nom&eacute;nale, en sa dur&eacute;e pr&eacute;-anthropologique, seulement per&ccedil;u &agrave; l&rsquo;aune des structures symboliques sous le mot d&rsquo;ordre de notre articulation. Hegel a eu raison&nbsp;: <i>l&rsquo;Aufhebung<\/i> a son effectivit&eacute; dans l&rsquo;ab-soluit&eacute; d&rsquo;un monde de l&rsquo;esprit qui ne regarde que vers l&rsquo;int&eacute;rieur de ses propres limites, sans jamais regarder vers l&rsquo;ext&eacute;rieur. Tout ce qui est r&eacute;el est rationnel, tout ce qui est rationnel est r&eacute;el. La po&eacute;sie = jeu de mots. Volont&eacute; de d&eacute;nier &agrave; la litt&eacute;rature la possibilit&eacute; d&rsquo;un contact avec ce r&eacute;el-l&agrave;, celui-ci &eacute;tant pris dans le croisement d&rsquo;une &eacute;conomie de la raison et n&rsquo;ayant de v&eacute;rit&eacute; que par elle. La langue actuellement, comprise &agrave; partir de la critique de la soci&eacute;t&eacute; du spectacle&nbsp;: enfermement dans la repr&eacute;sentation et la communication de celle-ci en tant que &ldquo;&nbsp;r&eacute;el&nbsp;&rdquo;. Le r&eacute;el n&rsquo;est pas ce qui est donn&eacute; &agrave; la singularit&eacute; v&eacute;cue d&rsquo;un sujet, mais il d&eacute;pend de la constitution et de l&rsquo;&eacute;conomie d&rsquo;une homog&eacute;n&eacute;it&eacute; r&eacute;f&eacute;rentielle&nbsp; partag&eacute;e intersubjectivement. Le langage n&rsquo;est pas en rapport avec une ext&eacute;riorit&eacute;, mais il en marque la fin, il vient l&rsquo;effacer, l&rsquo;ordonnant. &ldquo;&nbsp;<i>Le langage n&rsquo;est pas la vie, il donne des ordres &agrave; la vie&nbsp;; la vie ne parle pas, elle &eacute;coute et attend&nbsp;<\/i>&rdquo; (<i>Deleuze\/Guattari<\/i>). Phagocyt&eacute;e, la vie n&rsquo;appara&icirc;t plus que dans le p&eacute;ril qui d&eacute;stabilise le langage, l&agrave; o&ugrave; les mots officiels manquent, l&agrave; o&ugrave; il y a exigence de construire de la repr&eacute;sentation&nbsp;: la maladie, la perversion. Creux soudain dans le r&eacute;gime symbolique de ma&icirc;trise du monde, creux &eacute;ph&eacute;m&egrave;re, tellement l&rsquo;institution pr&eacute;cipite rapidement le discours afin de reboucher l&rsquo;interstice ouvert par l&rsquo;&eacute;nigme de ce qui appartient au ph&eacute;nom&egrave;ne <i>en tant que rien d&rsquo;autre que ph&eacute;nom&egrave;ne<\/i>. La vie n&rsquo;est pas plac&eacute;e seulement dans un litige par rapport &agrave; notre humanit&eacute;, mais volontairement viol&eacute;e, violent&eacute;e par nos efforts d&rsquo;emprise de la &ldquo;&nbsp;<i>nature&nbsp;<\/i>&rdquo;, nul proc&egrave;s seulement la volont&eacute; de lui faire tort, de la faire taire, d&rsquo;enlever son inchoativit&eacute; constitutive. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un tort&nbsp;? Un tort fait &agrave; la ph&eacute;nom&eacute;nalit&eacute;, qu&rsquo;elle soit la nature ou un homme pris dans l&rsquo;inchoativit&eacute; fondamentale de sa singularit&eacute;&nbsp;? Une atteinte amenant qu&rsquo;il y aurait une impossibilit&eacute; d&rsquo;en t&eacute;moigner. Lyotard&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>C&rsquo;est le cas si la victime est priv&eacute;e de la vie, ou de toutes les libert&eacute;s, ou la libert&eacute; de rendre publiques ses id&eacute;es ou ses opinions, ou simplement du droit de t&eacute;moigner de ce dommage, ou encore plus simplement si la phrase du t&eacute;moignage est elle-m&ecirc;me priv&eacute;e d&rsquo;autorit&eacute;&nbsp;<\/i>&rdquo;. Le langage conventionnel, constitutionnel, d&eacute;finissant la sph&egrave;re intersubjective du monde social et de sa culture accomplit un tort g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; &agrave; ce qui lui est ext&eacute;rieur. Comment&nbsp;? Par &eacute;limination progressive de toute autre possibilit&eacute; de voir, dire et comprendre que celle que la <i>r&eacute;alit&eacute;<\/i> sociale propose comme <i>Novlangue<\/i>. D&eacute;coupage des choses&nbsp;: la syntaxe et le vocabulaire commun &agrave; une communaut&eacute; devenant mondiale et dont les valeurs ne sont plus que les seules existantes. L&rsquo;impossibilit&eacute; pour ce qui est &eacute;tranger &agrave; ces formes d&rsquo;&eacute;nonciation, que cela soit les choses ou les &ecirc;tres, de pouvoir t&eacute;moigner. <i>&Ecirc;tre pr&eacute;jug&eacute;<\/i>, c&rsquo;est par avance an&eacute;antir toute revendication de soi comme ext&eacute;rieur, distinct de la communaut&eacute; et l&rsquo;ensemble possible de ses &eacute;nonciations. La logique du pr&eacute;jug&eacute; est la possible ali&eacute;nation de tout rapport, de toute rencontre sous la logique de l&rsquo;intrus. Tyrannie du logos, et pr&eacute;cipitation convenue de la logique de l&rsquo;&eacute;puration en cette heure o&ugrave; le spectacle ne cesse de pr&ocirc;ner la tol&eacute;rance. Plus On dispense sa bienveillance, moins On &eacute;coute et est pr&ecirc;t &agrave; accueillir la diff&eacute;rence. Le langage comme garde fronti&egrave;re. Nouvelle &egrave;re pour la d&eacute;signation du barbare. Peut-&ecirc;tre aussi nouvelle inquisition&nbsp; ce qui ne correspond pas &agrave; la transparence voulue du signifiant doit &ecirc;tre isol&eacute;, interdit, surveill&eacute;. &ldquo;&nbsp;<i>Derri&egrave;re l&rsquo;abolition faussement d&eacute;mocratique des formalismes, de la politesse surann&eacute;e et des conservations inutiles, o&ugrave; l&rsquo;on n&rsquo;a m&ecirc;me pas tout &agrave; fait tord de ne voir que bavardages, derri&egrave;re une clarification et une transparence apparente des relations entre les hommes, o&ugrave; plus rien n&rsquo;est laiss&eacute; dans le vague, c&rsquo;est une brutalit&eacute; pure et simple qui s&rsquo;annonce&nbsp;<\/i>&rdquo; (Adorno). Violence de la transparence, violence de l&rsquo;intentionnalit&eacute; &eacute;conomique par la s&eacute;lection&nbsp;: &ldquo;<i>&nbsp;Les mots &eacute;trangers sont les juifs du langage<\/i>&nbsp;&rdquo; (Adorno). Violence du <i>speculum<\/i> d&rsquo;un langage qui n&rsquo;accepte plus l&rsquo;obscurit&eacute;, ou encore l&rsquo;arte-fact. Violence par fixation, d&eacute;r&eacute;alisation et s&eacute;lection. Mode de la r&eacute;alit&eacute; d&eacute;r&eacute;alisante. Non pas du virtuel (ontologiquement appartenant au r&eacute;el) mais de la chim&egrave;re, de la com&egrave;te, de ce qui n&rsquo;accroche plus. Virilio&nbsp;: <i>esth&eacute;tique de la disparition<\/i> &amp; <i>vitesse et politique<\/i>. La langue du r&eacute;el actuellement, et depuis certainement le coup de semonce du XIX&egrave;me si&egrave;cle (entre Baudelaire, Nietzsche, Lautr&eacute;amont) est celle de la froideur mortif&egrave;re de ce qui non seulement ne vit pas, ne dure pas mais en plus, vampirise &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me toute pulsion, tout ce qui survient comme l&rsquo;indiscernable, le diss&eacute;min&eacute;, comme toujours diff&eacute;r&eacute; par rapport &agrave; la saisie par le spectacle offert par le langage. C&rsquo;est une langue de l&rsquo;&eacute;conomie de toute forme de temporalit&eacute;, de l&rsquo;indexation du temps en faveur de la rapidit&eacute; des &eacute;changes et de l&agrave; de l&rsquo;effacement de toute forme de r&eacute;sistance, en tant qu&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne en son r&eacute;gime de signes &agrave; cette homog&eacute;n&eacute;isation. &ldquo;<i>&nbsp;La violence de la soci&eacute;t&eacute; industrielle s&rsquo;est install&eacute;e dans l&rsquo;esprit des hommes<\/i>&nbsp;&rdquo; (Adorno et Horkheimer).&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>La vampirisation = se faire sucer, &eacute;vider, &eacute;ventrer et devenir toujours d&eacute;s lors nous-m&ecirc;mes un vampire. La vampirisation fonctionne comme neutralisation de la singularit&eacute; et insertion dans la communaut&eacute; symbolique des vampires. Une corruption sans limite. Le th&eacute;&acirc;tre ici&nbsp;: le devenir meute chez Ionesco. La politique&nbsp; aussi : l&rsquo;histoire du XX&egrave;me si&egrave;cle. La vampirisation comme extraction de toute tension libidinale non fix&eacute;e, en devenir, et sa structuration\/s&eacute;dimentation sur les p&ocirc;les d&rsquo;attraction momentan&eacute; de la communaut&eacute;. La soci&eacute;t&eacute; des vampires est un essaim de sauterelles. La vampirisation se construit par la neutralisation du pass&eacute; transcendantal de l&rsquo;individu. D&eacute;j&agrave; dit par ailleurs&nbsp;: c&rsquo;est l&rsquo;histoire du progr&egrave;s ou encore la question de la communaut&eacute; totalitaire. Le redire cependant. Le pass&eacute; transcendantal est le pass&eacute; originaire qui donne la condition de possibilit&eacute; au cogito empirique de se poser dans l&rsquo;horizon d&rsquo;un pass&eacute; qui fait sens, ou encore de faire varier infiniment au niveau <i>&eacute;id&eacute;tique<\/i>, les figures possibles de ce pass&eacute; (de la position croyante en une origine onto-th&eacute;ologique, au ralliement politique &agrave; une figure charismatique). Or le pass&eacute; transcendantal se d&eacute;finit comme centre ind&eacute;fini pour la variation possible des identit&eacute;s de soi. De sorte que si un syst&egrave;me arrive &agrave; canaliser ou encore &agrave; se faire identifier &agrave; ce qui est senti intuitivement comme pass&eacute; dans toute recherche de sens, alors elle neutralise au niveau transcendantal la variation des possibles des sens d&eacute;finis comme horizon &agrave; partir duquel s&rsquo;ouvre un avenir. La vampirisation venant sucer l&rsquo;&eacute;nergie, glisse aussi la n&eacute;cessit&eacute; de l&rsquo;identification symbolique, toute recherche du sens ne devant se faire que dans l&rsquo;essaim des possibilit&eacute;s actuelles qui sont diffus&eacute;es par la communaut&eacute;. La force du vampire&nbsp;: son langage. Il &eacute;tait appel&eacute; L&eacute;viathan, maintenant vampire. Il &eacute;tait d&eacute;fini, maintenant il est total, insaisissable&nbsp;: <i>appareil d&rsquo;Etat\/meute<\/i>. La vampirisation est un &eacute;videmment de la singularit&eacute; et de sa possibilit&eacute; d&rsquo;articuler, de forger son idiome. La vampirisation si elle neutralise le pass&eacute; transcendantal, elle cadenasse de m&ecirc;me la variation idiolectale propre &agrave; la singularit&eacute;. Principe de la <i>Novlangue<\/i> selon Prigent&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>&eacute;limination des termes et des liens syntaxiques anciens&nbsp;; suppression des connotations&nbsp;; abr&eacute;viation, euphonisation, univocit&eacute;. Objectif&nbsp;: un parler polic&eacute;, purg&eacute; des marques diff&eacute;rentielles (patrimoniales, r&eacute;gionales, sociales, intimes, stylistiques<\/i>)&nbsp;&rdquo;. Aller plus loin, elle emp&ecirc;che toute variation des connections possibles dans la langue par absolutisation des connections propres &agrave; lui garantir sa propre r&eacute;alit&eacute;. Le r&eacute;el devient l&rsquo;agencement primitif des marqueurs institutionnels de la langue. C&rsquo;est la dimension <i>idiolectale<\/i> qui est neutralis&eacute;e, et non pas seulement la dimension empirique du langage. L&rsquo;&eacute;videment tient &agrave; l&rsquo;impossibilit&eacute; de la position d&rsquo;un &ldquo;&nbsp;soi&nbsp;&rdquo; dans le r&eacute;el construit. Vampirisation = hypnotisme. &ldquo;&nbsp;<i>L&agrave; o&ugrave; le monde r&eacute;el se&nbsp; change en simples images, les simples images deviennent des &ecirc;tres r&eacute;els, et les motivations efficientes d&rsquo;un comportement hypnotique&nbsp;<\/i>&rdquo; (Debord). Le &ldquo;&nbsp;<i>Je est un autre&nbsp;<\/i>&rdquo; appara&icirc;t, dans toute sa cruaut&eacute;, &ecirc;tre le reflet du &ldquo;&nbsp;ON&nbsp;&rdquo;, chacun bien agenc&eacute; dans l&rsquo;entrelacement des attendus. La crise du sujet qui n&rsquo;a de cesse d&rsquo;&ecirc;tre rappel&eacute;e par la litt&eacute;rature ou encore la philosophie n&rsquo;est autre que la mise en lumi&egrave;re de cette logique interne qui vient &agrave; la fois &eacute;touffer tout horizon du sens de la subjectivit&eacute; en-dehors de la communaut&eacute; et de ses d&eacute;finitions de la subjectivit&eacute;, et toute possibilit&eacute; d&rsquo;un dire qui tirerait sa force de la force m&ecirc;me du singulier. Le <i>dire<\/i>, du fait m&ecirc;me qu&rsquo;il semble pr&eacute;supposer la communication et la fixation, tient toujours pour sa l&eacute;gitimation &agrave; la forme m&ecirc;me d&rsquo;un langage conventionnel. Le sympt&ocirc;me le plus &eacute;vident&nbsp;: les m&eacute;dias.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Constat&nbsp;: il y a une violence exerc&eacute;e et absolutis&eacute;e dans l&rsquo;entreprise &eacute;conomique du monde contemporain. Celle-ci se construit sur la mainmise absolue de toute forme d&rsquo;&eacute;nonciation ou d&rsquo;articulation. Violence, <i>violare&nbsp;<\/i>= &ldquo;&nbsp;<i>porter atteinte &agrave;, endommager un territoire (&hellip;) profaner, outrager&nbsp;<\/i>&rdquo;. Assignation &agrave; n&rsquo;&ecirc;tre que dans la seule sph&egrave;re du r&eacute;el social, &agrave; n&rsquo;&ecirc;tre que selon son propre principe de jouissance. A n&rsquo;avoir d&rsquo;identit&eacute; que par les attributs que la soci&eacute;t&eacute; et l&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie de son empire &eacute;conomique fournit. Le lieu qui est profan&eacute; n&rsquo;est autre, me semble-t-il, que celui de la singularit&eacute; et de sa possibilit&eacute; de t&eacute;moigner selon le r&eacute;gime h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne de sa langue et de son v&eacute;cu de sens. D&egrave;s lors comment la singularit&eacute; peut-elle encore <i>parler<\/i> &agrave; partir de son propre fond si ce n&rsquo;est par le travail propre &agrave; <i>la litt&eacute;rature<\/i>, &agrave; une certaine forme de litt&eacute;rature qui s&rsquo;&eacute;chappe de l&rsquo;emprise de l&rsquo;&eacute;conomie de la Culture. De fait, si la Culture ne promeut que le repr&eacute;sentable, biffant ou &eacute;vacuant par sa logique tout irrepr&eacute;sentable, la litt&eacute;rature ne se d&eacute;terminerait-elle pas comme l&rsquo;incommensurable &agrave; cette Culture, ne serait-elle pas en quelque sorte irr&eacute;ductible &agrave; toute possibilit&eacute; de r&eacute;duction &eacute;conomique&nbsp;? Quel serait alors son idiome&nbsp;? Quelles seraient ses strat&eacute;gies &ndash; plus ou moins conscientes &ndash; pour d&eacute;ployer une r&eacute;sistance&nbsp;? De quelle mani&egrave;re le corps castr&eacute; et contraint de se d&eacute;charger pulsionnellement sur les objets de la consommation, appara&icirc;trait alors&nbsp;?<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 10px; font-family: Times; min-height: 13px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times;\">&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: medium;\"><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times;\"><b><i>2<sup>&egrave;me<\/sup> lecture&nbsp;: un sentiment d&rsquo;&eacute;touffement au dedans (litt&eacute;rature et sujet)<\/i><\/b><\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;<span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Voix du silence = sur le tissu de l&rsquo;autoris&eacute;, dans les trames visibles de l&rsquo;enchev&ecirc;trement infini des informations et de leur mise en spectacle, il ne reste plus que le silence du n&eacute;gatif. Or jamais le silence ne dit ce qui est pass&eacute; sous silence. Par essence, le tu, l&rsquo;inou&iuml; ou l&rsquo;inaudible est ind&eacute;fini quant &agrave; son contenu, &agrave; ce qu&rsquo;il d&eacute;signe, ce qu&rsquo;il revendique. Retour &agrave; la logique du tort, mais sous l&rsquo;angle de ceux qui sont ainsi camisol&eacute;s par l&rsquo;appareil tortionnaire. Selon, Lyotard, <i>le diff&eacute;rend<\/i> se d&eacute;finit lorsque celui qui est la victime ne peut m&ecirc;me lorsqu&rsquo;il veut t&eacute;moigner se faire entendre, comme s&rsquo;il &eacute;tait aphone. &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Face &agrave; cet &eacute;touffement, certaines tentatives litt&eacute;raires semblent vouloir retranscrire l&rsquo;&eacute;touffement lui-m&ecirc;me. Artaud et le nom, Artaud et le d&eacute;couvrement ontologique d&rsquo;une autre forme de manifestation que celle qui passe par la grammaire de l&rsquo;&ecirc;tre. Artaud et la volont&eacute; de sortir, de briser le carcan de cette horlogerie de l&rsquo;&acirc;me vici&eacute;e que repr&eacute;sente l&rsquo;exploitation humaine de l&rsquo;humain, ce qu&rsquo;il indique sous le terme de vampirisation. Artaud et la recherche absolue d&rsquo;une singularit&eacute; qui n&rsquo;entre pas dans le tombeau que l&rsquo;ext&eacute;riorit&eacute; lui a fabriqu&eacute;. &ldquo;&nbsp;<i>Tout vrai langage est incompr&eacute;hensible&nbsp;<\/i>&rdquo;. L&rsquo;&eacute;touffement est celui de la volont&eacute; politique de ramener le singulier &agrave; l&rsquo;identit&eacute;, de penser la <i>singularit&eacute;<\/i> &agrave; l&rsquo;aune de son implosion dans l&rsquo;UN. Michaux a parfaitement per&ccedil;u cette capture par la figure de l&rsquo;UN. Dans sa Postface &agrave; <b><i>Plume<\/i><\/b>, il mettait en &eacute;vidence la non congruence entre le singulier et l&rsquo;unit&eacute; pens&eacute;e sous la figure du moi. Le Moi est une foule, et l&rsquo;&eacute;criture t&eacute;moigne de cette foule. Toutefois, tous les deux, recherchent un fond originaire me semble-t-il, un fond inali&eacute;n&eacute;, dont ils voudraient se faire l&rsquo;expression. Chez l&rsquo;un comme chez l&rsquo;autre il est possible de retrouver la m&ecirc;me volont&eacute; de d&eacute;couvrir ce qui est perdu, voil&eacute;, happ&eacute;, &eacute;touff&eacute;, mis entre parenth&egrave;se, neutralis&eacute;. Ligne de <i>cruaut&eacute;<\/i> pour Artaud et volont&eacute; du corps non organis&eacute; par une syntaxe, ligne des <i>arch&egrave;signes<\/i> pour Michaux. M&ecirc;me volont&eacute; chez les surr&eacute;alistes. Toutefois, si effectivement, nous ne tombons plus dans l&rsquo;illusion de la part sauve, de ce qui serait <i>sauf<\/i> en de&ccedil;&agrave; du travail de capture, que reste-t-il&nbsp;? Quelle serait l&rsquo;exp&eacute;rience qui endurerait sans transcendance, dans sa langue, cet &eacute;touffement&nbsp;? Sans transcendance, &agrave; savoir sans volont&eacute; de r&eacute;ifier un horizon originaire qui serait pens&eacute; comme voil&eacute;&nbsp;?<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Face &agrave; cette violation constante de soi, &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur de soi et &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur, est-ce que la litt&eacute;rature n&rsquo;aurait plus que pour geste d&rsquo;existence de montrer en quel sens le singulier appara&icirc;t dans sa pure ali&eacute;nation. Non pas en le disant, mais en se faisant la pr&eacute;sence m&ecirc;me de l&rsquo;ali&eacute;nation. Ainsi Tarkos, dans <b><i>FACIAL<\/i><\/b>, exprime &agrave; l&rsquo;absurde son embrigadement dans la nation&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>Je suis un po&egrave;te fran&ccedil;ais. Je travaille pour la France. Je travaille &agrave; la France. J&rsquo;&eacute;cris en fran&ccedil;ais. Je serai un po&egrave;te de la France. J&rsquo;&eacute;cris en langue fran&ccedil;aise. La langue fran&ccedil;aise est le peuple fran&ccedil;ais <\/i>(&hellip;)&nbsp;&rdquo;. Le po&egrave;te qui s&rsquo;associe au peuple, qui se fait patrimoine, qui marque l&agrave;, sa totale assimilation &agrave; la soci&eacute;t&eacute; du spectacle, &agrave; sa spectacularisation. Charles Pennequin, de m&ecirc;me t&eacute;moigne de cette radicale pr&eacute;sence de l&rsquo;ali&eacute;nation en soi, comme singularit&eacute; de soi. En parall&egrave;le &agrave; Tarkos, il notait dans l&rsquo;anthologie <b><i>Ouvriers vivants<\/i><\/b> cette absorption de soi par le r&eacute;el institutionnel et son identification &agrave; celui-ci&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>je suis heureux \/ j&rsquo;habite en france \/ j&rsquo;ai de bons rapports \/ je m&rsquo;organise bien \/ je fais des efforts \/ je m&rsquo;int&egrave;gre \/ j&rsquo;ai du boulot \/ je suis n&eacute; \/ en france \/ j&rsquo;aime mon boulot la france \/ je suis &agrave; me creuser \/ je creuse pour vous \/ mon moi se creuse \/ fran&ccedil;ais \/ j&rsquo;habite en france \/ la France ma bite&nbsp;<\/i>&rdquo; . Ironie de cette naturalisation de la langue, de cette mis en situation de la langue ali&eacute;n&eacute;e. Ironie au sens de Dada, mais pas avant tout dans l&rsquo;accusation, mais dans la reprise au second degr&eacute; des conventions.&nbsp; Effectivement en martelant ainsi, dans la contingence des d&eacute;rapages linguistiques, leur appartenance &agrave; la France, Tarkos comme Pennequin &eacute;vacuent toute absoluit&eacute; de cette appartenance et montrent son absolue contingence. Toutefois, l&rsquo;ironie ne peut pr&eacute;tendre &ecirc;tre la modalit&eacute; d&eacute;terminante aussi bien de la singularit&eacute; de la souffrance ressentie face &agrave; la violence de l&rsquo;homog&eacute;n&eacute;isation &eacute;conomique, que de la singularit&eacute; h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne qui porte celle-ci. L&rsquo;ironie est toujours reprise et d&eacute;tournement, elle se structure sur le recul. Qu&rsquo;en est-il quand le corps ne peut plus reculer, prendre la distance n&eacute;cessaire &agrave; sa pr&eacute;servation&nbsp;? Ne surgirait-il pas une gravit&eacute; singuli&egrave;rement rattach&eacute;e &agrave; la langue&nbsp;? &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;Ceci ressort <b><i>Dedans<\/i><\/b>, magistrale monologue-po&egrave;me en prose, signe la crise du sujet dans un monde inapte &agrave; le faire oublier, &agrave; le r&eacute;guler. Au-dedans, nul horizon d&rsquo;un devenir serein, d&rsquo;une sortie, d&rsquo;une possible fuite, d&rsquo;un renouveau&nbsp;: seulement la marque du caract&egrave;re pathologique d&rsquo;une rumination mentale issue d&rsquo;une insertion dans le monde et son r&eacute;el. Texte o&ugrave; il est impossible de fixer un sujet &eacute;nonciateur, o&ugrave; nous n&rsquo;avons &agrave; lire que la chute d&rsquo;une conscience dans l&rsquo;inconsistant tourbillon de sa mat&eacute;rialit&eacute;, caus&eacute; par sa mise en perspective &agrave; travers le sp&eacute;culum du spectacle. Pennequin tout au long de cette prosodie sans respiration marque la folie de la perte radicale de soi. Tour &agrave; tour&nbsp;: Je, moi, tu, lui, On, nous. Tout &agrave; la fois foule et n&eacute;ant. Tout &agrave; la fois singularit&eacute; et &eacute;ventrement de celle-ci par une multitude de spectres qui viennent le harceler au plus profond de lui-m&ecirc;me. Si Julien Blaine pouvait montrer dans l&rsquo;un des ses po&egrave;mes sonores, que la claustrophobie s&rsquo;&eacute;prouve dans l&rsquo;immensit&eacute; m&ecirc;me de toute une civilisation (&ldquo;&nbsp;<i> claustrophobie dans un pays de deux cent mille kilom&egrave;tres carr&eacute; et par cons&eacute;quent claustrophobie sur un continent et par cons&eacute;quent claustrophobie, claustrophobie, claustrophobie&nbsp;&rdquo;)<\/i>, Pennequin ici donne &agrave; entendre que cette claustrophobie tire sa densit&eacute; de la pression qui s&rsquo;exerce sur le corps celui de la chair et de la langue.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Se marque une rupture du principe de la volont&eacute; d&rsquo;identit&eacute;, rupture assum&eacute;e. La soci&eacute;t&eacute;, et Freud avant Lacan l&rsquo;avait constat&eacute; d&egrave;s les ann&eacute;es 1916-17, fonctionne par l&rsquo;&eacute;conomie des pulsions antagonistes &agrave; la structuration du moi (structuration dans l&rsquo;image narcissique). Elle tente d&rsquo;&eacute;tablir en relation &agrave; sa castration de la libido, un transfert affectif sur les valeurs sociales. &ldquo;<i>&nbsp;La soci&eacute;t&eacute; est &eacute;galement int&eacute;ress&eacute;e &agrave; ce que le d&eacute;veloppement du besoin sexuel soit retard&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; ce que l&rsquo;enfant ait atteint un certain degr&eacute; de maturit&eacute; sociale. La sexualit&eacute;, si elle se manifestait d&rsquo;une fa&ccedil;on trop pr&eacute;coce, romprait toutes les barri&egrave;res et emporterait tous les r&eacute;sultats si p&eacute;niblement acquis par la culture&nbsp;<\/i>&rdquo; Ce transfert doit permettre au sujet de se poser dans une jouissance que lui fournissent les valeurs sociales et par cette jouissance de s&rsquo;atteindre en tant qu&rsquo;<i>identit&eacute;<\/i> <i>r&eacute;elle<\/i> dans le tissu d&rsquo;un monde. Ainsi la perspective du moi dans son rapport &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie n&rsquo;est autre que celui de la recherche de la jouissance en tant&nbsp; que mise en lumi&egrave;re de son unit&eacute;. L&rsquo;aventure de ce monologue de Pennequin, loin justement de se poser dans l&rsquo;affirmation de cette volont&eacute;, t&eacute;moigne de l&rsquo;impossibilit&eacute; d&rsquo;obtenir une identit&eacute; par le perp&eacute;tuel d&eacute;port de toute instance incarnant la source du dire. Il se fait pr&eacute;sence aride et abrupte de la d&eacute;possession, du vampirisme. Pr&eacute;sence et non pas repr&eacute;sentation. La violence m&ecirc;me de ses phrases courtes, r&eacute;duites &agrave; de simples propositions, s&rsquo;impose comme le signe d&rsquo;une autre violence&nbsp;: celle du monde et de son &eacute;conomie du sujet. Ce qui s&rsquo;exprime avec violence c&rsquo;est une b&eacute;ance qui ne peut &ecirc;tre ressaisie autrement que dans l&rsquo;endurance de sa propre violence. B&eacute;ance du corps, d&rsquo;un pourrissement g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; de soi en de&ccedil;&agrave; des masques et strat&eacute;gie de dissimulation de l&rsquo;&eacute;conomie. Le r&eacute;siduel, le d&eacute;chet semblent &ecirc;tre la marque de cette irruption du refoul&eacute; par l&rsquo;entreprise de l&rsquo;&eacute;conomie du sujet. Pour Pennequin, cela s&rsquo;ouvre comme r&eacute;siduel de la m&eacute;moire dans ses <b><i>Bobines<\/i><\/b> (les anniversaires, les peurs d&rsquo;enfant, les images t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es), les r&eacute;sidus des expressions populaires (son texte est ponctu&eacute; du pr&ecirc;t &agrave; employer des ritournelles conversationnelles), la multiplication des instances &eacute;nonciatrices.&nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cet &eacute;touffement appara&icirc;t de m&ecirc;me dans toute sa brutalit&eacute; chez Mehdi Belhaj Kacem dans la communaut&eacute; d&eacute;soeuvr&eacute;e\/d&eacute;sarticul&eacute;e de son corps. Communaut&eacute; en s&eacute;dition, en effraction, qu&rsquo;il d&eacute;couvre notamment dans l&rsquo;exp&eacute;rience du LSD d&eacute;crite dans <b><i>1993<\/i><\/b>, en dehors de toute transcendance, en dehors de toute r&eacute;ification d&rsquo;une v&eacute;rit&eacute; originelle. Le seul d&eacute;voilement est celui de la mat&eacute;rialit&eacute;&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>maints consommateurs lysergiques croient voir dieu&nbsp;: pour s&rsquo;&ecirc;tre infus&eacute; dans ce qui le d&eacute;termine, le consommateur d&rsquo;acide se persuade d&rsquo;&ecirc;tre entr&eacute; dans dieu, alors qu&rsquo;en fait il s&rsquo;est immisc&eacute; dans le dessous des cartes ordonnant tout, l&agrave; o&ugrave; les mol&eacute;cules et bact&eacute;ries s&rsquo;aspirent et s&rsquo;empestent et s&rsquo;affrontent &agrave; divers degr&eacute;s, sans repos ni baisse de r&eacute;gime<\/i> (..)&nbsp;&rdquo;. Ressentir le corps, en de&ccedil;&agrave; de sa capture &eacute;conomique, c&rsquo;est s&rsquo;ouvrir au fourmillement de sa mati&egrave;re, &agrave; l&rsquo;infini de ses pulsions, qui officiellement refoul&eacute;es pour que l&rsquo;individu se structure socialement, pourtant se font meutes d&egrave;s qu&rsquo;elles sont vis&eacute;es dans une exp&eacute;rience singuli&egrave;re. Le sentiment d&rsquo;&eacute;touffement, lorsqu&rsquo;il est endur&eacute;, &agrave; l&rsquo;inverse de renvoyer &agrave; un recul (l&rsquo;ironie), provoque la soudainet&eacute; effrayante d&rsquo;une irruption de la mati&egrave;re (l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne pour toute entreprise de neutralisation)&nbsp;: mati&egrave;res de l&rsquo;appareil psychique, mati&egrave;re du corps. La contrebande de la violence institutionnelle qui est sourde et indiscernable tellement elle concorde avec la structuration du moi, est une autre forme de violence dont t&eacute;moigne cette exp&eacute;rience&nbsp;: celle du surgissement de ce qui n&rsquo;est plus sous le contr&ocirc;le stricte d&rsquo;une volont&eacute; totalitaire (organe efficient du moi). Mehdi Belaj Kacem, comme tant d&rsquo;autres actuellement tel Prigent dans<b><i> Le professeur<\/i><\/b>, Antoine Dufeu dans <b><i>Surtout tout &agrave; part<\/i><\/b>, et cela dans l&rsquo;horizon des &eacute;critures f&eacute;cales d&rsquo;un Guyotat, d&eacute;voile cette part de violence de la pulsion, endur&eacute;e pour elle-m&ecirc;me, jusque dans son horreur la plus insupportable&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>La grouillance fulmine de flamb&eacute;e et de gerbes d&rsquo;&eacute;mulsions sonores, de morve fus&eacute;e de toutes parts<\/i> (&hellip;)<i> Creuser &agrave; la pioche le cep d&rsquo;entour, trueller le gypse o&ugrave; nous nous d&eacute;menons<\/i> (&hellip;) <i>Apr&egrave;s la particule petite Mehdi pass&eacute;e transfuge dans le courant fourmillant des mati&egrave;res, me voici brave cochon, petit goret qui s&rsquo;&eacute;broue &agrave; loisir dans sa fange putride&nbsp;; je m&rsquo;y roule, je m&rsquo;en barbouille &agrave; poign&eacute;es giclantes et chaudes, &eacute;paisses et merdeuses&nbsp;; j&rsquo;y plonge ma langue et m&rsquo;y touche les glandes, hmmmm&nbsp;<\/i>&rdquo;. L&rsquo;&eacute;criture contemporaine ici mise en &eacute;vidence est celle de la f&ecirc;lure qui s&rsquo;ouvre sur le corps. Le processus d&rsquo;homog&eacute;n&eacute;isation sociale tente de cicatriser celle-ci, de la faire oublier. &Egrave;re de la sant&eacute;. &Egrave;re de l&rsquo;insouciance de la vie dans l&rsquo;amn&eacute;sie de son propre corps. La f&ecirc;lure, puis l&rsquo;&eacute;ventrement de soi, ouvre au corps et son fourmillement refoul&eacute;. La f&ecirc;lure est l&rsquo;engagement du corps, une douleur qui rompt toute identit&eacute; officielle. La violence faite au singulier, &agrave; l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne, se constitue comme d&eacute;placement du sentir de la f&ecirc;lure et son repositionnement dans des causes qui lui sont exog&egrave;nes. La litt&eacute;rature dans son touch&eacute; du corps, dans la f&ecirc;lure de son corps contingent, est un engagement du corps, qui ne se d&eacute;centre plus de lui-m&ecirc;me, mais se saisit dans la souffrance interne de sa propre pr&eacute;sence. &ldquo;&nbsp;<i>Seulement p&acirc;tir, pour &eacute;paissir la plus grande force agissante de la pens&eacute;e, sa p&eacute;rennit&eacute; incadav&eacute;risable<\/i>&nbsp;&rdquo;. Plus aucune fuite, dans l&rsquo;affect de cette &eacute;criture contemporaine, c&rsquo;est au-dedans que se joue la pr&eacute;sence de l&rsquo;entreprise totalitaire du monde. Non plus au-dehors, corps &eacute;tranger qui garantit selon cette localisation l&rsquo;indemne d&rsquo;un corps propre, mais au-dedans, dans le sujet lui-m&ecirc;me, le constituant en lui-m&ecirc;me comme sujet. &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne se d&eacute;couvre non pas dans une intention, ou encore une mise en critique de la violence (&eacute;conomie de la subjectivit&eacute;), mais dans l&rsquo;exp&eacute;rience qui refusant la neutralisation provoqu&eacute;e par l&rsquo;effort de synth&egrave;se et de ma&icirc;trise de la conscience, red&eacute;couvre &agrave; partir du corps ce qui constitue mat&eacute;riellement le singulier&nbsp;: une multiplicit&eacute; h&eacute;t&eacute;roclite et h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne de tensions, de pulsions, de r&eacute;f&eacute;rences, de constitutions de soi. Mais, si se d&eacute;termine bien un refus de la neutralisation de cette mat&eacute;rialit&eacute; (ce qui dans son extr&ecirc;me tient au recours th&eacute;orique au concept d&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; et sa constitution comme verso dialectiquement d&eacute;fini de la clart&eacute; rationnelle), est-ce que la langue elle-m&ecirc;me ne serait pas ouverte&nbsp; elle aussi &agrave; cette h&eacute;t&eacute;rog&eacute;nit&eacute;&nbsp;? N&rsquo;y aurait-il pas dans ces exp&eacute;riences de la litt&eacute;rature &amp; de la po&eacute;sie une violation du r&eacute;gimes des signes conventionnellement &eacute;tablis&nbsp;? Cette <i>grouillance<\/i> dont parle Mehdi Belhhaj Kacem dans <b><i>1993<\/i><\/b> et qui fut le th&egrave;me de son premier roman <b><i>Cancer<\/i><\/b>, ne serait-elle pas ce qui surgirait dans l&rsquo;articulation du corps singularisant ses propres tensions en langage&nbsp;? Et ceci, non pas dans la volont&eacute; de retrouver un avant langage (Michaux\/Artaud) mais de d&eacute;voiler dans l&rsquo;immanence et l&rsquo;imminence d&rsquo;une articulation sans transcendance, la mat&eacute;rialit&eacute; r&eacute;elle de toute &eacute;nonciation ressentie en son d&eacute;ferlement singulier&nbsp;?&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 10px; font-family: Times; min-height: 13px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times;\">&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: medium;\"><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times;\"><b><i>3<sup>&egrave;me<\/sup> lecture&nbsp;: mat&eacute;rialit&eacute; litt&eacute;raire contre novlangue&nbsp;<\/i><\/b><\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Foucault expliquait&nbsp;qu&rsquo;avant la Renaissance, le langage se donnait &ldquo;&nbsp;<i>d&rsquo;abord, en son &ecirc;tre brut et primitif, sous la forme simple, mat&eacute;rielle, d&rsquo;une &eacute;criture, d&rsquo;un stigmate sur les choses, d&rsquo;une marque r&eacute;pandue par le monde et qui fait partie de ses plus ineffa&ccedil;ables figures&nbsp;<\/i>&rdquo;. Langage chose, &eacute;criture mat&eacute;rielle des choses, le langage avait lui-m&ecirc;me l&rsquo;&eacute;paisseur &eacute;nigmatique du ph&eacute;nom&egrave;ne. Or, tel qu&rsquo;il l&rsquo;analyse en poursuivant son enqu&ecirc;te, le langage &ldquo;&nbsp;<i>ne trouvera plus son espace que dans le r&eacute;gime g&eacute;n&eacute;ral des signes&nbsp;<\/i>&rdquo;. Ce que par ailleurs Deleuze\/Guattari ont analys&eacute; comme postulat de la linguistique&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>Si le langage semble toujours supposer le langage, si l&rsquo;on ne peut pas fixer un point de d&eacute;part non linguistique, c&rsquo;est parce que le langage ne s&rsquo;&eacute;tablit pas entre quelque chose vu (ou de senti) et quelque chose de dit, mais va toujours d&rsquo;un dire &agrave; un dire&nbsp;<\/i>&rdquo;. Ou encore ce que Lyotard, et cela certainement &agrave; partir d&rsquo;une critique de la <i>math&egrave;sis universalis<\/i>, a pos&eacute; comme idiome universel&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>la th&eacute;orie de la communication d&eacute;termine une unit&eacute; comptable en alg&egrave;bre de Boole pour les phrases en g&eacute;n&eacute;ral, le bit d&rsquo;information. Les phrases peuvent &ecirc;tre des marchandises sous cette condition. L&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; de leurs r&eacute;gimes ainsi que des genres de discours (des enjeux) trouve un idiome universel, le genre &eacute;conomique, un crit&egrave;re universel&nbsp;<\/i>&rdquo;. Au-dedans du singulier cette ext&eacute;riorit&eacute; &eacute;conomique du langage n&rsquo;a cesse de cr&eacute;er ses marques, de poser sa griffe, de fonder son assise &agrave; l&rsquo;aide de sa syntaxe, &agrave; savoir dans l&rsquo;impossibilit&eacute; du singulier &agrave; se saisir d&rsquo;un idiome qui lui soit propre et des enjeux qui lui correspondent.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Lyotard met en &eacute;vidence que la <i>mat&eacute;rialit&eacute; du texte litt&eacute;raire<\/i> ne tient pas &agrave; son sens, mais qu&rsquo;il est l&rsquo;ouverture &agrave; une possibilit&eacute; d&rsquo;action. &ldquo;&nbsp;<i>L&rsquo;importance d&rsquo;un texte n&rsquo;est pas sa signification, ce qu&rsquo;il veut dire mais ce qu&rsquo;il fait et fait faire. Ce qu&rsquo;il fait&nbsp;: la charge en affects qu&rsquo;il d&eacute;tient et communique&nbsp;; ce qu&rsquo;il fait faire&nbsp;: les m&eacute;tamorphoses de cette &eacute;nergie potentielle et d&rsquo;autres choses&nbsp;: d&rsquo;autres textes, mais aussi des peintures, photographies, s&eacute;quences de film, action politique, d&eacute;cisions, inspirations &eacute;rotiques, refus d&rsquo;ob&eacute;ir initiatives &eacute;conomiques<\/i>&nbsp;&rdquo; (<b><i>D&eacute;rive &agrave; partir de Marx et Freud<\/i><\/b>).<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Son incommensurabilit&eacute; ne tient pas tel qu&rsquo;on le croit trop facilement au d&eacute;calage entre le signifiant et le signifi&eacute;, mais &agrave; l&rsquo;incommensurable de ce qui est d&eacute;clench&eacute; dans la relation qui s&rsquo;&eacute;tablit au texte. Cet incommensurable est toutefois absorb&eacute; du fait que la mat&eacute;rialit&eacute; linguistique de toute &eacute;nonciation renvoie d&rsquo;un point de vue r&eacute;gulier aux lois de formation l&eacute;gale qui r&eacute;gissent la communication. Ne faudrait-il par pour retrouver cette incommensurabilit&eacute;, qu&rsquo;il y ait torsion du langage, que sa neutralisation dans le seul rapport d&rsquo;instrumentalisation soit mis en crise, qu&rsquo;il soit ainsi ouvert en une mat&eacute;rialit&eacute;, granuleuse, pleine d&rsquo;asp&eacute;rit&eacute;s, d&rsquo;organes incongruents aux rouages du fonctionnement &eacute;conomique de la communication&nbsp;? Ne serait-ce pas dans cette distorsion de son usage que na&icirc;trait la possibilit&eacute; qu&rsquo;il soit appel avant tout d&rsquo;une action, d&rsquo;une relation &agrave; l&rsquo;autre non plus passive sous la forme du r&eacute;cepteur, mais que l&rsquo;autre celui qui re&ccedil;oit accomplisse lui-m&ecirc;me cette donation sous la forme du <i>r&eacute;cept-acteur<\/i>&nbsp;?<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Alors que l&rsquo;&eacute;poque semble fuir toujours plus absolument la mati&egrave;re, en qu&ecirc;te d&rsquo;un sens qu&rsquo;elle dit avoir perdu, s&rsquo;enfon&ccedil;ant d&eacute;finitivement dans le nihilisme &agrave; force de lutter contre la perte du sens, l&rsquo;exp&eacute;rience litt&eacute;raire contemporaine semble opposer &agrave; cet enfermement dans la seule recherche du signifi&eacute;, la mat&eacute;rialit&eacute; du langage. Ici, je rejoins Sartre dans <b><i>Qu&rsquo;est-ce que la litt&eacute;rature&nbsp;<\/i><\/b>: &ldquo;&nbsp;<i>En fait le po&egrave;te s&rsquo;est retir&eacute; d&rsquo;un seul coup du langage instrument&nbsp;; il a choisi une fois pour toute l&rsquo;attitude po&eacute;tique qui consid&egrave;re les mots comme des choses et non comme des signes&nbsp;<\/i>&rdquo;. Consid&eacute;rons les pratiques de Bernard Heidsiek parfaitement d&eacute;crites par Jean-Pierre Bobillot dans son livre qu&rsquo;il lui consacre, ou encore le travail <i>motl&eacute;culaire<\/i> de Jacques Sivan comme cela appara&icirc;t dans <b><i>Ejoint&eacute;<\/i><\/b>.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Heidsiek, <b><i>K<\/i><\/b> (I)&nbsp;:&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 56.7px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&ldquo;&nbsp;<i>u-unifor-lun-m&eacute;-vendre-mar-m&eacute;ment-di-diman-sam-mercre-di-m&eacute;ca-di-jeu-bielle-m&eacute;ca-lun-son trou-alv&eacute;ole-dit-on-dimanche-si-non-jeu-au jour le-di-lundi-identi-miette-goutte d&rsquo;eau<\/i> (&hellip;)&nbsp;&rdquo;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Sivan <b><i>Emulsion 5<\/i><\/b>&nbsp;:&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &eacute;llllllongggat vvv riiill<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; ciiiizzz ionp&eacute;ritoinhym<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">ouvvv concassco quillovvv o&iuml;dpic contr cr<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">o&ucirc;te<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; grrrr ondmmm &nbsp; bl<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp; &nbsp; &nbsp; anc br&ucirc;l<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; mbranchhhhm<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times; min-height: 11px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Les mots ne sont plus des instruments de communication, mais dans leur saisie litt&eacute;raire, ils deviennent densit&eacute; r&eacute;elle d&rsquo;une mati&egrave;re dont a-priori ne peut pas &ecirc;tre compris une signification. Aucune lisibilit&eacute; imm&eacute;diate. Violence sur le langage conventionnel, pour qu&rsquo;apparaisse le langage non pas dans son essence, ce qui renverrait &agrave; une neutralisation philosophique de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne, mais son accueil dans la singularit&eacute;, son d&eacute;ploiement r&eacute;el. Jacques Sivan a parfaitement per&ccedil;u cet enjeu dans les r&eacute;flexions qui accompagnent sa propre pratique. Ainsi pr&eacute;sentant dans l&rsquo;anthologie <b><i>Pi&egrave;ces d&eacute;tach&eacute;es<\/i><\/b> ses textes il insiste sur la rupture, ou encore la cassure avec toute conception classique du mot. Selon lui il est impossible de r&eacute;duire les mots &agrave; la transparence du code, &agrave; savoir &agrave; la seule mise en &eacute;vidence du signifi&eacute;. Le langage communicationnel effectivement n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que l&rsquo;&eacute;vacuation de la texture du signifiant en vue de la seule relation &agrave; un signifi&eacute; celui-ci utilis&eacute; et &eacute;pargn&eacute; objectivement dans un ensemble de relations norm&eacute;es. Afin de briser cette neutralisation de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne propre &agrave; la langue, Sivan exige une rupture aussi bien avec l&rsquo;orthographe (la convention qui enserre le syntagme) qu&rsquo;avec la syntaxe et la repr&eacute;sentation verbale (la grammaire). &ldquo;&nbsp;<i>Les mots sont une vapeur sonore. Ils flottent sur la page comme les nuages, ou explosent comme une gerbe d&rsquo;eau. Ces mots je les nomme motl&eacute;cules parce que leur forme est infiniment variable et n&rsquo;ob&eacute;it pas &agrave; la norme orthographique. Les mots s&rsquo;engendrent, s&rsquo;agglutinent, se fragmentent, fusionnent, se heurtent, s&rsquo;attirent se repoussent&nbsp;<\/i>&rdquo;. Ou encore dans une de ses lettres&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>Comme je l&rsquo;ai indiqu&eacute; plus haut mon travail consiste &agrave; mettre en place un espace motl&eacute;culaire. Je tente d&rsquo;y parvenir en m&rsquo;interdisant tout emploi de verbes conjugu&eacute;s. Mes textes sont des montages de mots qui inlassablement inter-agissent comme des mol&eacute;cules&nbsp;<\/i>&rdquo;. Son &eacute;criture consiste &agrave; trouver une mat&eacute;rialit&eacute; des mots qui brisant les conventions, oblige &agrave; s&rsquo;ouvrir autrement au langage. L&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; s&rsquo;impose comme rupture de la volont&eacute; de saisir un signifi&eacute;, et par cette violence vis &agrave; vis de la logique du sens, elle s&rsquo;incarne comme possibilit&eacute; pour le lecteur\/auditeur de sentir en lui une production en elle-m&ecirc;me aussi h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne au texte. Sivan se place dans la lign&eacute;e de Heidsiek, tel que Bobillot l&rsquo;a mis en &eacute;vidence dans son essai. Bobillot insiste, s&rsquo;opposant explicitement &agrave; Roland Barthes, que la mat&eacute;rialit&eacute; des mots de Heidsiek non seulement s&rsquo;oppose &agrave; toute forme d&rsquo;homog&eacute;n&eacute;isation, mais en plus se d&eacute;roule comme possibilit&eacute; de recueillir l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne du monde dans l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; m&ecirc;me des m&eacute;dias\/mati&egrave;res choisis pour l&rsquo;inscription du texte&nbsp;: &ldquo;<i>&nbsp;car il ne s&rsquo;agit surtout pas de livrer, toute faite, toute pr&ecirc;te et transie, une pens&eacute;e, cens&eacute;ment transparente, toute interpr&eacute;t&eacute;e et, partant, tout interpr&eacute;table&nbsp;: une v&eacute;rit&eacute; enfin, &agrave; jamais couch&eacute;e sous la surface trop lisse, indiff&eacute;rente, indiff&eacute;renci&eacute;e, du disque ou de la bande magn&eacute;tique autant que sur le papier&nbsp;; ce dont il s&rsquo;agit &ndash; ce dont obscur&eacute;ment et ouvertement, &ccedil;a s&rsquo;agite &ndash; c&rsquo;est d&rsquo;un sujet &ndash; un &ldquo;&nbsp;je&nbsp;&rdquo; &#8211; aux prises, dans la langue m&ecirc;me, avec le monde, avec le sens, avec autrui, avec son corps, son histoire, son d&eacute;sir, avec sa langue qui est celle de l&rsquo;autre&nbsp;: si bien r&eacute;gl&eacute;e <\/i>(&hellip;)<i> si exigeante, si abusive, si castratrice<\/i>&nbsp;&rdquo;. Heidsiek op&egrave;re tel qu&rsquo;il le th&eacute;matisa un arrachement du po&egrave;me de la page, de la valeur papier et marchande la litt&eacute;rature. L&rsquo;entendre lire am&egrave;ne &agrave; comprendre imm&eacute;diatemeent l&rsquo;&eacute;cart qui existe entre le texte affect&eacute; de la pr&eacute;sence de son corps, et le texte neutralis&eacute; comme marchandise sans pr&eacute;sence. Il offre l&rsquo;irr&eacute;ductible de la langue dans son souffle, ses acc&eacute;l&eacute;rations, ses ponctuations, ses stridences. Motl&eacute;cularit&eacute; de ses lectures, la violence provoque la rupture de la possibilit&eacute; de la position de l&rsquo;auditeur passif. Il violente la distance r&eacute;gl&eacute;e de la consommation&nbsp;: &ldquo;<i>&nbsp;Lecture &eacute;clat&eacute;e, &eacute;clabouss&eacute;e. Son mode, sa force d&rsquo;attaque de l&rsquo;instant rejoignant le vif argent du geste aux prises avec l&rsquo;espace. Fouett&eacute;e, dynamit&eacute;e. Sa projection, puis d&eacute;sagr&eacute;gation dans le temps dans les traces m&ecirc;me du signe. Des signes.<\/i>&nbsp;&rdquo; Alors que la logique de la Culture ob&eacute;it &agrave; une logique de consommation, que la litt&eacute;rature traditionnelle se structure selon la grammaire de l&rsquo;ordre, entendre Heidsiek, c&rsquo;est se confronter &agrave; cet &eacute;claboussement et cette violence qui brise l&rsquo;attendu de l&rsquo;&eacute;coute et ouvre &agrave; un espace unique&nbsp;: celui de cette violence sonore du po&egrave;me-partition. &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;La mat&eacute;rialit&eacute;, issue chez Heidsiek et Sivan, de la <i>sonorisation<\/i> de la langue, du bricolage des textures vocales, de la sortie des logiques conventionnelles du rapport op&eacute;r&eacute; par toute convention (rupture avec l&rsquo;&eacute;tymologie, avec la grammaire, avec les concordances), si elle est violation de l&rsquo;attendu de la neutralisation de la r&eacute;sistance du langage, ouvre au sens m&ecirc;me de ce que j&rsquo;ai indiqu&eacute; &agrave; l&rsquo;instar de Lyotard, &agrave; l&rsquo;action, &agrave; l&rsquo;effet non pas de sens, mais de mat&eacute;rialit&eacute; de pens&eacute;e et de production de pens&eacute;e h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne pour autrui. Le langage est l&rsquo;engagement corporel dans la f&ecirc;lure dissimul&eacute;e. Il est la violence qui fait ressortir la force originaire de l&rsquo;&eacute;ruption du langage. Violence qui indique une force, rompant la monotonie et la neutralisation (acte de r&eacute;duction et de violence) du langage dans sa seule conception communicationnelle (marchande).&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>La mise en &eacute;vidence de la mat&eacute;rialit&eacute; de surface a &eacute;t&eacute; mise en lumi&egrave;re dans le second num&eacute;ro de <b><i>La revue de litt&eacute;rature g&eacute;n&eacute;rale<\/i><\/b>, dans l&rsquo;appendice &eacute;crit par Olivier Cadiot et Pierre Alferi. Ils expliquent &agrave; partir des diff&eacute;rents textes du num&eacute;ro, que cette mat&eacute;rialit&eacute; de surface va contre &ldquo;&nbsp;<i>l&rsquo;illusionnisme d&rsquo;&eacute;criture<\/i>&nbsp;&rdquo;. cet illusionnisme &eacute;tait fond&eacute; sur un postulat que ce qui travaille la langue orale ou bien encore &eacute;crite se tenait dans une ext&eacute;riorit&eacute; par rapport &agrave; elle, dans un en de&ccedil;&agrave; ontologique, comme fond inchoatif &agrave; partir duquel se d&eacute;ploie l&rsquo;articulation. Ici il n&rsquo;est nullement la peine de rappeler que cette illusion, qui est &agrave; mon sens transcendantale, tient fonci&egrave;rement en France &agrave; l&rsquo;impr&eacute;gnation de Heidegger, mais surtout &agrave; une compr&eacute;hension superficielle de sa question du langage (r&eacute;ification des hypostases m&eacute;taphysiques). Cette illusion s&rsquo;est d&eacute;velopp&eacute;e selon Cadiot et Alferi en r&eacute;injectant &ldquo;&nbsp;<i>de la transcendance, du myst&egrave;re et de la pi&eacute;t&eacute;, en d&eacute;tournant de grands concepts n&eacute;gatifs &eacute;labor&eacute;s rigoureusement dans des contextes bien particuliers (L&rsquo;impossible, la limite, l&rsquo;innommable)&nbsp;<\/i>&rdquo;. Ceci provient d&rsquo;une illusion transcendantale, au sens o&ugrave; serait postul&eacute;e une origine ontologique &agrave; la concr&eacute;tion empirique du texte. Et del&agrave; ressortirait une nostalgie de cette origine, une m&eacute;lancolie, renvoyant comme ils le marquent avec pertinence au &ldquo;<i>&nbsp;poncif bourgeois de l&rsquo;inspiration&nbsp;<\/i>&rdquo;. Face &agrave; cette neutralisation de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne de la langue, du fait qu&rsquo;elle soit renvoy&eacute;e &agrave; une source simple indicible et proprement &agrave; mon sens totalitaire, la mat&eacute;rialit&eacute; de surface ne revendique rien d&rsquo;autre que la spontan&eacute;it&eacute; de la marque comme pr&eacute;sence <i>in concreto<\/i> du langage. Le vacillement n&rsquo;est pas entretenu par la cr&eacute;ation artificielle d&rsquo;une obscurit&eacute;, et ceci parfois dans l&rsquo;articulation la plus transparente la plus gr&eacute;gaire qui puisse &ecirc;tre, mais dans la mati&egrave;re du texte pr&eacute;sent&eacute;. Seul le visible est l&rsquo;obscurit&eacute;. Ce n&rsquo;est pas par le signifi&eacute; que l&rsquo;ombre surgit tout d&rsquo;abord, mais par la texture du texte. Ce ne sont plus des histoires qui sont propos&eacute;es, mais des <i>f(R)ictions<\/i> qui se tissent dans l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne de la langue. Lire Heidsiek, Sivan, D&rsquo;Abrigeon, Cyril Bret et tant d&rsquo;autres, ne demande pas d&rsquo;entr&eacute;e dans l&rsquo;histoire (pour certains, notamment dans les tentatives po&eacute;tiques, ce n&rsquo;est pas la peine de la chercher), ou encore dans ce au sujet de quoi il y a &eacute;criture (similairement il serait bien difficile de discerner ce que classiquement on nomme un &ldquo;&nbsp;sujet&nbsp;d&rsquo;&eacute;criture &rdquo;), mais d&rsquo;endurer un tissu de langue, le canevas de parcours. Exp&eacute;rience de la rature aussi, Domerg, Rabu, Gleize etc&hellip; Exp&eacute;rience de la couche, de la stratification&nbsp;: D&rsquo;Abrigeon, Dumoulin et les cr&eacute;ateurs d&rsquo;hypertexte gr&acirc;ce au multim&eacute;dia. Exp&eacute;rience de l&rsquo;accumulation d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments h&eacute;t&eacute;rog&egrave;nes&nbsp;: Hugonnaud, Cabut, Quintane, Chaton, etc&hellip; Exp&eacute;rience de la r&eacute;p&eacute;tition, Tarkos, Pennequin, Heidsiek, Manon, Bobillot etc&hellip; Exp&eacute;rience de la dilatation verbale &amp; de l&rsquo;accumulation, Beck, Garcia, etc&hellip;De la liste, Bailleu, Tarkos, etc&hellip; De la d&eacute;formation du syntagme&nbsp;: Molnar, Courtoux, Bertin, Sivan, etc&hellip; De etc&hellip;&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times; min-height: 11px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times;\">&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: medium;\"><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times;\"><b><i>4<sup>&egrave;me<\/sup> lecture&nbsp;: l&rsquo;impossible dichotomie du propre et de l&rsquo;impropre&nbsp;<\/i><\/b><\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 28.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le langage t&eacute;moigne de la limite m&ecirc;me qu&rsquo;il y a dans toute &eacute;nonciation. R&eacute;&eacute;criture de celui qui lit, de celui qui &eacute;crit aussi. La limite n&rsquo;est plus une ligne qui forge la diff&eacute;rence entre une int&eacute;riorit&eacute; propre du langage et une ext&eacute;riorit&eacute; qui serait &agrave; bannir, ext&eacute;riorit&eacute; qui se constituerait dans le r&eacute;gime l&eacute;gal de l&rsquo;&eacute;nonciation. Le langage de la litt&eacute;rature ne pr&eacute;tend pas &ecirc;tre hors-limite, mais il est la pr&eacute;sence m&ecirc;me de la limite devenue contenue. Il (se) joue (de\/sur) la limite, il en est l&rsquo;une des mat&eacute;rialit&eacute;s, non pas neutralis&eacute;es, mais montr&eacute;es et r&eacute;v&eacute;l&eacute;es. Lorsque Anne-James Chaton se d&eacute;compose dans ses listes d&rsquo;&eacute;v&eacute;nements, dans la ritournelle des marques sociales qui viennent le circonscrire, ce n&rsquo;est ni un rejet ni une acceptation, il montre par le d&eacute;placement et l&rsquo;assimilation dans son &eacute;criture des codes carte bleue, ticket, station, produits et marques, &agrave; la fois l&rsquo;int&eacute;rieur et l&rsquo;ext&eacute;rieur. Il d&eacute;passe la diff&eacute;rence entre le propre et l&rsquo;impropre. &nbsp;&Agrave; la suite du ready-made d&#8217;un Duchamp, il accomplit un travail d&#8217;appropriation.<\/span><span style=\"font-family: Arial, Verdana, sans-serif; font-size: 12px;\">&nbsp;<\/span><span style=\"font-size: medium; text-indent: 28.4px;\">A &eacute;t&eacute; d&eacute;termin&eacute; avec le XX&egrave;me si&egrave;cle que la po&eacute;sie tentait de revenir vers&nbsp; la constitution originaire de l&rsquo;individu, en ce sens ce qui &eacute;tait recherch&eacute; &eacute;tait le <\/span><i style=\"font-size: medium; text-indent: 28.4px;\">corps propre<\/i><span style=\"font-size: medium; text-indent: 28.4px;\"> recouvert par les d&eacute;terminations sociales, phagocyt&eacute; par l&rsquo;&eacute;conomie du sujet et de ses modalit&eacute;s d&rsquo;&eacute;locution. Ce propre &eacute;tait le pur, le non-alt&eacute;r&eacute;, de sorte que par-del&agrave; les signifiants de la soci&eacute;t&eacute; les voies de l&rsquo;imagination semblaient &ecirc;tre les horizons possibles de cette reconqu&ecirc;te de soi. N&rsquo;&eacute;tait-ce pas ce qu&rsquo;&eacute;tablissaient les surr&eacute;alistes, que cela soit dans le manifeste, dans <\/span><b style=\"font-size: medium; text-indent: 28.4px;\"><i>Les champs magn&eacute;tiques<\/i><\/b><span style=\"font-size: medium; text-indent: 28.4px;\">, ou encore Aragon dans son <\/span><b style=\"font-size: medium; text-indent: 28.4px;\"><i>Paysan de Paris<\/i><\/b><span style=\"font-size: medium; text-indent: 28.4px;\">, montrant quelle est la force propre de l&rsquo;imagination. Effectivement, la po&eacute;sie appara&icirc;t &ecirc;tre cette survenue de l&rsquo;imm&eacute;diate pr&eacute;sence de soi &agrave; soi, pr&eacute;sence sans m&eacute;diation, o&ugrave; pour un temps, celui de l&rsquo;immanence, ce qui se d&eacute;termine comme vecteur d&rsquo;ali&eacute;nation reste silencieux. La po&eacute;sie aurait &eacute;t&eacute; d&egrave;s lors consid&eacute;r&eacute;e comme une <\/span><i style=\"font-size: medium; text-indent: 28.4px;\">&eacute;poch&egrave;<\/i><span style=\"font-size: medium; text-indent: 28.4px;\"> du monde du monde social, le creuset d&rsquo;une dissolution de son propre &ecirc;tre en vertu de la possibilit&eacute; de la reconqu&ecirc;te de soi.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 28.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Toutefois, avec l&rsquo;acc&eacute;l&eacute;ration des vitesses et de l&rsquo;emprise des signifiants conventionnels sur les esprits, n&rsquo;&eacute;tait-elle pas condamn&eacute;e par avance &agrave; un &eacute;chec, &agrave; se trouver dans l&rsquo;horizon illusoire de cette constitution, au sens, o&ugrave; tout simplement, elle semblait reposer la dichotomie classique &agrave; la m&eacute;taphysique du pur et de l&rsquo;impur, du propre et de l&rsquo;impropre. N&rsquo;&eacute;tait-elle pas dans cet essor profond&eacute;ment totalitaire, aveugle sur un monde multipliant ses r&eacute;seaux et ses ramifications&nbsp;? D&eacute;sorient&eacute;, inapte &agrave; prendre contact avec le r&eacute;el, peut-&ecirc;tre en un certain sens manquait-elle la v&eacute;ritable relation possible &agrave; soi. Non pas en-dehors, mais dans l&rsquo;&eacute;cheveau des vecteurs culturels qui la traversent. Non pas le refus et la nostalgie, mais l&rsquo;endurance. Pourquoi des po&egrave;tes en temps de d&eacute;tresse&nbsp;? demandait Heidegger, pour simplement poser une endurance du nihilisme, l&rsquo;accomplir dans sa manifestation, s&rsquo;en faire la pr&eacute;sence dans l&rsquo;acuit&eacute; la plus extr&ecirc;me&nbsp;: son exc&egrave;s.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 28.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Anne-James Chaton pr&eacute;sente parfaitement cette endurance du nihilisme. Chez lui nul espace d&rsquo;une cr&eacute;ation ext&eacute;rieure au r&eacute;el le plus conventionnel. Son &eacute;criture n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que l&rsquo;ensemble des attributs qui lui sont reli&eacute;s au niveau de sa sph&egrave;re d&rsquo;existence sociale. Ainsi dans le num&eacute;ro de <b><i>TIJA<\/i><\/b> consacr&eacute; &agrave; l&rsquo;utopie, (<b><i>Mister Utopus<\/i><\/b>), il pr&eacute;sente l&rsquo;extraordinaire comme le plus quotidien&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<b><i>Voyage &ndash; AR S&egrave;te\/France&nbsp;&rdquo; &amp; le &ldquo;&nbsp;voyage &ndash; AR Gap\/ France&nbsp;<\/i><\/b>&rdquo;. Ces deux parcours ne sont pas d&eacute;crits, ils ne sont narr&eacute;s, ils ne sont pr&eacute;sent&eacute;s que selon le prisme le plus froid et le plus aride&nbsp;: celui de l&rsquo;agr&eacute;gation ou de l&rsquo;agglom&eacute;ration&nbsp; des &eacute;l&eacute;ments symboliques qui les ont constitu&eacute;s. Mise en situation&nbsp;:&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 28.4px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">1<sup>er<\/sup> jour<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 28.4px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">1ticket &ldquo;&nbsp;SNCF &ndash;BILLET\/A\/R MONTPELLIER &ndash; SETE &ndash; Valable 24 heures maximum apr&egrave;s compostage A\/R &ndash; 01 Adulte &ndash; Utilisable du 02\/08\/2000 &ndash; Gare de d&eacute;part&nbsp;: Montpellier &ndash; Classe 2 &ndash; Gare d&rsquo;arriv&eacute;e&nbsp;: S&egrave;te &ndash; Plein tarif &ndash; Prix FRF *60.00 &ndash; EUR **9.15 &ndash; PT00 KM0027&nbsp;: DV 000122307 &ndash; 29&nbsp;: 29&nbsp;: CB 153766928 MONTPELLIER 020800 10h34 &ndash; E&nbsp;: 896B82 &ndash; 08700690949475&nbsp;&rdquo;&nbsp;; 1 ticket &ldquo;&nbsp;REG 02-08-00 &ndash; CO1 &ndash; 1 &ndash;CAFE .8.00 &ndash; CAFE .8,00 &ndash; 2no &ndash; ST . 16,00 &ndash; E.2.44 &ndash; ESPECES . 16,00 &ndash; MERCI DE VOTRE VISITE A BIENTOT&nbsp;&rdquo;&nbsp;; etc&hellip;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Visage de l&rsquo;&eacute;puisement infini de ce qui perdure sans cesse pour tous inapparent. Mettre en &eacute;vidence ainsi la multiplication des codes qui nous trament et constituent notre identit&eacute; bancaire, culturelle, en bref &eacute;conomico-social, ne tient pas &agrave; un jeu. Ou encore un pur formalisme. C&rsquo;est le corps dans sa pleine mat&eacute;rialit&eacute; qui se constitue sous le regard du lecteur. Nous devenons l&rsquo;&oelig;il optique du syst&egrave;me. Qu&rsquo;y a-t-il donc &agrave; voir l&agrave;&nbsp;? Rien peut-&ecirc;tre de ce Anne-James, ou encore tout, l&rsquo;apparence de son &ecirc;tre, l&rsquo;apparence non pas en tant que s&eacute;par&eacute; de l&rsquo;&ecirc;tre, mais en tant que manifestation de l&rsquo;&ecirc;tre. Qui est-il lui&nbsp;? R&eacute;ponse &agrave; la lecture faite aux <b>Dix ans du cip<i>M<\/i><\/b> en d&eacute;cembre 2000&nbsp;:<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 10px; font-family: Times; min-height: 13px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 28.4px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">lui&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 28.4px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;1 chaise noire&nbsp;; 1 bureau noir&nbsp;; 3 biblioth&egrave;ques&nbsp;; 1 machine &agrave; laver Candy&nbsp;; 1 frigo Auster&nbsp;; 1 plantee veerte&nbsp;; 1 lampe blanche avec un abajour rouge&nbsp;; 2 enceintes casteels&nbsp;; 1 carton CREME DE CASSIS DE DIJON <b>FRAGILE<\/b> de &ldquo;&nbsp;livres Husserl&nbsp;&rdquo;&nbsp;; 1 carton 100ex de &ldquo;&nbsp;Livres Heideegger, Ponty, Scutz, Sartre, Ricoeur&nbsp;&rdquo;&nbsp;; 1 carton Mc Cain POMMES FRITES 9\/9 de &ldquo;&nbsp;Livres PHENO&nbsp;&rdquo;&nbsp;; etc&hellip;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 10px; font-family: Times; min-height: 13px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Incarnation du texte sans dedans, tout en surface. Tout en membrane, en plans, agencements de strates issus des codifications sociales. L&agrave; dans la juxtaposition de (c\/s)es d&eacute;tails, rien de lui para&icirc;t se destiner aux lecteurs, tandis qu&rsquo;en contrebande, de cette premi&egrave;re approche pourtant, l&rsquo;intensit&eacute; propre &agrave; ses t&eacute;lescopages se constitue. La densit&eacute; se structure &agrave; partir de cette ext&eacute;riorit&eacute; qui lui est attribu&eacute;e, cependant elle provient du parcours m&ecirc;me de cet encha&icirc;nement. En quel sens c&rsquo;est le r&eacute;seau de ces <i>interceptions<\/i>, du fourmillement inscrit &agrave; m&ecirc;me le plan le plus symbolique possible qui porte la trace de sa pr&eacute;sence. Pr&eacute;sence toujours d&eacute;j&agrave; absente certes en sa singularit&eacute;, mais qui n&rsquo;est pas ailleurs que l&agrave;, dans la travers&eacute;e de ce qui est lu. Le propre et l&rsquo;impropre sont li&eacute;s dans la plus extr&ecirc;me tension. Le singulier reste toujours voil&eacute;, car il est dur&eacute;e, tension d&rsquo;&ecirc;tre, et &agrave; la fois, il est toujours l&agrave; dans chacun de ses moments, dans chacun de ces d&eacute;tails, dans chacune des bifurcations pr&eacute;sent&eacute;es dans la froideur extr&ecirc;me de l&rsquo;&eacute;conomie. Violence absolue de la lecture de ses textes mais surtout de ses lectures. Le dispositif de sonorisation de son travail se pr&eacute;sente comme l&rsquo;entrem&ecirc;lement de deux voix&nbsp;: d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; un sample court, continu qui mart&egrave;le et ass&egrave;ne par sa r&eacute;p&eacute;tition une br&egrave;ve d&rsquo;actualit&eacute; (&ldquo;&nbsp;la grande peur du bug&nbsp;&rdquo; par exemple) et de l&rsquo;autre sa lecture de ses parcours codifi&eacute;s lus in vivo selon un timbre m&eacute;tallique. Par cet entrecroisement, il d&eacute;r&eacute;alise toute saisie d&rsquo;une subjectivit&eacute; indemne, il brise la fronti&egrave;re de l&rsquo;int&eacute;riorit&eacute; et de l&rsquo;ext&eacute;riorit&eacute;. <i>Le singulier<\/i> = carrefour d&rsquo;un monde qu&rsquo;il traverse en ses symboles. Nulle sortie du plus profond du symbolique, en s&rsquo;exp(l)osant ainsi aux symboles, il en montre aussi la n&eacute;cessaire singularit&eacute; reli&eacute;e &agrave; la personne. Nul r&ecirc;ve, nul oubli de soi, le texte devient la chair du singulier, le texte &eacute;tant rien d&rsquo;autre que le trac&eacute; d&rsquo;une vie dans la mat&eacute;rialit&eacute; la plus apparente des institutions symboliques sociales. L&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne s&rsquo;esquisse comme mouvement, <i>intercept<\/i>, et non pas simplement mati&egrave;re. Ce mouvement se constitue comme vitesse singuli&egrave;re de frayage, et aucunement selon une modalit&eacute; contr&ocirc;l&eacute;e et homog&eacute;n&eacute;is&eacute;e de son mouvement.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Rompre avec le propre et l&rsquo;impropre s&rsquo;accomplit forc&eacute;ment dans le d&eacute;tournement de ce qui s&rsquo;&eacute;rige selon le droit de propri&eacute;t&eacute;. C&rsquo;est rompre avec le nom, se poser au lieu de l&rsquo;anonymat, refuser la logique de l&rsquo;opposition binaire, contructrice d&rsquo;une certaine fa&ccedil;on de l&rsquo;arch&eacute;type narratif des fictions en occident. M&ecirc;ler et sentir l&rsquo;entrem&ecirc;lement en soi de l&rsquo;ext&eacute;riorit&eacute;, n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que sentir en soi la multiplicit&eacute; mat&eacute;rielle de ce qui nous constitue. L&rsquo;an pass&eacute;, Jean-Luc Nancy posait dans son texte <b><i>L&rsquo;intrus<\/i><\/b>, la question &agrave; partir de la mise en question de sa propre maladie (Greffe du c&oelig;ur&nbsp; cancer), du rapport entre constitution du moi et recours m&eacute;taphorique ou analogique au mod&egrave;le du corps. Il posait par l&agrave; en quel sens la repr&eacute;sentation corpor&eacute;isante du moi pouvait aboutir au totalitarisme du discours&nbsp;: la d&eacute;signation de l&rsquo;intrus. Ce que montre Chaton c&rsquo;est une position en de&ccedil;&agrave; de cette logique repr&eacute;sentationnelle. Par l&rsquo;&eacute;touffement, Pennequin met en lumi&egrave;re l&rsquo;impossible partage entre ce qui est moi et ce qui provient de l&rsquo;autre, ce qui est encore int&eacute;rieur et ce qui n&rsquo;a de r&eacute;alit&eacute; qu&rsquo;ext&eacute;rieur. Toute limite ou fronti&egrave;re devenant floue, &eacute;tant pr&eacute;sent&eacute;e dans l&rsquo;oscillation constante de toute localisation. Tout r&eacute;f&eacute;rent glissant, et mettant en demeure d&rsquo;abandonner les dichotomies classiques de la mise en situation. Selon une toute autre pratique, Chaton rend impossible le partage du propre et de l&rsquo;impropre, de ce qui est int&eacute;rieur ou ext&eacute;rieur&nbsp;: le d&eacute;sir ou l&rsquo;affect se retrouvant dans l&rsquo;ensemble des codifications &eacute;conomiques qui l&rsquo;entourent. Sortie de toute ontologie du propre pos&eacute; selon la fronti&egrave;re organique du corps. Lieu de passage, o&ugrave; se pr&eacute;sente spontan&eacute;ment, ou encore diff&eacute;r&eacute; la diversit&eacute; de lignes de concr&eacute;tion de ce X, qui est le moi, autrement dit, ce trou ou cette b&eacute;ance qui ne peut plus pr&eacute;tendre &agrave; &ecirc;tre d&eacute;termin&eacute; comme le propre, l&rsquo;indemne. Dans cette mise en critique du corps, la langue est elle-m&ecirc;me bouscul&eacute;e, car ce que le corps brise ou ressent comme f&ecirc;lure, se produit dans la langue. La litt&eacute;rature n&rsquo;est plus tenue &agrave; une puret&eacute;, lexicale ou grammaticale excluant a priori le recours &agrave; l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne. Aucune impropri&eacute;t&eacute;, aucune autre politique du langage que celle de l&rsquo;occurrence. Impr&eacute;visible par la possibilit&eacute; de ses t&eacute;lescopages, de ses bidouillages, de sa rencontre du r&eacute;siduel dans lequel elle peut se sourcer, elle rompt avec le d&eacute;sir fond&eacute; sur l&rsquo;image et l&rsquo;obtention identifi&eacute;e, elle rompt avec l&rsquo;industrie Culturelle. Elle rompt avec ce qui est proprement la Culture, au sens o&ugrave; le propre suppose toujours la s&eacute;lection et un estampillage (le label&nbsp;: prix Goncourt, prix M&eacute;dicis, etc&hellip;), la naturalisation des mots dans un champ ma&icirc;tris&eacute;. &nbsp; &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;Consciemment ou inconsciemment, cette litt&eacute;rature-mat&eacute;rielle met en critique, &agrave; savoir fait exploser et signe le crime, du subjectum et de la pr&eacute;pond&eacute;rance en occident de son identit&eacute; comme fondement de l&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie &eacute;conomique. C&rsquo;est pour cela que c&rsquo;est une &eacute;criture de la r&eacute;sistance mat&eacute;rielle et aucunement de la jouissance au sens o&ugrave; Barthes a pu d&eacute;noncer un trait de la litt&eacute;rature. Litt&eacute;rature qui met entre parenth&egrave;se la domination de toute &eacute;coute ou de toute lecture, qui bien plut&ocirc;t agit de par sa r&eacute;sistance, comme frustration. Violence faite &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie de l&rsquo;&eacute;change, car endurer ces textes, ou encore leurs sonorisations, ne s&rsquo;&eacute;tablit dans une logique de l&rsquo;obtention ou de la consommation.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 10px; font-family: Times; min-height: 13px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 10px; font-family: Times;\">&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: medium;\"><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 10px; font-family: Times;\"><b><i>5<sup>&egrave;me<\/sup> lecture&nbsp;: G&eacute;n&eacute;alogie(Z)&nbsp;<\/i><\/b><\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 226.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\">&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: medium;\"><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 226.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><b><i>&ldquo;&nbsp;<\/i><\/b><i>il y a une g&eacute;n&eacute;alogie. (&hellip;) Quand il n&rsquo;y a pas de pens&eacute;e explicite de la g&eacute;n&eacute;alogie, le risque est la r&eacute;p&eacute;tition de tiques formels (&hellip;) la question c&rsquo;est l&rsquo;ankylose qui guette ces gens l&agrave;<\/i><b><i>&nbsp;&rdquo;<\/i><\/b><\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 226.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\">&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: medium;\"><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 226.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><b><i>Prigent<\/i><\/b><\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 226.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&ldquo;&nbsp;<i>M&eacute;moires brouill&eacute;es et qui font rumeurs<\/i>. (&hellip;)<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 226.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>L&rsquo;air, &ldquo;&nbsp;rassembleur de nu&eacute;es&nbsp;&rdquo;, disait encore Emp&eacute;docle<\/i>.&nbsp;&rdquo;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 226.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\">&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: medium;\"><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 226.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><b><i>Anne Cauquelin.<\/i><\/b><\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans ce refus du propre et de l&rsquo;impropre, le rapport &agrave; l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; est repos&eacute;. Ce rapport n&rsquo;est autre que celui de la g&eacute;n&eacute;alogie, comme le met en &eacute;vidence Prigent dans son dernier livre. La g&eacute;n&eacute;alogie m&rsquo;&eacute;crivait derni&egrave;rement Jacques Sivan&nbsp;: &ldquo;<i>&nbsp;est toujours l&agrave;. Je ne crois pas &agrave; la g&eacute;n&eacute;ration spontan&eacute;e. Mais l&agrave; encore la g&eacute;n&eacute;alogie ne signifie pas hi&eacute;rarchie ni lin&eacute;arit&eacute; temporelle. L&rsquo;homme n&rsquo;en finit pas de se cr&eacute;er dans un inextricable &eacute;cheveau d&rsquo;&oelig;uvres<\/i>. (&hellip;) <i>Par g&eacute;n&eacute;alogie j&rsquo;entends donc le couplage des mots r&eacute;seau\/r&eacute;sonance&nbsp;<\/i>&rdquo;. La g&eacute;n&eacute;alogie est le lieu o&ugrave; se produit le d&eacute;passement de toute forme de dichotomie entre le propre de l&rsquo;auteur et l&rsquo;impropre (le fond qui le constitue, mais aussi le destinataire). L&rsquo;exp&eacute;rience po&eacute;tique, dans son effet aper&ccedil;u avec Lyotard, n&rsquo;est aucunement attach&eacute;e au nom propre, mais elle se d&eacute;tache <i>au nom<\/i> de son auteur <i>de son nom<\/i>. Benv&eacute;niste dans ses <b><i>Probl&egrave;mes de linguistique g&eacute;n&eacute;rale<\/i><\/b>, mettait en &eacute;vidence ce rapport essentiel &agrave; la langue, rapport occulte du fait de la logique de la propri&eacute;t&eacute; qui s&rsquo;arrache les mots et les d&eacute;pose afin d&rsquo;en &ecirc;tre les d&eacute;positaires (la marque, les domaines de nom, les labelles, etc). &ldquo;&nbsp;<i>Le langage est ainsi organis&eacute; qu&rsquo;il permet &agrave; chaque locuteur de s&rsquo;approprier la langue enti&egrave;re en se d&eacute;signant en se d&eacute;signant comme je&nbsp;<\/i>&rdquo;. Toutefois, cette appropriation n&rsquo;est pas la s&eacute;paration des autres formes d&rsquo;appropriation, mais c&rsquo;est le croisement, l&rsquo;interception de toutes ces autres exp&eacute;riences du langage accomplie dans la pr&eacute;sence d&rsquo;un Je. Se d&eacute;cide dans la volont&eacute; g&eacute;n&eacute;alogique partag&eacute;e de la litt&eacute;rature contemporaine, une contre-violence contre le culte du progr&egrave;s pr&ocirc;n&eacute; par l&rsquo;&eacute;poque. D&eacute;j&agrave; Adorno et Horkeimer l&rsquo;exprimaient&nbsp;: le progr&egrave;s est synonyme d&rsquo;amn&eacute;sie. Violence de l&rsquo;oubli par la mode, volont&eacute; du tout nouveau au prix de la terre br&ucirc;l&eacute;e. La <i>spectacularisation<\/i> qui domine la logique contemporaine de l&rsquo;&eacute;conomie de la culture fonctionne comme anesth&eacute;sique (<b><i>La dialectique de la raison<\/i><\/b>, <i>Le prix du progr&egrave;s<\/i>). C&rsquo;est parce que le r&egrave;gne &eacute;conomique, de l&rsquo;&eacute;change, et du supr&eacute;matisme de l&rsquo;individualisme marchand &eacute;tablit une logique de l&rsquo;histoire &eacute;mancipatrice, que toute cr&eacute;ation artistique, tout discours propre &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie, au politique ou encore &agrave; l&rsquo;art s&rsquo;effondre sur sa propre survenue. L&rsquo;&eacute;conomie agit par &eacute;vacuation du temps. Son travail de gain, de productivit&eacute; implique d&rsquo;an&eacute;antir toutes les asp&eacute;rit&eacute;s pouvant la ralentir dans sa recherche du &ldquo;&nbsp;<i>temps r&eacute;el<\/i>&nbsp;&rdquo;.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;Revendiquer la m&eacute;moire ne tient donc pas &agrave; une &eacute;pargne, mais se donne dans la n&eacute;cessit&eacute; de rompre par la prise en vue de la trace, le rythme d&rsquo;absorption par le perp&eacute;tuel changement. C&rsquo;est aussi indiquer du sens. Celui-ci certes n&rsquo;est jamais lin&eacute;aire. Il tient toujours davantage au foisonnement, aux t&eacute;lescopages, aux interceptions, connexions accidents des rencontres. La m&eacute;moire n&rsquo;est pas celle qui s&rsquo;&eacute;crit dans la Culture qui est faite pour la r&eacute;f&eacute;rence, pour l&rsquo;&eacute;change symbolique et la mort de ce qui est &eacute;chang&eacute; (Baudrillard), mais elle est l&rsquo;accueil de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; de ce qui a eu lieu comme exp&eacute;rience de v&eacute;cu de sens au sein d&rsquo;une langue.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Sort durant ce premier trimestre un texte de Charles-M&eacute;zence Briseul qui accomplit litt&eacute;rairement cette m&eacute;moire foisonnante et sans hi&eacute;rarchie de la g&eacute;n&eacute;alogie. Son texte s&rsquo;appelle <b><i>travail<\/i><\/b>. Quel est-il&nbsp;? Est-ce celui de son auteur et de son &eacute;criture&nbsp;? Celui des auteurs qu&rsquo;il rencontre dans son trajet d&eacute;construit, trajet autour du corps et de sa part maudite&nbsp;: Ovide, Agrippa d&rsquo;Aubign&eacute;, Pennequin, Ivar ch&rsquo;Vavar, Suel, Manon, Dufeu, Quintane, etc&nbsp;? Ou bien encore est-ce celui de langue en sa propre temporalit&eacute;, en son d&eacute;couvrement, en sa lutte pour se faire lieu de l&rsquo;&eacute;claircie de la singularit&eacute; de ce <i>je-l&agrave;<\/i> qui &eacute;crit dans l&rsquo;irr&eacute;ductibilit&eacute; de sa pr&eacute;sence&nbsp;?&nbsp; Tout &agrave; la fois cela, Briseul le comprend, se tient sur cette ligne sans r&eacute;elle coh&eacute;rence de la m&eacute;moire qui fait que l&rsquo;&eacute;criture ne tient jamais d&rsquo;une g&eacute;n&eacute;ration spontan&eacute;e, mais est toujours l&rsquo;issue &eacute;ph&eacute;m&egrave;re, bancale, pr&eacute;caire, d&rsquo;une ad-venture de la langue qui relie dans le temps, pass&eacute;, pr&eacute;sent, futur, ceux qui l&rsquo;ont tent&eacute; comme enjeu de leur propre existence. Briseul instaure dans sa propre langue les lignes non hi&eacute;rarchis&eacute;es d&rsquo;une m&eacute;moire de la langue. La mat&eacute;rialit&eacute; de sa langue, sans ponctuation, &agrave; la syntaxe d&eacute;construite, aux d&eacute;rapages constants, son travail n&rsquo;est aucunement une totalisation, et ne permet pas d&rsquo;achopper une chronologie. Ici, il agit en contrebande de la culture, si comme l&rsquo;indiquait Blanchot dans <b><i>L&rsquo;entretien infini<\/i><\/b>, &ldquo;&nbsp;<i>la culture<\/i> (&hellip;) <i>absorbe<\/i> (les faits litt&eacute;raires) <i>en les introduisant dans l&rsquo;univers toujours plus unifi&eacute; qui est le sien, l&agrave; o&ugrave; les &oelig;uvres existent comme choses spirituelles, transmissibles, durables, comparables et en rapport avec les autres produits de la culture&nbsp;<\/i>&rdquo; et de ce fait si &ldquo;&nbsp;<i>l&rsquo;immense travail de la culture fait de la litt&eacute;rature un tout et l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment d&rsquo;un plus grand tout&nbsp;<\/i>&rdquo;.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">La g&eacute;n&eacute;alogie est alors la possibilit&eacute; dans sa n&eacute;cessaire rupture avec l&rsquo;assignation de la trace dans l&rsquo;archive, de d&eacute;couvrir les turbulences qui ont agit&eacute; non seulement des existences confront&eacute;es &agrave; un temps, mais aussi l&rsquo;&eacute;preuve sans cesse renouvel&eacute;e d&rsquo;un accueil du langage correspondant &agrave; une &eacute;poque. Ici je ne suis pas en accord avec Prigent qui r&eacute;p&eacute;tait encore sur <b><i>France Culture<\/i><\/b> derni&egrave;rement que dans la litt&eacute;rature actuelle il n&rsquo;y a pas une r&eacute;elle conscience g&eacute;n&eacute;alogique. Il n&rsquo;y a pas un oubli de la g&eacute;n&eacute;alogie. La g&eacute;n&eacute;alogie ne tient pas de l&rsquo;&eacute;nonciation explicite de la r&eacute;f&eacute;rence, de la construction de la lign&eacute;e, de la s&eacute;dimentation d&rsquo;une communaut&eacute; d&rsquo;&eacute;critures. Dans une telle perspective, il y aurait le risque de tomber dans l&rsquo;illusion de la constitution d&rsquo;une nouvelle institution symbolique forg&eacute;e sur la parent&eacute; des &eacute;critures et des th&egrave;mes, et de l&agrave; pourrait s&rsquo;&eacute;tablir en r&eacute;action une nouvelle &eacute;conomie du commensurable. Si effectivement, Prigent a raison de dire qu&rsquo;il y a une h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; v&eacute;ritable au sein des revues, il est cependant n&eacute;cessaire de voir que celle-ci est justement la trace de la g&eacute;n&eacute;alogie par la multitude de ses r&eacute;f&eacute;rences et ramifications, sans que soit tue la diff&eacute;rence. L&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; est le sol de la possible m&eacute;moire du croisement sans cesse renouvel&eacute; d&rsquo;un travail de m&eacute;moire qui rompt avec toute volont&eacute; de totalisation et de r&eacute;duction\/&eacute;galisation. Lorsque je lis <b><i>BOXON<\/i><\/b>, <b><i>JAVA<\/i><\/b> ou encore <b><i>Fus&eacute;es<\/i><\/b> ce que je d&eacute;couvre &agrave; chaque num&eacute;ro, c&rsquo;est justement l&rsquo;effort continuel de la g&eacute;n&eacute;alogie dans l&rsquo;exp&eacute;rience du langage. Certes persistent les r&eacute;p&eacute;titions, les oublis, les dettes impens&eacute;es. Mais exiger l&rsquo;exhaustivit&eacute;, cela appartient &agrave; l&rsquo;esprit antiquaire qui dans le reliquat de la Culture cache sa st&eacute;rilit&eacute;. <b><i>BOXON<\/i><\/b> se pr&eacute;sente comme cette bo&icirc;te o&ugrave; aucune communaut&eacute; (&agrave; savoir association sous le principe du contrat et du partage des int&eacute;r&ecirc;ts) ne se forme. Seules des mouvances et les lignes dans lesquelles elles se situent constituent la densit&eacute; de cette bo&icirc;te. Ceci constituait explicitement le th&egrave;me du num&eacute;ro 5&nbsp;: <b><i>Toutes directions<\/i><\/b>. Dans l&rsquo;ensemble des num&eacute;ros se croisent aussi bien Heidsiek, qu&rsquo;Alain Robinet, Christian Prigent, Jean-Pierre Bobillot de jeunes auteurs comme Julien D&rsquo;Abrigeon, Cyril Bret ou encore Christophe Manon. Que cela soit le formalisme, le lettrisme, la po&eacute;sie reli&eacute;e &agrave; l&rsquo;informatique, l&rsquo;ensemble de cette revue &agrave; chaque parution revendique l&rsquo;agglom&eacute;rat contre la ligne ou le corps. Les num&eacute;ros monstrueux dans leur agencement ne laissent pas la possibilit&eacute; d&rsquo;une dialectique de la culture et pourtant sont toujours lieu g&eacute;n&eacute;alogique. &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.5px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Lutte pour que le temps retrouve ses gonds. Non retrouver la lin&eacute;arit&eacute; diachronique de ce qui fait la Culture et son panth&eacute;on de cadavres, mais le d&eacute;dale des intersections, qui am&egrave;ne &agrave; l&rsquo;impr&eacute;visible de la langue. Cette litt&eacute;rature refuse le sch&eacute;ma, l&rsquo;arborescence, la hi&eacute;rarchie, elle pr&eacute;f&egrave;re le halo, ce qui n&rsquo;a pas de centre lumineux, ce qui s&rsquo;&eacute;chappe sans cesse du positionnement et par l&agrave; m&ecirc;me de la possibilit&eacute; de la visag&eacute;it&eacute;, de la reconnaisssance. Litt&eacute;rature sans visage, prot&eacute;iforme, &eacute;quivoque, qui peut m&ecirc;me en elle-m&ecirc;me parfois se contredire. A l&rsquo;instar de Jacques Sivan, j&rsquo;ai envie de dire&nbsp;: &ldquo;<i>&nbsp;telle &oelig;uvre de la Chine ancienne peut soudainement de relier &agrave; tel auteur latin et tel auteur de l&rsquo;avant-garde am&eacute;ricaine pour g&eacute;n&eacute;rer tel type de cr&eacute;ation chez un jeune cr&eacute;ateur fran&ccedil;ais. Inversement une cr&eacute;ation d&rsquo;aujourd&rsquo;hui peut permettre une relecture int&eacute;ressante de telle ou telle &oelig;uvre de telle ou telle &eacute;poque de tel ou tel pays<\/i>&nbsp;&rdquo;. C&rsquo;est ce que fait entre autres, Charles-M&eacute;zence Briseul dans <b><i>travail<\/i><\/b>, invitant &agrave; relire <b><i>Les Tragiques<\/i><\/b> d&rsquo;Agrippa d&rsquo;Aubign&eacute;, &agrave; replonger dans la phrase baroque de celui qui en son temps fut consid&eacute;r&eacute; comme l&rsquo;explorateur de nouvelles formes po&eacute;tiques.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.5px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;La violence qui caract&eacute;rise certaines interventions de la litt&eacute;rature contemporaine prend sa source dans ce rapport que l&rsquo;&eacute;conomie implique avec les productions de son temps. Qu&rsquo;on observe la falsification op&eacute;r&eacute;e sur la po&eacute;sie g&eacute;n&eacute;r&eacute;e par ordinateur. Philippe Castelin le rappelle &agrave; propos de son travail avec la revue <b><i>DOC(K)S<\/i><\/b>. En 1997, cette revue corse, qui l&rsquo;une des pionni&egrave;res en po&eacute;sie contemporaine avec <b><i>JAVA<\/i><\/b>, sortait en collaboration avec <b><i>Alire<\/i><\/b>, un CDrom, dans lequel &eacute;tait pr&eacute;sent&eacute; une diversit&eacute; d&rsquo;exp&eacute;riences de po&eacute;sie-informatique. Face &agrave; cela, aucune r&eacute;action, comme il le pr&eacute;cise, seul un entrefilet dans <b><i>Lib&eacute;ration<\/i><\/b> &agrave; la page multim&eacute;dia. Plus d&rsquo;un an plus tard, lorsque <b><i>Gallimard<\/i><\/b> finance une publication de <b><i>Mille Milliards de po&egrave;mes<\/i><\/b> de Queneau, le m&ecirc;me journal publie deux pages, en saluant la novation, en se f&eacute;licitant de pr&eacute;senter en exclusivit&eacute; cette exp&eacute;rience novatrice dans la po&eacute;sie. Face &agrave; ce d&eacute;tournement par la logique &eacute;conomique de toute g&eacute;n&eacute;alogie, face &agrave; cette falsification, Philippe Castelin marque alors le caract&egrave;re inexorable et cependant n&eacute;cessaire d&rsquo;une m&eacute;moire parall&egrave;le &agrave; celle qui est le jouet des processus officiels de l&rsquo;&eacute;conomie&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>Nous sommes nos propres chroniqueurs. Ceci implique d&#8217;&ecirc;tre aussi honn&ecirc;te que possible quand on parle de toutes ces choses, de ne pas &ecirc;tre sans arr&ecirc;t, d&egrave;s qu&#8217;un micro se pr&eacute;sente, &agrave; vouloir &quot;se&quot; placer, &agrave; occulter ce(ux) qui pr&eacute;c&egrave;de(nt), &agrave; tenter de refaire le coup de la novation radicale, de la table rase et de la g&eacute;n&eacute;ration spontan&eacute;e, d&#8217;autant plus que ceux qui ont effectivement d&eacute;frich&eacute; le terrain informatique (Philippe Bootz en particulier) savent bien combien peu de place est ici laiss&eacute;e &agrave; l&#8217;improvisation et &agrave; l&#8217;autoproclamation. Combien d&#8217;heures et d&#8217;ann&eacute;es pass&eacute;es au clavier avant que ne s&#8217;eng&eacute;n&eacute;re un objet po&eacute;tique un tant soit peu satisfaisant<\/i>?&nbsp;&rdquo; De m&ecirc;me, quant aux exp&eacute;riences litt&eacute;raires, que dire du dossier fait par le <b><i>Magazine Litt&eacute;raire<\/i><\/b>, sur les <i>Avants-Gardes<\/i>. La plupart scandalis&eacute;s, pourtant se taisent. L&agrave; est le tort, mais l&agrave; aussi se d&eacute;cide le travail&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>Le tort s&rsquo;exprime par le silence du sentiment, la souffrance. Il r&eacute;sulte du fait que tous les univers de phrases et tous leurs encha&icirc;nements sont ou peuvent &ecirc;tre subordonn&eacute;s &agrave; la seule finalit&eacute; du capital et jug&eacute;s &agrave; partir d&rsquo;elle&nbsp;<\/i>&rdquo; (Lyotard). Ne pas attaquer frontalement, sillonner l&rsquo;histoire et en faire sa chair dans les d&eacute;rapages de la langue. T&eacute;moigner dans l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne, par diffusion, la rupture de l&rsquo;attendu &eacute;conomique. Alors que le dossier du <b><i>Magazine litt&eacute;raire<\/i><\/b>, se donne comme le r&eacute;sultat dialectique d&rsquo;une &eacute;conomie de la culture (mais peut-il pr&eacute;tendre &agrave; autre chose), ce que la litt&eacute;rature propose dans sa pratique m&ecirc;me, sans avoir recours aux formulations th&eacute;oriques, c&rsquo;est la r&eacute;sistance d&rsquo;un langage qui violente tout attendu, &agrave; savoir la r&eacute;duction de ce qui est re&ccedil;u &agrave; un jugement synth&eacute;tique.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.5px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">La g&eacute;n&eacute;alogie doit ainsi tenir contre la logique de l&rsquo;histoire et de sa dialectique (r&eacute;duction, &eacute;galisation, neutralisation selon l&rsquo;homog&eacute;n&eacute;it&eacute; du syst&egrave;me), du r&eacute;seau, et de la possible r&eacute;p&eacute;tition. J&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; de l&rsquo;appeler <i>G&eacute;n&eacute;alogie(Z)<\/i> au sens de ce plan de contrebande que l&rsquo;on voit se r&eacute;pandre plus ou moins visiblement sur l&rsquo;espace du WWW&nbsp;: les zones <i>warez<\/i>. Il serait aussi possible de la nommer par l&rsquo;expression de Jouffroy&nbsp;: <i>externet<\/i>. Elle est dans sa g&eacute;n&eacute;rativit&eacute;, propre aux exp&eacute;riences litt&eacute;raires, la guerre ouverte &agrave; la fossilisation, &agrave; la cimentation des dates. Peu importe les b&eacute;gaiements, les redites, les oublis, du moment o&ugrave; dans chacune des singularit&eacute;s &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre dans ce r&eacute;seau s&rsquo;indique le frayage d&rsquo;un idiome qui dans sa sp&eacute;cificit&eacute; t&eacute;moigne de sa pr&eacute;sence en ce monde-l&agrave;. G&eacute;n&eacute;alogie(Z) d&eacute;concertante, car emm&ecirc;l&eacute;e dans des renvois innombrables qui ne permettent pas de percevoir une carte g&eacute;n&eacute;rale, cette g&eacute;n&eacute;alogie est celle de la r&eacute;sistance &ndash; transgressive, subversive &ndash;&nbsp; de la possible contre signature par rapport &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie. Ce qui y est investi n&rsquo;est pas de l&rsquo;ordre de la valeur monnayable, de l&rsquo;&eacute;change, du gain de temps, de la volont&eacute; de hi&eacute;rarchiser, d&rsquo;&eacute;pargner, de ranger, mais de l&rsquo;affect, de la pulsion et de sa tension, de la mise en chantier, de l&rsquo;entropie propre &agrave; l&rsquo;exp&eacute;rience de la langue . Alors que l&rsquo;histoire fait plier dans sa volont&eacute; &eacute;conomique les affects, les oublie, la g&eacute;n&eacute;alogie(Z) est ici toujours pulsionnelle, et del&agrave; l&rsquo;&eacute;viction du sens, ou encore de la notion de progression.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.5px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;La question de la communaut&eacute; revient. Question de Blanchot ou encore de Nancy. Toutefois a-t-elle encore ici un sens pens&eacute;e en tant que &ldquo;&nbsp;corps&nbsp;&rdquo;&nbsp;? Penser ce r&eacute;seau ne serait-ce pas mettre en question la pertinence de la notion de &ldquo;&nbsp;commun&nbsp;&rdquo; qui lie la communaut&eacute; autour d&rsquo;un principe, d&rsquo;une possible identification&nbsp;? En quel sens l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne dans la multiplicit&eacute; de ses ramifications peut-il encore se tenir sous le concept de communaut&eacute;. Cette d&eacute;termination de la g&eacute;n&eacute;alogie(Z), qui se constitue dans des r&eacute;seaux d&rsquo;&eacute;criture, des rencontres, des intersections accidentelles, am&egrave;ne que toute s&eacute;dimentation statique qu&rsquo;on souhaiterait lui imposer soit imm&eacute;diatement rejet&eacute;e. La &ldquo;&nbsp;communaut&eacute; &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre&nbsp;&rdquo; dans la g&eacute;n&eacute;alogie(Z) n&rsquo;est autre que le d&eacute;s&oelig;uvrement de la communaut&eacute; fond&eacute;e sur grammaire de l&rsquo;&ecirc;tre analys&eacute;e au sens de Heidegger dans sa deuxi&egrave;me partie de <b><i>L&rsquo;Introduction &agrave; la m&eacute;taphysique<\/i><\/b>. La communaut&eacute; politique est pens&eacute;e par l&rsquo;occident selon la commensurabilit&eacute; de chaque individu, sur la possibilit&eacute; de leur interchangeabilit&eacute; du point de vue de la loi, sur leur congruence &agrave; l&rsquo;ensemble des &eacute;nonc&eacute;s fournis comme r&egrave;gles d&rsquo;existence. Dans les r&eacute;seaux de cette exp&eacute;rience de la litt&eacute;rature contemporaine, du fait du ph&eacute;nom&egrave;ne de dispersion, d&rsquo;impossible centration, aussi bien le &ldquo;&nbsp;je&nbsp;&rdquo; que le &ldquo;&nbsp;nous&nbsp;&rdquo; sont mis en porte-&agrave;-faux. Ce court-circuit de l&rsquo;identification des destinateurs, mais aussi des destinataires, se retrouvent de m&ecirc;me au niveau de la critique &eacute;pist&eacute;mologique qui sont issues du travail sur le web. Gregory Chatonsky insiste sur la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une telle r&eacute;forme de la repr&eacute;sentation du sujet. Chatonsky, pr&eacute;sentant sa derni&egrave;re exp&eacute;rience d&rsquo;<i>ar&rsquo;net<\/i> <b><i>Revenances<\/i><\/b> met en &eacute;vidence cet effondrement des cat&eacute;gories traditionnels de la s&eacute;dimentation du sujet. C&rsquo;est l&agrave; un trait propre aux nouvelles exp&eacute;riences de l&rsquo;&eacute;criture en relation &agrave; l&rsquo;&eacute;criture li&eacute;e &agrave; l&rsquo;informatique, comme l&rsquo;a fait appara&icirc;tre originellement des th&eacute;oriciens comme Philippe Bootz, directeur de la revue <b><i>alire<\/i><\/b>. Les nouvelles formes d&rsquo;&eacute;criture, leur concr&eacute;tion mat&eacute;rielle (notamment dans les dispositifs multim&eacute;dia qui sont cin&eacute;tiques), court-circuitent la notion d&rsquo;auteur, l&rsquo;identification, et donc toute r&eacute;ification de la jouissance fond&eacute;e sur le nom propre.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.5px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cette particularit&eacute; a &eacute;t&eacute; parfaitement aper&ccedil;ue par Anne Cauquelin dans la derni&egrave;re partie de son livre sur le lieu commun. Effectivement, elle indique de quelle mani&egrave;re, face &agrave; toute m&eacute;taphysique de la transparence du destinateur et de son signifi&eacute;, de la domination du destinataire, les nouvelles formes d&rsquo;art et de litt&eacute;rature li&eacute;es &agrave; l&rsquo;informatique mettent en critique les cat&eacute;gories traditionnelles de la repr&eacute;sentation et de l&rsquo;&oelig;uvre. En ce sens, elle explique que le tournant technologique se destinerait comme &ldquo;&nbsp;<i>un revirement qui met en cause notre culture-patrimoine-artistique&nbsp;<\/i>&rdquo; en mettant en crise les concepts fondamentaux de l&rsquo;art, de l&rsquo;artiste et du public&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un public&nbsp;? Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une &oelig;uvre reconnue&nbsp;? Que signifie exposer&nbsp;? <\/i>(&hellip;)<i> Quelle est la v&eacute;rit&eacute; d&rsquo;une &oelig;uvre&nbsp;? Ou encore l&rsquo;&ldquo; &eacute;motion esth&eacute;tique&nbsp;&rdquo; est-elle n&eacute;cessairement li&eacute;e aux sens&nbsp;?<\/i>&nbsp;&rdquo;. En insistant sur cette r&eacute;forme, et en indiquant qu&rsquo;il s&rsquo;agit l&agrave; d&rsquo;un tournant dans la repr&eacute;sentation, Anne Cauquelin montre qu&rsquo;il s&rsquo;agit en propre d&rsquo;une remise en cause des d&eacute;finitions classiques de la s&eacute;dimentation de la communaut&eacute; et de la m&eacute;moire. C&rsquo;est dans cette perspective, qu&rsquo;elle relie l&rsquo;art et la <i>doxa<\/i>. L&rsquo;art et la litt&eacute;rature n&rsquo;ouvrent plus &agrave; une repr&eacute;sentation statique o&ugrave; auteurs\/&oelig;uvres\/publics\/descendance sont identifi&eacute;es et &eacute;pargn&eacute;es par la culture, mais l&rsquo;ensemble de m&eacute;lange, se croise&nbsp;; agit&eacute; &ldquo;&nbsp;<i>de mouvements brownins, chaotique<\/i>&nbsp;&rdquo;. En d&eacute;finitive, au-del&agrave; de toute volont&eacute; d&rsquo;inscription classique du temps, de la lign&eacute;e (ce qui je crois est encore &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre dans la remarque de Prigent), elle montre que la g&eacute;n&eacute;alogie est toujours &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre dans le d&eacute;dale des rencontre et des pratiques et que c&rsquo;est l&agrave; pr&eacute;cis&eacute;ment que se tient la m&eacute;moire, et les lignes o&ugrave; se forment l&rsquo;histoire. L&rsquo;expression de Jacques Sivan s&rsquo;&eacute;claire&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>La g&eacute;n&eacute;alogie est toujours l&agrave;&nbsp;<\/i>&rdquo; et elle croise l&rsquo;acuit&eacute; de l&rsquo;expression de Philippe Castelin&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>Nous sommes nos propres chroniqueurs<\/i>&nbsp;&rdquo;.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 28.4px; text-align: justify; text-indent: 35.5px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&ldquo;&nbsp;<i>Et c&rsquo;est tout ce que nous croyons savoir de l&rsquo;art &lt;et de la litt&eacute;rature&gt;, de son histoire et de ses &oelig;uvres&nbsp;; m&eacute;moires stock&eacute;es toujours pr&ecirc;tes &agrave; resurgir, mais dans des formes d&eacute;plac&eacute;es, telles que les nouveaux dispositifs nous les pr&eacute;sentent. M&eacute;moires partag&eacute;es, car il n&rsquo;en existe pas d&rsquo;autre. Enfin, m&eacute;moire des techniques transmises, des recettes d&rsquo;&eacute;cole, des vies d&rsquo;artiste et de leurs l&eacute;gendes, brumes d&rsquo;&eacute;clats, savoirs &eacute;miett&eacute;s, d&eacute;tachables et, pour cela m&ecirc;me,&nbsp; utilisables dans d&rsquo;autres puzzle&nbsp;<\/i>&rdquo; (Anne Cauquelin).&nbsp; &nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times; min-height: 11px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times;\">&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: medium;\"><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times;\"><b><i>6<sup>&egrave;me<\/sup> lecture&nbsp;: le syntagme outrepass&eacute; (l&rsquo;hyperlitt&eacute;ralit&eacute; &amp; l&rsquo;exigence po&eacute;thique)<\/i><\/b><\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 226.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;<i>&ldquo;&nbsp;les po&egrave;tes veulent, un jour machiner la po&eacute;sie comme on a machin&eacute; le monde fournir un lyrisme neuf &agrave; ces nouveaux moyens d&rsquo;expression&nbsp;<\/i>&rdquo;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 226.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Apollinaire<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Farce de la fin du si&egrave;cle, la grande messe des signifiants. Publicit&eacute;, politique, m&eacute;dias, culture. Se gargariser &agrave; la fois de l&rsquo;&eacute;ph&eacute;m&egrave;re du mot et de sa p&eacute;rennit&eacute;. Viralit&eacute; infinie des mots, sans qu&rsquo;ils n&rsquo;aient plus de valeur. Spectacle hallucinant du langage social, tout tourne au plus court de l&rsquo;&eacute;nonciation, celle-ci n&rsquo;ayant plus d&rsquo;accroche. Mais d&eacute;j&agrave; pour nous, trajet &ldquo;&nbsp;<i>en apn&eacute;e&nbsp;<\/i>&rdquo; dans l&rsquo;ext&eacute;riorit&eacute; d&rsquo;un dedans tritur&eacute; (Pennequin), variation infinie et machinique du simulacre du &ldquo;&nbsp;Je&nbsp;&rdquo; comme entreprise de la mise en &eacute;vidence d&rsquo;un frayage de codes (Anne-James Chaton), d&eacute;racinement de la langue (Tarkos), structure de r&eacute;seau inchoatif (<i>G&eacute;n&eacute;alogie(Z)<\/i>). Mais encore pour nous la compr&eacute;hension d&rsquo;une transgression du signifiant dans sa mat&eacute;rialit&eacute; elle-m&ecirc;me. La g&eacute;n&eacute;alogie, une nouvelle fois appara&icirc;t&nbsp;: la glossolalie de Artaud&nbsp;: texture d&rsquo;une nouvelle langue. Guyotat et <b><i>le Livre<\/i><\/b>, qui plus loin que ce qu&rsquo;il tenta avec <b><i>Eden, Eden, Eden<\/i><\/b>, renvoie toute possibilit&eacute; d&rsquo;une &eacute;conomie du signifiant dans l&rsquo;&eacute;tranget&eacute; d&rsquo;un lieu de la langue qui n&rsquo;est plus situable ni op&eacute;rable pour la communication. Face &agrave; la violence de la mainmise du langage par l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat, &agrave; la r&eacute;duction de celle-ci aux seuls micro-segmentarit&eacute;s utiles pour la vie publique, la litt&eacute;rature contemporaine a travaill&eacute; a une subversion g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e de cette subversion officiel de la compr&eacute;hension de la langue. Dans cet horizon de mise en critique de la notion m&ecirc;me de <i>signifiant<\/i>, s&rsquo;esquisse la langue si &ldquo;&nbsp;<i>illisible&nbsp;<\/i>&rdquo; d&rsquo;Alain Robinet, dont Didier Moulinier a pu dire dans sa pr&eacute;face &agrave; ces <b><i>Morceaux choisis<\/i><\/b>&nbsp;: &ldquo;&nbsp;(&hellip;) <i>illisible aux yeux du commun (entendre&nbsp;: le public cultiv&eacute;). Cela dit, il est vrai que Robinet, c&rsquo;est du chinois. Il faut voir comment l&rsquo;auteur nous d&eacute;poss&egrave;de de notre ultime privil&egrave;ge, savoir notre position (trop) confortable de lecteur. L&rsquo;on s&rsquo;estime donc tromp&eacute;, non sur la marchandise (libidineuse &agrave; souhait), mais sur le proc&eacute;d&eacute;. Car l&rsquo;effet de bourage propre &agrave; ces textes &ndash; des plus phon&eacute;tiques &nbsp; aux plus m&eacute;taphoriques &ndash; consiste &agrave; brouiller les pistes de telle sorte que le lecteur ne se reconnaisse plus comme tel&nbsp;<\/i>&rdquo;, &agrave; savoir qu&rsquo;il perde toute r&eacute;f&eacute;rence coutumi&egrave;re dans son appr&eacute;hension, alors que le texte est bien l&agrave; face &agrave; lui. Langue illisible, non pas dans sa seule syntaxe, ses seules r&egrave;gles, mais dans sa carne&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>u hu huz huzi&deg;li&deg;ado dodi dill do l&deg;octo nlorm pennult xuxus suxasxes xuxtrie xsudi xuludi abr&deg;ziado dana wromb&deg;brass bat h&deg;i llangu&deg; acero brishi bransla d&deg;la loi d&deg;i&nbsp;<\/i>&rdquo;. La langue est tortur&eacute;e selon la singularit&eacute; de sa chair. Sa granulosit&eacute; ne s&rsquo;efface pas, mais dans la perte visible du signifi&eacute; pour le lecteur qui recherche la compr&eacute;hension au d&eacute;triment de la mati&egrave;re textuelle, devient ultimement visible le moment d&rsquo;&eacute;criture. P&eacute;tition de la langue contre la violence sournoise de la r&eacute;duction de la langue conventionnelle. C&rsquo;est ce qu&rsquo;Alain Robinet revendique dans son texte <b><i>RAFFAL&rsquo; LLANGU&rsquo;<\/i><\/b> interpr&eacute;t&eacute; et expliqu&eacute; librement dans la revue <b><i>Passag&egrave;re<\/i><\/b> n&deg;3 en 1985. Alors que l&rsquo;entreprise de contr&ocirc;le de la langue tente par son &eacute;conomie de rompre avec toute la part maudite qui hante l&rsquo;homme et ainsi impose une langue asceptis&eacute;e, relationnelle, l&rsquo;enjeu de Robinet se d&eacute;clare politique, d&rsquo;une politique de l&rsquo;incommensurable, a fortiori barbare pour toute &eacute;coute polic&eacute;e de la culture&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>vaincre les encha&icirc;nements h&eacute;r&eacute;ditaires&nbsp;<\/i>&rdquo; &ldquo;&nbsp;<i>&agrave;tre barbare &agrave; sa propre langue &ndash; qui n&rsquo;est pas son bien propre &ndash; gonfl&eacute;e de l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute;, du battement sexuel&nbsp;<\/i>&rdquo; &ldquo;&nbsp;<i>rejouer un meurtre contre les textes de la loi (mots de la tribu)&nbsp;<\/i>&rdquo; Ecrit-il dans son pr&eacute;ambule.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>L&rsquo;&eacute;conomie du signifiant s&rsquo;effectue en tant que mainmise g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e sur tous les types de discours qui peuvent se prononcer. Certes j&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; fait mention de la mat&eacute;rialit&eacute;, mais ici ce n&rsquo;est plus de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit. Avec Robinet se d&eacute;cide un geste politique de transgression et de saturation de l&rsquo;&eacute;conomie du signifiant qui ne renvoie pas &agrave; une exp&eacute;rience mat&eacute;rielle de la saisie mais bien plut&ocirc;t &agrave; l&rsquo;exp&eacute;rience de l&rsquo;ind&eacute;cidabilit&eacute; de toute forme de sens du texte. Cummings g&eacute;n&eacute;alogiquement tient lieu de r&eacute;f&eacute;rence pour ce travail, qui tente dans une sorte d&rsquo;hypertextualit&eacute; propre au syntagme de court-circuiter toute forme de saisie comme s&rsquo;il nous pla&ccedil;ait face &agrave; l&rsquo;ind&eacute;cidable de ce qu&rsquo;il &eacute;crit&nbsp;:<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>l (a<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>l e<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>a f<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>f a<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>l l&nbsp;<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>s)<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>one<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>l<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>iness<\/b> &nbsp; &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Ce texte qui est le premier des <b><i>95 poems<\/i><\/b> publi&eacute;s en 1958, t&eacute;moigne de l&rsquo;impossibilit&eacute; de saisir lin&eacute;airement un sens. C&rsquo;est ce que Jean Lancri a mis en &eacute;vidence commentant ce po&egrave;me dans la revue <b><i>po&eacute;sie 2000<\/i><\/b> n&deg;84. Il insiste sur le labyrinthe qui se constitue lorsque nous faisons l&rsquo;&eacute;preuve de ce texte de Cummings. Loin de vouloir expliquer &ndash; tordre et faire plier le texte en le neutralisant dans une identit&eacute; &ndash; tel qu&rsquo;il l&rsquo;indique dans son titre il donne &agrave; lire un &ldquo;&nbsp;<i>petit guide &agrave; l&rsquo;usage des gens perplexes, pour les &eacute;garer davantage<\/i>&nbsp;&rdquo;. L&rsquo;expression de Lancri me para&icirc;t int&eacute;ressante, car elle pose la question de la radicalit&eacute; de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne du texte, et de l&agrave; l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; inh&eacute;rente et insuturable de cette &eacute;criture par le lecteur\/commentateur. Les textes de Cummings transgressent toute possible neutralisation, ouvre &agrave; l&rsquo;&eacute;thique de la lecture, interdisant l&rsquo;&eacute;conomie du sens. &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>r-p-o-p-h-e-s-s-a-g-r<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>&nbsp;&nbsp; who<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>a)s w(e loo)k<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>upnowgath<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>&nbsp; PPEGORHRASS<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; eringint(o-<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>aThe):l<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>&nbsp;eA<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>&nbsp;&nbsp; &nbsp; !p:<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>S &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; a<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>&nbsp;(r<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>rIvInG .gRrEaPsPhOs)<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>&nbsp; &nbsp; to<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>rea(be)rran(com)gi(e)ngly<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 219.8px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>,grasshopper;<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times; min-height: 11px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Loin de n&rsquo;&ecirc;tre que dans un parti pris esth&eacute;tique ou formaliste, Cummings exprime la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une lutte&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>To be nobody-but-yourself &ndash; in a world which is doing its best night and day, to make you everybody else &ndash; means to fight the hardest battle which any human being can fight; and never stop fighting<\/i>.&nbsp;&rdquo;. Cette lutte se produit au sein du dispositif qui vient saturer l&rsquo;unit&eacute; syntagmatique du mot. Ce dernier est &eacute;ventr&eacute;, comme si on produisait en lui-m&ecirc;me un effet d&rsquo;hypertextualit&eacute;. Le mot n&rsquo;a plus d&rsquo;unit&eacute; propre (le signifiant se mat&eacute;rialise dans le trajet diachronique d&rsquo;un lecteur), mais il exige des retours, des reprises, sans que jamais sa mat&eacute;rialit&eacute; puisse laisser la possibilit&eacute; d&rsquo;une exhausitivit&eacute; de ses mutations possibles. &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cette violation semble avoir &eacute;t&eacute; parfaitement comprise en tant que n&eacute;cessit&eacute; par Eric Sadin, le directeur de la revue <b><i>Ec\/artS<\/i><\/b>, revue qui reprend et poursuit la question du rapport entre litt&eacute;rature\/po&eacute;sie et informatique, dans le sillage des travaux de Philippe Bootz et de la revue <b><i>alire<\/i><\/b>. Ainsi, peut-il expliquer lors d&rsquo;un interview pour <b><i>arch&eacute;e<\/i><\/b>, une revue canadienne qu&rsquo;il faut&nbsp; &ldquo; <i>mettre la langue elle-m&ecirc;me, certains de ses usages suppos&eacute;s enregistr&eacute;s, sous r&eacute;gimes hypertextuels &#8211; radicalement distincts. La question majeure est celle de la structuration des formes en rapport avec la configuration singuli&egrave;re de l&rsquo;instrument ou du&nbsp; syst&egrave;me utilis&eacute;<\/i>&nbsp;&rdquo;. Philippe Bootz r&eacute;fl&eacute;chissant aux nouvelles formes d&rsquo;apparition li&eacute;es &agrave; la po&eacute;sie, insistant en &eacute;cho de P&eacute;tchataz et de son <i>pi&egrave;ge &agrave; lecteur<\/i>, explicite en quel sens non seulement est repos&eacute;e la question du rapport destinateur\/destinataire, mais aussi et surtout pour quelles raisons, ce travail li&eacute; aux nouvelles technologies ne s&rsquo;enferme pas dans un pur formalisme, ou dans une r&eacute;ification classique de la po&eacute;sie, mais v&eacute;hicule en lui les perspectives d&rsquo;une reconsid&eacute;ration de la culture&nbsp;li&eacute;e &ndash; et tel est &agrave; mon sens le rapport essentiel &agrave; notre travail hyperlitt&eacute;ral &ndash; &agrave; une esth&eacute;tique de la frustration&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>il s&rsquo;agit <\/i>(&hellip;) <i>de la mise &agrave; mal de la lecture &ldquo;&nbsp;informative&nbsp;&rdquo; courante pr&ocirc;n&eacute;e dans notre soci&eacute;t&eacute; de l&rsquo;information. Il appara&icirc;tra d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;alire constitue globalement un regard tr&egrave;s critique sur l&rsquo;id&eacute;ologie de la soci&eacute;t&eacute; de l&rsquo;information et de la communication, regard exprim&eacute; par un fonctionnement ironique des leurres et manipulations sous-jacentes, et non &agrave; travers un discours. La litt&eacute;rature publi&eacute;e dans alire joue sur la forme, c&rsquo;est en cela qu&rsquo;elle est po&eacute;sie, non sur le contenu&nbsp;<\/i>&rdquo;.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans cet horizon de travail sur l&rsquo;hypertextualit&eacute; pens&eacute;e en tant que violation du syntagme, s&rsquo;est d&eacute;velopp&eacute; <b><i>Po&eacute;sie Express<\/i><\/b>, et un r&eacute;seau de travail articul&eacute; autour&nbsp; des exp&eacute;riences de Sylvain Courtoux, J&eacute;r&ocirc;me Bertin et de moi-m&ecirc;me. Le travail qui a &eacute;t&eacute; entrepris au cours de la confrontation de nos travaux et de nos recherches a pris le nom d&rsquo;<i>hyperlitt&eacute;ralit&eacute;<\/i>. L&rsquo;hyperlitt&eacute;ralit&eacute; est une forme d&rsquo;hypertextualit&eacute; institu&eacute;e &agrave; la fois dans la structure globale d&rsquo;un texte, dans la page, dans la phrase, mais surtout dans les syntagmes, qui d&egrave;s lors ne peuvent plus qu&rsquo;exploser. L&rsquo;un des enjeux, &agrave; la suite de Cummings et de Guyotat, est de radicaliser la transgression du syntagme, le parasitage, le d&eacute;rapage, la subversion, pour que le texte s&rsquo;incarne comme machine de guerre, pointe incisive qui ne laisse aucunement le loisir du repos. Texte = mati&egrave;re r&eacute;sistante. Cette d&eacute;formation &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me du langage est intrins&egrave;quement li&eacute;e &agrave; la question politique du langage et &agrave; la confrontation &agrave; l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; d&rsquo;autrui. En ce sens, nous rejoignons et reprenons la question de la corpor&eacute;it&eacute; et de l&rsquo;abject, de la part maudite. Non pas dans la volont&eacute; de la neutraliser, de l&rsquo;&eacute;pargner ou d&rsquo;en t&eacute;moigner seulement, mais dans la spontan&eacute;it&eacute; de sa pr&eacute;sence qui n&rsquo;est autre que celle sa pr&eacute;sence faite mati&egrave;re. Les th&egrave;mes qui sont d&eacute;velopp&eacute;s dans les textes sont ceux du viol, de la s&eacute;questration, de la torture, du corps sous psychotrope, de la f&eacute;calit&eacute;, etc&hellip; Chaque pens&eacute;e s&rsquo;incarnant alors dans un travail de destruction\/construction de la langue, n&rsquo;excluant aucun processus formel, ou encore aucune r&eacute;f&eacute;rence a priori. C&rsquo;est en ce sens que je mentionnais pr&eacute;c&eacute;demment <b><i>Action Writing<\/i><\/b> de Courtoux&nbsp;:&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 198.4px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">hors des mots s&rsquo;ex citer s&rsquo;<i>ex<\/i>tirper <i>dis<\/i>loquer couche &eacute;pa(i)sse de projections moles on ira chercher dans le sang ce qui est une simple question d&rsquo;montag&rsquo; &ldquo;&nbsp;<i>l&rsquo;&eacute;criture inces(t) sante de la negatio n de l&rsquo;&eacute;-cri-tu(r)e&nbsp;<\/i>&rdquo;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Mise en question de la langue, mise en question de la communication, mise en question de la communaut&eacute;. L&rsquo;exp&eacute;rience sur l&rsquo;&eacute;criture en acte de la part de Courtoux est la mise en question des crit&egrave;res de communicabilit&eacute; &agrave; partir de la langue elle-m&ecirc;me. Dans <b><i>Tol&eacute;rance Z&eacute;ro<\/i><\/b>, il montrait la figure totalitaire du rapport &agrave; l&rsquo;autre en faisant varier infiniment la violence inflig&eacute;e au corps. Dans la suite des <b><i>Action Writing<\/i><\/b>, il poursuit sa mise en critique de la d&eacute;finition politique du rapport &agrave; l&rsquo;autre en accomplissant la fusion du corps et de la langue, et en montrant l&rsquo;impossibilit&eacute; radicale de s&rsquo;en tenir aux signifiants tels qu&rsquo;ils sont pos&eacute;s dans leur univocit&eacute;. Bertin similairement accomplit cette d&eacute;fenestration du signifiant. Ce qui est vis&eacute;, c&rsquo;est la n&eacute;cessit&eacute; pour le lecteur d&rsquo;entrer ou de fuir, de faire l&rsquo;exp&eacute;rience ou d&rsquo;affronter sa l&acirc;chet&eacute;. L&rsquo;hyperlitt&eacute;ralit&eacute; &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre si elle est l&rsquo;impossible saisie a priori d&rsquo;un signifiant, se d&eacute;finit surtout par l&rsquo;op&eacute;ration du labyrinthe des r&eacute;f&eacute;rentiels signifiants possibles pour la lecture. L&rsquo;interf&eacute;rence des directions en est en ce sens l&rsquo;axe principal. Selon cette n&eacute;cessit&eacute; les textes de Bertin vont plus loin que ceux de Courtoux, il &eacute;vacue dans ces textes extr&ecirc;mes <b><i>ABCD&rsquo;N<\/i><\/b> ou encore <b><i>XXL<\/i><\/b>, toute approche et accroche spontan&eacute;e d&rsquo;une langue. Il exige du lecteur un mouvement incessant dans sa lecture, de tracer ces propres lignes d&rsquo;erre, d&rsquo;erreur, d&rsquo;errance. &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 141.8px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times; min-height: 11px;\"><span style=\"font-size: medium;\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 163.1px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">ni H(re)il&nbsp; l&rsquo;M(&amp;)&rsquo;antE&nbsp; le j our\/ail l&rsquo;(h) &lsquo;ur&rsquo; l e\/a ntE M()i mEr r 2 mi <b>S <\/b>dou&rsquo;(n O)blE&rsquo; <b>M<\/b> A t(R) mEtre les tr\/m Etre s ans M ni re mor d&rsquo;re FIN(e) Z&nbsp; m anu re\/lE l&rsquo;a de m(<i>a<\/i>)in E te(i)ndre le feu\/igE &nbsp; en &nbsp; rou &nbsp; J a&reg;m E<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times; min-height: 11px;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Descendance visible de Cummings dans la poursuite de ce &ldquo;&nbsp;<i>fight<\/i>&nbsp;&rdquo; qu&rsquo;il pose comme n&eacute;cessaire. L&rsquo;hyperlitt&eacute;ralit&eacute; exige pour le lecteur l&rsquo;exp&eacute;rience de la naissance de sa propre langue dans la confrontation &agrave; l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; qu&rsquo;il a face &agrave; lui mais aussi en lui. Le texte n&rsquo;est pas statique sur la feuille, il est du fait de la ramification des sens de lecture, dynamique, ouvert, parfaite violation de la d&eacute;finition du texte comme totalit&eacute; achev&eacute;e. L&rsquo;inach&egrave;vement n&rsquo;est plus dans l&rsquo;intention (discours ampoul&eacute;s de tous les poncifs culturels) mais dans la mat&eacute;rialit&eacute;, dans l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; de sa pr&eacute;sence sur la surface de la feuille.&nbsp; Le familier et l&rsquo;infamilier se lient. Derri&egrave;re l&rsquo;apparente &eacute;tranget&eacute;, le lecteur retrouve par la f(R)iction du langage qu&rsquo;il accomplit la possibilit&eacute; de l&rsquo;articulation et du sens. Cette violence faite &agrave; l&rsquo;univocit&eacute; syntagmatique de l&rsquo;&eacute;locution appelle une &eacute;thique de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne. L&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne dans ces exp&eacute;riences hyperlitt&eacute;rales est la mati&egrave;re m&ecirc;me de l&rsquo;&eacute;criture, tout aussi bien au niveau formel qu&rsquo;au niveau des unit&eacute;s linguistiques celle-ci pouvant se d&eacute;multiplier comme les textes de Cummings, de Courtoux ou de Bertin en font l&rsquo;exp&eacute;rience. Alors que le r&eacute;gime &eacute;conomique de la langue est la transparence, la visibilit&eacute;, l&rsquo;univocit&eacute; du sens et la volont&eacute; de rapidit&eacute; (logique du <i>temps r&eacute;el<\/i>), l&rsquo;&eacute;criture hyperlitt&eacute;rale ouvre &agrave; une r&eacute;sistance, &agrave; une opacit&eacute; et &agrave; une dur&eacute;e. Contre toute neutralisation, sa texture renvoie &agrave; la densit&eacute; inchoative d&rsquo;un b&eacute;gaiement de la langue, &agrave; savoir &agrave; une position herm&eacute;neutique de l&rsquo;&eacute;coute de la langue. Il n&rsquo;y a plus postulation de la compr&eacute;hension, est exig&eacute;e l&rsquo;&eacute;preuve de celle-ci. Alors que l&rsquo;&eacute;conomie t&eacute;moigne de la neutralisation de l&rsquo;&eacute;thique, en revendiquant une m&eacute;canique relationnelle, et un automatisme de la compr&eacute;hension, la violence de cette exp&eacute;rience en rompant par son idiome propre toute r&eacute;ification d&rsquo;une &eacute;conomie officielle du sens, se transforme en une &eacute;thique = une <i>po&eacute;thique<\/i>. En insistant sur la question du politique (effectivement tous nos textes tournent et retournent la question de la domination, de la soumission, de la jouissance, de la douleur) &agrave; travers ce dispositif d&rsquo;&eacute;criture li&eacute; &agrave; l&rsquo;ordinateur, ces exp&eacute;riences impliquent une radicalit&eacute; &eacute;thique de la posture herm&eacute;neutique, non plus seulement du texte mais de soi. Car l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne de la r&eacute;ception est compris dans l&rsquo;&eacute;criture du texte, toutes les ramifications syntagmatiques ne pouvant pas &ecirc;tre aper&ccedil;ues par tous les lecteurs (ce qui reste conserv&eacute; encore dans les mat&eacute;rialit&eacute;s pr&eacute;sent&eacute;es dans les lignes de lecture pr&eacute;c&eacute;dentes). Ainsi, c&rsquo;est par la violence faite au principe de la satisfaction corr&eacute;latif dans la litt&eacute;rature de la logique du sens et de la compr&eacute;hension d&eacute;finitive et totalitaire que semble s&rsquo;ouvrir la possibilit&eacute; de la question &eacute;thique du rapport &agrave; l&rsquo;autre. Ce travail hyperlitt&eacute;ral, dans son geste politique, accomplit d&eacute;s lors la reprise de la question &eacute;thique, et met en &eacute;vidence non pas une th&egrave;se (une position) mais un ensemble de questions qui concerne les concepts classiques de l&rsquo;&eacute;conomie, de la politique, de l&rsquo;art. Il repose la question m&ecirc;me de la localisation du sens dans son rapport au signifiant. La violence de la litt&eacute;rature ne tient pas de l&rsquo;effacement, mais de la possibilit&eacute; de renouer avec l&rsquo;&eacute;tonnement, avec la question. La n&eacute;gation du r&eacute;el h&eacute;rit&eacute; de la structuration &eacute;conomique de l&rsquo;occident, tient au repositionnement de l&rsquo;interrogation de ce qui forme le r&eacute;el pour le singulier en son h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; et en quel sens peut-il y avoir un partage de l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; de ce r&eacute;el dans des relations intersubjectives en-dehors de toute r&eacute;duction objectiviste et homog&eacute;n&eacute;isante. &nbsp; &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\">La violence de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne serait-elle par cons&eacute;quent l&rsquo;ouverture &agrave; l&rsquo;&eacute;thique&nbsp;? L&rsquo;homog&eacute;n&eacute;isation &eacute;conomique n&rsquo;appara&icirc;trait-elle pas de fait comme revers de cette possibilit&eacute;&nbsp;: le totalitarisme achev&eacute;&nbsp;?&nbsp; &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times; min-height: 11px;\"><span style=\"font-size: medium;\">&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 10px; font-family: Times;\">&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: medium;\"><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 10px; font-family: Times;\"><b><i>Ouverture&nbsp;: Po&eacute;thique de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne<\/i><\/b><\/p>\n<p><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-size: 9px; font-family: Times;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space: pre;\">\t<\/span>Face &agrave; la violence de l&rsquo;entreprise d&rsquo;homog&eacute;n&eacute;isation des diff&eacute;rences, de neutralisation de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne, et en cons&eacute;quence de l&rsquo;instauration de l&rsquo;indiff&eacute;rence face &agrave; l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; par le diff&eacute;rend, est apparu que litt&eacute;rature &amp; po&eacute;sie contemporaine ont d&eacute;velopp&eacute; en pratique une contre-violence. Cette contre-violence, <i>&agrave; contrario<\/i> de n&rsquo;&ecirc;tre que le spasme r&eacute;actif provoqu&eacute; par la culture, s&rsquo;ouvre et tel a &eacute;t&eacute; ma lecture <i>in fine<\/i>, en tant que langage\/action po&eacute;thique. C&rsquo;est en ce sens que j&rsquo;ai termin&eacute; sur la ligne d&rsquo;&eacute;criture du groupe <b><i>Po&eacute;sie Express<\/i><\/b>, pour qui cette n&eacute;cessit&eacute; de poser le politique comme noyau de l&rsquo;&eacute;criture et de la violence de la langue, repr&eacute;sente l&rsquo;urgence de l&rsquo;exp&eacute;rience de la litt&eacute;rature. Adorno et Horkheimer insistaient dans la partie <i>La production de biens culturels<\/i> de <b><i>La dialectique de la Raison<\/i><\/b>, sur la violence propre &agrave; l&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie &eacute;conomique du monde capitaliste. Ce qu&rsquo;ils soulignaient c&rsquo;&eacute;tait la passivit&eacute; provoqu&eacute;e chez le spectateur, &agrave; savoir la neutralisation de la possibilit&eacute; critique, et del&agrave; l&rsquo;impossibilit&eacute; pour celui-ci &agrave; se constituer un jugement &agrave; partir de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; de sa singularit&eacute;&nbsp;: &ldquo;&nbsp;<i>Le monde entier est contraint de passer dans le filtre de l&rsquo;industrie culturelle. (&hellip;) Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;imagination et la spontan&eacute;it&eacute; atrophi&eacute;e des consommateurs de cette culture n&rsquo;ont plus besoin d&rsquo;&ecirc;tre ramen&eacute;es d&rsquo;abord &agrave; des m&eacute;canismes psychologiques. Les produits eux-m&ecirc;mes<\/i> (&hellip;) <i>sont objectivement constitu&eacute;s de telle sorte qu&rsquo;ils paralysent tous ces m&eacute;canismes<\/i>.&nbsp;&rdquo; Les deux penseurs de la dialectique n&eacute;gative mettent en &eacute;vidence que l&rsquo;homog&eacute;n&eacute;isation est la neutralisation de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne, &agrave; savoir d&rsquo;une production qui n&rsquo;est pas asservie aux normes de production et de repr&eacute;sentation culturelle. Toute forme de langage, d&rsquo;&eacute;crits, semble &agrave; leurs yeux astreints &agrave; v&eacute;hiculer les lois &eacute;conomiques de la Culture. &ldquo;&nbsp;<i>Il n&rsquo;est plus possible de d&eacute;celer dans les mots toute la violence qu&rsquo;ils subissent&nbsp;<\/i>&rdquo;. Face &agrave; ce constat, les lignes de lecture que j&rsquo;ai suivi me paraisse indiquer, que les nouvelles formes d&rsquo;&eacute;criture de la po&eacute;sie et de la litt&eacute;rature, brisent cet enfermement. Aussi bien le travail de l&rsquo;&oelig;uvre que la r&eacute;ception d&eacute;rogent au totalitarisme. C&rsquo;est ce que j&rsquo;ai indiqu&eacute; en faisant appara&icirc;tre la dimension <i>po&eacute;thique<\/i> du texte, &agrave; savoir la n&eacute;cessit&eacute; de se poser pour le <i>re-cept-acteur<\/i> d&rsquo;endurer l&rsquo;alt&eacute;rit&eacute; comme une &eacute;thique o&ugrave; il est mis lui-m&ecirc;me en cause en tant qu&rsquo;identit&eacute; sociale et &eacute;conomique. La violence de la litt&eacute;rature est celle de cette <i>po&eacute;thique de l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne<\/i>, qui vient harceler au-dedans de la culture, dans ses plis, ses zones d&rsquo;ombre ou d&rsquo;ind&eacute;termination, ses dispositifs de neutralisation du singulier. Cette violence ne revendique pas un d&eacute;passement, une sortie, une transcendance (ce qui appartient &agrave; une forme d&rsquo;intentionnalit&eacute; qui permet le contr&ocirc;le de la culture et la ma&icirc;trise de la jouissance), mais l&rsquo;irritation, l&rsquo;endurance de l&rsquo;homog&eacute;n&eacute;isation elle-m&ecirc;me, mais non plus selon les r&egrave;gles de sa repr&eacute;sentation (le faux-semblant, le simulacre) mais dans la pleine pr&eacute;sence de son entreprise de domination. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;en d&eacute;finitive, elle se fait castration explicite de toute r&eacute;ification de la jouissance&nbsp;; elle formule, dans cet exc&egrave;s qui brise la possible identit&eacute; du sujet dans l&rsquo;affect, la castration impens&eacute;e de l&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie &eacute;conomique.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/span><\/p>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; (notes singuli&egrave;res sur un cas de diff&eacute;rend) &nbsp; Hypoth&egrave;se de lecture 1&nbsp;: le signifiant &ldquo;&nbsp;violence&nbsp;&rdquo; tire son sens actuel de la sph&egrave;re m&eacute;diatique ou encore des mythes qui irriguent l&rsquo;imaginaire politique et populaire. Violence des banlieues, violence &eacute;conomique, violence politique, violence morale, etc&#8230; La violence, signifiant qui renvoie &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me, &agrave; l&rsquo;exc&egrave;s, qui stigmatise [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[124,127,126,92,123,125,128],"class_list":["post-656","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized","tag-anne-james-chaton","tag-heidsieck","tag-lyotard","tag-pennequin","tag-philosophoire","tag-prigent","tag-ready-made"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/656","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=656"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/656\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":657,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/656\/revisions\/657"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=656"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=656"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=656"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}