{"id":542,"date":"2014-12-27T08:46:12","date_gmt":"2014-12-27T07:46:12","guid":{"rendered":"http:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=542"},"modified":"2014-12-27T08:46:12","modified_gmt":"2014-12-27T07:46:12","slug":"psycho-somato-pathologie-d%e2%80%99une-economie-esthetique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=542","title":{"rendered":"Psycho-somato-pathologie d\u00e2\u20ac\u2122une \u00c3\u00a9conomie esth\u00c3\u00a9tique"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<span style=\"font-family: Times; text-align: justify; \">&laquo;&nbsp;<\/span><i style=\"font-family: Times; text-align: justify; \">Un jour on saura peut-&ecirc;tre qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;art, mais seulement de la m&eacute;decine&nbsp;<\/i><span style=\"font-family: Times; text-align: justify; \">&raquo;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 191.4px; text-align: justify; font-family: Times; \">Le Cl&eacute;zio,<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><b><i>L&rsquo;&laquo;&nbsp;art&nbsp;&raquo; une monnaie sans empreinte.<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Le concept d&rsquo;art semble &ecirc;tre devenu un concept de d&eacute;marcation, concept bourgeois de la valeur et de la reconnaissance. L&rsquo;art est une cat&eacute;gorie bourgeoise qui se donne dans des institutions qui sont l&agrave; pour garantir la p&eacute;rennit&eacute; de cette distinction bourgeoise. Il y a de l&rsquo;art partout, d&egrave;s les initiations au cours &eacute;l&eacute;mentaire, jusqu&rsquo;aux arts plastiques aux lyc&eacute;es, et aux multiples &eacute;coles d&rsquo;art qui fleurissent en r&eacute;gion sous le nom de Beaux-Arts. L&rsquo;art est vendu sur chaque cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision, chaque station de radios, tant et si bien, que toute production pourrait pr&eacute;tendre sans grande difficult&eacute; &agrave; &ecirc;tre de l&rsquo;art, &eacute;tiquet&eacute; et labellis&eacute; &laquo;&nbsp;art&nbsp;&raquo;, comme s&rsquo;il ne s&rsquo;agissait plus que d&rsquo;un alibi .&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Cette neutralisation de l&rsquo;art est due au fait d&rsquo;une absorption et d&rsquo;une neutralisation dialectique par le concept de culture. L&rsquo;art n&rsquo;est plus ce que pouvait encore y entendre Heidegger, ni encore ce qui appara&icirc;trait comme seulement technique. L&rsquo;art est devenu synonyme de culture, de ce qui se cultive, de celui qui cultive, permet d&rsquo;&ecirc;tre ou de para&icirc;tre cultiv&eacute;. L&rsquo;art ne semble avoir de substance que par la communication qui fonde la culture. Les mots en sont la v&eacute;ritable mati&egrave;re, et la culture le sanctuaire ou la serre. Les mots, qu&rsquo;ils soient ceux du critique, ceux du journaliste, du spectateur &agrave; qui on a dit qu&rsquo;il y avait l&agrave; de l&rsquo;art, et qui alors voit de l&rsquo;art, voire m&ecirc;me des artistes, sont le lieu m&ecirc;me de sa r&eacute;v&eacute;lation.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">L&rsquo;art est partout, Ben l&rsquo;avait dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;<i>tout est art&nbsp;<\/i>&raquo;, mais l&rsquo;art non pas en tant que vie, ce que d&eacute;sirait y voir Fluxus, mais en tant que valeur d&rsquo;&eacute;change, de reconnaissance, principe de distinction, de subjectivation. Valeur, ne renvoyant qu&rsquo;&agrave; la repr&eacute;sentation, la possibilit&eacute; de comparaison arithm&eacute;tique en tant que valeur, valeur o&ugrave; la chose, ce qui se donne dans une exp&eacute;rience originale et singuli&egrave;re, est morte, annihil&eacute;e dans la logique d&rsquo;une &eacute;galisation par nivellement au plus petit d&eacute;nominateur commun . De plus en plus, l&agrave;, o&ugrave; <i>on<\/i> parle d&rsquo;art, ne se succ&egrave;dent plus que des projections de symboles qui viennent voiler ce qu&rsquo;il y aurait &agrave; voir, &eacute;couter ou toucher.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Les majors, distributeurs de valeurs pour consommation de masse, ne s&rsquo;y sont pas tromp&eacute;s, selon une telle logique de projection des cat&eacute;gories, rien de plus facile de substituer les choses ou les &ecirc;tres. Les artistes devenant interchangeables, leur appara&icirc;tre n&rsquo;&eacute;tant plus qu&rsquo;en relation &agrave; la volont&eacute; de remplacement et de circulation de la valeur par les pouvoirs h&eacute;g&eacute;moniques qui contr&ocirc;lent et garantissent son cours.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">&laquo;&nbsp;Art&nbsp;&raquo;&nbsp;: non seulement c&rsquo;est un concept qui appara&icirc;t dans une diversit&eacute; de sites culturels, mais en plus c&rsquo;est un concept flou dans son emploi. Un concept que l&rsquo;on pourrait facilement dire porteur, accordant de l&rsquo;importance &agrave; ce &agrave; quoi il est attribu&eacute;. C&rsquo;est un qualitatif de connivence. Qui permet de parler avec aisance d&rsquo;artistes, que cela soit des chanteurs, des graines de star, des peintres du dimanche, des passionn&eacute;s de marionnettes, de n&rsquo;importe quel cr&eacute;ateur trafiquant un peu de mati&egrave;re, etc&hellip; Qualificatif qui permet de d&eacute;terminer une identit&eacute;, une &eacute;galit&eacute; entre tous. Anne Cauquelin aurait en effet raison de dire dans <b><i>L&rsquo;art du lieu commun<\/i><\/b>, alors que la doxa est partie li&eacute;e &agrave; la notion d&rsquo;art, au sens o&ugrave; sa logique d&rsquo;inconstance, de variation, serait tout &agrave; fait adapt&eacute;e au r&eacute;gime de variation de la valeur et de sa reproduction en diff&eacute;rence.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">L&rsquo;hyst&eacute;rie ou la rage d&rsquo;employer ce concept en a d&eacute;truit le sens, en a &eacute;mouss&eacute; la force. Si Deleuze a raison de dire que dans un concept, il y a du perceptif, alors ce concept d&rsquo;&nbsp;&laquo;&nbsp;art&nbsp;&raquo; ne permet plus rien de percevoir. Ce concept est brouill&eacute;, &laquo;&nbsp;art&nbsp;&raquo;, comme l&rsquo;artisan, &laquo;&nbsp;art&nbsp;&raquo; comme le brillant, le clinquant, comme ce qui ne sait m&ecirc;me plus pourquoi on l&rsquo;appelle &laquo;&nbsp;art&nbsp;&raquo;. Le concept, selon Deleuze et Guattari, devrait permettre de saisir des intensit&eacute;s de ce qui a lieu, au c&oelig;ur du sensible, et en ce sens accueillir en lui des percepts, donner acc&egrave;s au monde. Or, si un concept comme celui d&rsquo; &laquo;&nbsp;art&nbsp;&raquo;, n&rsquo;est plus que la vague &eacute;tiquette, irr&eacute;fl&eacute;chie, d&rsquo;identit&eacute;s plaqu&eacute;es, le concept d&rsquo; &laquo;&nbsp;art&nbsp;&raquo; ne renvoie plus &agrave; rien, n&rsquo;indique rien. B&acirc;tard et sans intensit&eacute; propre, il serait seulement l&rsquo;instrument de logiques de repr&eacute;sentations en vue de fins qui ne lui sont plus propres.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Ce qui se cache en contre-bande de cela n&rsquo;est autre alors que la logique de production qui&nbsp; est &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre au coeur de la subjectivation bourgeoise, comme l&rsquo;avait montr&eacute; il y a d&eacute;j&agrave; longtemps Marx.. Production de valeurs. De valeurs qui pour appara&icirc;tre dans le champ de la culture doivent neutraliser tout ce qui serait consid&eacute;r&eacute; comme &eacute;tranger aux r&egrave;gles qui d&eacute;terminent la structuration l&eacute;gale de la culture. De sorte qu&rsquo;au &laquo;&nbsp;<i>nom des consommateurs, les responsables &eacute;liminent de la culture ce qui en elle d&eacute;passe l&rsquo;immanence totale existante et ne laisse subsister que ce qui y remplit une fonction univoque<\/i>.&nbsp;&raquo; (Theodor W. Adorno, <b><i>Prismes<\/i><\/b>). La fonction univoque dont parle Adorno ici, est celle de la reproduction\/duplication de la production du bien appel&eacute; <i>culturel<\/i>, selon la n&eacute;cessit&eacute; de la reproduction du capital de cette production. La culture ne serait plus que ce qui trouve son identit&eacute; symbolique dans la circularit&eacute; ou la tautologie de l&rsquo;&eacute;conomie se reproduisant par des m&eacute;diations sp&eacute;cifiques, tel que l&rsquo;art ici. C&rsquo;est pourquoi, si consciemment, l&rsquo;on croit que l&rsquo;on parle d&rsquo;art, si on manipule cette r&eacute;f&eacute;rence afin de se distinguer et donc pour poss&eacute;der un crit&egrave;re de d&eacute;termination de classe sociale (Bourdieu), cependant c&rsquo;est au niveau de l&rsquo;inconscient socio-&eacute;conomique que se structure la finalit&eacute; de la production de la culture, tout ramener&nbsp; &agrave; elle-m&ecirc;me. &laquo;&nbsp;<i>C&rsquo;est pourquoi, la culture des consommateurs peut se vanter de ne pas &ecirc;tre un luxe, mais un simple prolongement de la production<\/i>&nbsp;&raquo; (Adorno, <b><i>idem<\/i><\/b>).&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Nietzsche a raison de dire dans <b><i>Le livre du philosophe<\/i><\/b>, que les concepts sont devenus en occident <i>&laquo;&nbsp;des pi&egrave;ces de monnaie qui ont perdu leur empreinte et qui entrent d&egrave;s lors en consid&eacute;ration, non plus comme pi&egrave;ces de monnaie, mais comme m&eacute;tal&nbsp;&raquo;<\/i>. Il n&rsquo;y a plus que le m&eacute;tal et plus l&rsquo;empreinte, le touch&eacute; qui a imprim&eacute; le m&eacute;tal. Le m&eacute;tal n&rsquo;est plus que la valeur d&rsquo;&eacute;change. On ach&egrave;te, ou vend de l&rsquo;art comme une pure information, un pur &eacute;nonc&eacute; vis-&agrave;-vis duquel ce qui a eu lieu n&rsquo;est rien, est ce qui est vid&eacute; de sa singularit&eacute; pour &ecirc;tre neutralis&eacute; en vue d&rsquo;une &eacute;galit&eacute; de droit au niveau de sa diffusion, en vue &laquo;&nbsp;<i>d&rsquo;une identification du non identique&nbsp;<\/i>&raquo;.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><b><i>Oui &agrave; la vie&nbsp;:<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Mais, est-ce que parce que l&rsquo;art n&rsquo;est plus que tenu institutionnellement dans le carcan de la spectacularisation de la production en tant que n&eacute;cessaire m&eacute;diation en vue de la duplication de cette derni&egrave;re, il faut pour autant abandonner la possibilit&eacute; de parler de la cr&eacute;ation, de la man&oelig;uvre qui &oelig;uvre et ne se soucie non pas du m&eacute;tal seulement, mais de l&rsquo;empreinte imprim&eacute;e sur le m&eacute;tal&nbsp;? Est-ce que parce que l&rsquo;art a &eacute;t&eacute; d&eacute;valoris&eacute; par la <i>surinflation<\/i> des productions qui revendiquent son cr&eacute;dit ou son alibi, il faudrait perdre la possibilit&eacute; de r&eacute;fl&eacute;chir ce &agrave; quoi il pourrait se rattacher, au niveau de la question de la cr&eacute;ation&nbsp;?&nbsp; &nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Non, car ce serait l&agrave;, une d&eacute;mission face &agrave; tous les acad&eacute;mismes qui revendiquent la notion d&rsquo;art. Toutefois, r&eacute;fl&eacute;chir alors sur l&rsquo;art exige de changer de crit&egrave;re, d&rsquo;en interroger l&rsquo;existence, de comprendre en quel sens il pourrait se d&eacute;finir autrement que dans le cercle tautologique du mouvement de production de valeurs. Il y a d&eacute;j&agrave; longtemps que ce crit&egrave;re existe, et il n&rsquo;est aucunement r&eacute;ductible &agrave; la question du nouveau, de l&rsquo;invention, de l&rsquo;inventeur, de l&rsquo;innovation. Tout cela &eacute;tant bien &eacute;videmment des attributs qui sont totalement produits par la production &eacute;conomique elle-m&ecirc;me, en vue de maintenir voire attiser les d&eacute;sirs de consommateurs avides de nouveaut&eacute;s et d&rsquo;exclusivit&eacute;s, des arts-bibelots, des arts-gadgets, de ce qui saura toujours leur accorder un crit&egrave;re de distinction. Il ne se donne pas non plus &agrave; travers une conception de m&eacute;diation pour un universel qui se donnerait en v&eacute;rit&eacute; dans son savoir au niveau du concept et de l&rsquo;Esprit. Oui, cela fait longtemps qu&rsquo;un crit&egrave;re semble exister, mais, en ce temps et ce lieu o&ugrave; la logique de production g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e ne revendique que sa duplication, il appara&icirc;t voil&eacute;, bien que parfois il r&eacute;apparaisse, et vienne t&eacute;moigner dans le discours de certains man&oelig;uvres&nbsp;: la vie.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Lorsque je dis que la vie serait un crit&egrave;re pour parler de l&rsquo;art, je parle bien &eacute;videmment de la double dimension de la vie, son impact affectuel sur les choses, et d&rsquo;autre part sa configuration perceptuelle. La vie en tant qu&rsquo;elle vient, comme le disait avec &eacute;l&eacute;gance Bergson, jouer avec la n&eacute;cessit&eacute;, qu&rsquo;elle vient la remettre en jeu en tant qu&rsquo;incommensurable cause de l&rsquo;impr&eacute;visibilit&eacute;. Et ce crit&egrave;re n&rsquo;est pas al&eacute;atoire, car ce qui est en &oelig;uvre dans toute captation effectu&eacute;e par la tautologie de la production de valeur se constitue comme un vampirisme des forces vitales. Artaud, fut sans doute l&rsquo;un des premiers &eacute;nonciateurs de cette logique de vampirisation du syst&egrave;me du lib&eacute;ralisme, et ceci magistralement dans <b><i>Pour en finir avec le jugement de Dieu<\/i><\/b>, o&ugrave; d&rsquo;embl&eacute;e il d&eacute;nonce l&rsquo;Occident am&eacute;ricanis&eacute;, en tant que pour se reproduire, il est oblig&eacute; de capitaliser\/vampiriser le sperme des enfants am&eacute;ricains. La vie est ce qui doit &ecirc;tre dig&eacute;r&eacute; par les &eacute;nonc&eacute;s de la culture, ce qui n&rsquo;a pas le droit d&rsquo;&ecirc;tre, d&egrave;s lors que toute vie se d&eacute;veloppe en une immanence singuli&egrave;re.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">La reproduction des valeurs est vampire, car en tant que culture, elle est inapte &agrave; se reproduire, elle ne peut se dupliquer, qu&rsquo;en corrompant son h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne absolu, la vie, et de l&agrave; en la transformant en son double, en sa propre essence de produits culturels, mis en circulation par neutralisation.&nbsp; &laquo;&nbsp;<i>Le conqu&eacute;rant ne d&eacute;truit pas le vaincu, il n&rsquo;a pas int&eacute;r&ecirc;t &agrave; se d&eacute;barrasser du vaincu mais &agrave; le p&eacute;n&eacute;trer d&rsquo;un venin propre jusqu&rsquo;&agrave; ce que le semblable s&rsquo;assimile au semblable en lui, et que le vaincu ne soit plus l&agrave; mais son corps avec la conscience du seul vainqueur&nbsp;<\/i>&raquo; (Artaud, O.C, XI) Comme toute &eacute;galisation, il y a une part de sacrifice de la diff&eacute;rence.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">La vie semblerait donc &ecirc;tre ce qui s&rsquo;&eacute;chappe de la fixation\/dilution de l&rsquo;art dans la valeur et sa reproductibilit&eacute; par effacement. Celui qui appara&icirc;t bien l&rsquo;avoir compris, et non pas seulement dans une production, mais au niveau d&rsquo;une &eacute;thique de vie, de la mani&egrave;re d&rsquo;habiter ou d&rsquo;exister sa vie, n&rsquo;est autre que Filliou qui pouvait d&eacute;clarer que &laquo;&nbsp;<i>l&rsquo;art c&rsquo;est ce qui rend la vie plus int&eacute;ressante de l&rsquo;art&nbsp;<\/i>&raquo;. Filliou appara&icirc;t en effet comme l&rsquo;un du groupe Fluxus qui a su le mieux mettre en &eacute;vidence les positions du groupe, de ce qu&rsquo;est se retrouver dans un flux, une immanence.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">En jeu, et ceci par son exp&eacute;rience personnelle en rapport &agrave; la guerre et la mort, en liaison avec sa connaissance des cultures qui peuplent et signent le monde, la vie. Vie qui chez lui s&rsquo;est donn&eacute;e dans un bricolage, de bric et de broc, un bricolage o&ugrave; ce n&rsquo;est pas le brillant, la technicit&eacute; qui fait &oelig;uvre, mais l&rsquo;imagination.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">&laquo;&nbsp;<i>La conscience c&rsquo;est la vie. L&rsquo;inconscience c&rsquo;est la mort, entre les deux c&rsquo;est la souffrance&nbsp;<\/i>&raquo;.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Filliou a conscience que l&rsquo;existence humaine se constitue dans cet &eacute;cart entre vie et conscience, dans cette diff&eacute;rence, dans ce qui n&rsquo;a de cesse de s&rsquo;arracher de la vie et de diff&eacute;rer de la mort. Filliou a conscience, et ceci parce qu&rsquo;il a connu la souffrance comme mode d&rsquo;existence, que la souffrance, et donc le degr&eacute; pathologique ressenti dans le corps et le la conscience, est moteur du d&eacute;veloppement de vie en soi. Donc, qu&rsquo;il ne peut y avoir de vie, si la vie ne s&rsquo;affronte constamment &agrave; sa n&eacute;gation, au <i>Todestrieb<\/i>, qui la pousse &agrave; vivre. L&rsquo;un des premiers a th&eacute;matis&eacute; cette perspective, certes fut Nietzsche, mais au niveau de formulations concr&egrave;tes associ&eacute;es &agrave; des &oelig;uvres plastiques, ce fut Prinzhorn dans les ann&eacute;es 20, psychiatre, qui r&eacute;unit le premier la plus grande collection d&rsquo;art de la folie, d&rsquo;art brut. Pour celui-ci, comme il l&rsquo;explique dans <b><i>L&rsquo;expression de la folie<\/i><\/b>, le r&eacute;sultat de la pathologie, r&eacute;sultat pictural n&rsquo;est pas un acte d&eacute;lirant, mais l&rsquo;expression de la possibilit&eacute; d&rsquo;une compr&eacute;hension structur&eacute;e pour l&rsquo;ali&eacute;n&eacute;. Le fou semblerait d&eacute;velopper alors selon sa propre sp&eacute;cificit&eacute; un <i>cosmos<\/i> qui lui est propre, qui lui permet de recevoir et de s&rsquo;exprimer dans un monde. Anomalie du fou qui n&rsquo;est plus signe d&rsquo;une anormalit&eacute; destructur&eacute;e, mais d&rsquo;une d&eacute;territorialisation de tout <i>nomos<\/i> constitutif de la soci&eacute;t&eacute;, en vue de son propre cosmos. Chaque &eacute;l&eacute;ment symbolique produit, ne valant que dans sa propre cosmogonie. Ce processus n&rsquo;allons pas l&rsquo;imaginer comme volontaire, au sens d&rsquo;un libre-arbitre, ni m&ecirc;me involontaire au sens d&rsquo;une inconscience totale. Ce processus de d&eacute;territorialisation n&rsquo;est autre que l&rsquo;expression d&rsquo;une n&eacute;cessit&eacute;, qui se donne comme excitation, agitation du sang et des nerfs. La vie est l&rsquo;impr&eacute;visible qui nous anime, et la production sait la capter, par hypnotisme de ces &eacute;nonc&eacute;s et de ces dispositifs.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">J&rsquo;ai toujours &eacute;t&eacute; sensible au fait que Nietzsche rapproche l&rsquo;artiste et la folie, comme deux visages d&rsquo;un seul &ecirc;tre, deux &eacute;nonc&eacute;s se rejoignant tout en partant de points oppos&eacute;s&nbsp;: la reconnaissance\/l&rsquo;effacement (cf. Foucault, <b><i>L&rsquo;histoire de la folie &agrave; l&rsquo;&acirc;ge classique<\/i><\/b>, et la question de l&rsquo;enfermement). Chez Nietzsche, il y a cette constance &agrave; relier l&rsquo;expression, la production de sens, les traits de la conscience, &agrave; des &eacute;tats nerveux. Il sait ce que c&rsquo;est qu&rsquo;&ecirc;tre psycho-somato-pathologue, lui qui vers la fin de son &oelig;uvre se revendique psychologue des sympt&ocirc;mes qui att&eacute;nuent la grande raison du corps&nbsp;: la volont&eacute; de puissance.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">L&rsquo;ouvrage cr&eacute;&eacute;, l&rsquo;&oelig;uvre ne serait plus le signe d&rsquo;une volont&eacute; qui veut cr&eacute;er, mais d&rsquo;un corps (tout &agrave; la fois spontan&eacute;ment et simultan&eacute;ment psychique et somatique) qui ne peut faire autrement pour ne p&eacute;rir que de transformer la mat&eacute;rialit&eacute; qui vient le rencontrer. Corps qui se propage, qui se r&eacute;pand, qui s&rsquo;&eacute;tend dans une d&eacute;territorialisation-reterritorialisation constante de ce qui lui est impos&eacute;. S&rsquo;il lui &eacute;tait impossible d&rsquo;y parvenir, s&rsquo;il y a une r&eacute;sistance absolue en lui, &agrave; pouvoir faire une synth&egrave;se du donn&eacute; ext&eacute;rieur, alors il ne lui resterait que l&rsquo;autisme. La prostration. Mais celui que l&rsquo;on appelle ici <i>l&rsquo;artiste<\/i>, le <i>man&oelig;uvre<\/i>, n&rsquo;est pas autiste, et ne peut acquiescer au principe de r&eacute;alit&eacute; qui est impos&eacute; par la diversit&eacute; des pouvoirs qui ont l&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie sur la conception du monde. Le man&oelig;uvre est toujours d&eacute;j&agrave; l&rsquo;acte d&rsquo;une main, qui per&ccedil;oit, touche, r&eacute;siste et travaille. Il y a de la <i>manie<\/i> dans le fait de devoir s&rsquo;&eacute;chapper d&rsquo;un plan de consistance, tout en en reconstruisant pour &eacute;viter l&rsquo;ab&icirc;me de l&rsquo;angoisse.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">L&rsquo;artiste est un malade, et aucun maquillage, aucune retouche m&eacute;diatique ne changera ce caract&egrave;re monstrueux propre &agrave; toute donation esth&eacute;tique qui fonctionne par d&eacute;territorialisation-reterritorialisation. L&rsquo;esth&eacute;tique de la cr&eacute;ation artistique est toujours &agrave; analyser selon ce degr&eacute; psycho-somato-pathologique d&rsquo;un corps et de sa souffrance &agrave; exister. A savoir dans le rapport &eacute;troit entre la vie et la mort.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">C&rsquo;est pourquoi chez Filliou, pour poursuivre en sa compagnie, la vie est formulation concr&egrave;te non de m&eacute;caniques ou de techniques, mais de l&rsquo;imagination. Non du brillant qui ob&eacute;it au crit&egrave;re de reconnaissance des institutions qui r&egrave;gles les logiques de productions, mais de l&rsquo;imagination qui est corr&eacute;lative de l&rsquo;intensit&eacute; de vie. L&rsquo;imagination, &agrave; savoir au sens m&ecirc;me de Bachelard, la facult&eacute; sans ma&icirc;trise de d&eacute;former les images, les notions, les concepts, tout ce qui dans une soci&eacute;t&eacute; de contr&ocirc;le des valeurs est inexorablement donn&eacute;s comme pr&eacute;-d&eacute;termin&eacute;s, r&eacute;pondant &agrave; une axiomatique de signification. &laquo;&nbsp;<i>une intuition des &oelig;uvres peuvent &ecirc;tre cr&eacute;&eacute;es aussi vite que le cerveau les con&ccedil;oit.<\/i> (&hellip;) <i>En fin de compte, plus de travail manuel dans le sens de la perfection technique reconnue comme crit&egrave;re de la cr&eacute;ation&nbsp;: un Art qui a des ailes, comme l&rsquo;imagination a des ailes<\/i>.&nbsp;&raquo; (Filliou, <b><i>Une proposition, un probl&egrave;me, un danger, une intuition<\/i><\/b>, 1967).<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \">&laquo;&nbsp;<i>Le but de l&rsquo;art, avec les moyens du mat&eacute;riau, c&rsquo;est d&rsquo;arracher le percept aux perceptions d&rsquo;objet et aux &eacute;tats d&rsquo;un sujet percevant, d&rsquo;arracher l&rsquo;affect aux affections comme passage d&rsquo;un &eacute;tat &agrave; un autre&nbsp;<\/i>&raquo; (Deleuze Guattari, <b><i>Qu&rsquo;est-ce que la philosophie&nbsp;<\/i><\/b>?).<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \">Mais si comme le dit aussi Artaud, la conscience qui se r&eacute;veille &agrave; elle-m&ecirc;me, qui affronte la douleur de sa vampirisation, &laquo;&nbsp;<i>vol&eacute;e par le vampire, revient comme le c&oelig;ur de celle &agrave; qui elle fut vol&eacute;e et le vampire est damn&eacute;&nbsp;<\/i>&raquo; (O.C, XIX), est-ce que la conscience qui ressent cettte d&eacute;perdition irr&eacute;m&eacute;diable de sa vie par la vampirisation ne devrait pas en contre-coup, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une gu&eacute;rilla, en venir &agrave; r&eacute;insuffler la vie dans la perte in&eacute;luctable de vie de la production&nbsp;? &nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><b><i>Configuration affectuelle du monde&nbsp;: une esth&eacute;tique de la canc&eacute;risation<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span>Vampiriser &agrave; notre tour, ou se canc&eacute;riser, retrouver la vie dans l&rsquo;espace concentrationnaire de la production des valeurs, serait alors accepter dans son enti&egrave;ret&eacute; les impacts de ce monde de culture et se laisser devenir le transformateur\/r&eacute;v&eacute;lateur de notre vie &agrave; travers la re-configuration de ce qui nous est impos&eacute;. Dick Higgins de Fluxus ouvrait la voie en &eacute;non&ccedil;ant la notion <i>d&rsquo;interm&eacute;dia<\/i>. L&rsquo;interm&eacute;dia pens&eacute; par Higgins dans les ann&eacute;es 60, est la possibilit&eacute; de cr&eacute;er des &oelig;uvres qui sont hybrides, qui investissent des domaines et des champs divers, en s&rsquo;interrogeant sur la mati&egrave;re concr&egrave;te qui constitue ses champs (les m&eacute;dias). C&rsquo;est pourquoi, engag&eacute;e dans une perspective concr&eacute;tiste, l&rsquo;interm&eacute;diation appara&icirc;t &ecirc;tre la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;un corps qui ne peut plus dissocier les mat&eacute;rialit&eacute;s, qui en a besoin pour exprimer son possible topos. Vampiriser &agrave; notre tour, ceci dans la n&eacute;cessit&eacute; m&ecirc;me de ce qui se produit comme vie par nous. Sentir la corruption qui nous envahit, et d&egrave;s lors utiliser cette corruption comme notre propre mati&egrave;re. Le projet de Fluxus n&rsquo;&eacute;tait pas de cr&eacute;er des objets nouveaux, ou de se faire valoir comme <i>extra-ordinaire<\/i>, mais d&rsquo;investir et de reconfigurer par le flux les relations et les associations op&eacute;r&eacute;es par l&rsquo;&eacute;galisation sociale.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Si Burroughs par exemple a compris par le <i>cut&rsquo;up<\/i>, en quel sens la mat&eacute;rialit&eacute; &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre &eacute;tait issue des institutions qui produisent de la culture, cependant, contrairement au Fluxus, il en reste encore la revendication d&rsquo;une g&eacute;n&eacute;ticit&eacute; ext&eacute;rieure de l&rsquo;art, de l&rsquo;&ecirc;tre de l&rsquo;artiste. C&rsquo;est pourquoi il revendique, le <i>cut&rsquo;up<\/i> comme un art viral. Qui vient prolif&eacute;rer et gangrener le plan mondain de la culture. S&rsquo;il per&ccedil;oit parfaitement la n&eacute;cessit&eacute; de la lutte arm&eacute;e, celle-ci se fait &agrave; partir et en direction d&rsquo;une ext&eacute;riorit&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;<i>Un nouveau langage peut permettre de forger une arme biologique de port&eacute;e extr&ecirc;mement puissante&nbsp;<\/i>&raquo; (Burroughs, <b><i>La r&eacute;volution &eacute;lectronique<\/i><\/b>), cette ext&eacute;riorit&eacute; est celle du corps animal, du corps enfant, scatologique, du corps pulsionnel.&nbsp; Avec Fluxus et la question de la fin du statut de l&rsquo;artiste d&eacute;fendu par Maciunas par exemple, et la fin de l&rsquo;&oelig;uvre en tant qu&rsquo;&oelig;uvre (donc d&eacute;soumise de toute tautologie culturelle), tout surgissement de flux concret devient la prolif&eacute;ration canc&eacute;reuse d&rsquo;une cellule de la soci&eacute;t&eacute; au c&oelig;ur de celle-ci.&nbsp;&laquo;&nbsp;<i>Les objectifs de Fluxus sont sociaux (non esth&eacute;tiques) <\/i>(&hellip;) <i>une &eacute;limination progressive des beaux-arts. (&hellip;) Deuxi&egrave;mement Fluxus est contre l&rsquo;art comme m&eacute;dium ou v&eacute;hicule promouvant l&rsquo;ego de l&rsquo;artiste<\/i>&nbsp;&raquo; (Maciunas, <b><i>Lettre &agrave; Thomas Schmitt<\/i><\/b>, 1964). Ce que d&eacute;crit Maciunas, dans cette programmatique, c&rsquo;est la possibilit&eacute; d&rsquo;impr&eacute;gner une soci&eacute;t&eacute;, en vue d&rsquo;une transformation. Ce qu&rsquo;il d&eacute;crit, c&rsquo;est comment des individus socialement d&eacute;termin&eacute;s d&eacute;veloppent un plan autonome d&rsquo;int&eacute;gration de la soci&eacute;t&eacute;. Cela implique un caract&egrave;re de d&eacute;tournement des forces corruptrices afin que s&rsquo;exprime le flux, donc la vie (&laquo;&nbsp;<i>Par cons&eacute;quent les gens de Fluxus ne doivent pas vivre de leur activit&eacute; Fluxus, mais trouver une profession (comme les arts appliqu&eacute;s) avec laquelle ils feront une meilleure activit&eacute; Fluxus&nbsp;<\/i>&raquo; (<b><i>idem<\/i><\/b>).&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Ce n&rsquo;est pas pour rien qu&rsquo;au XX&egrave;me si&egrave;cle ait pu na&icirc;tre le ready-made, qui de Duchamp &agrave; Jo&euml;l Hubaut actuellement, traduit le mouvement de la vie au c&oelig;ur des choses mortes placard&eacute;es en tant que simplement valeurs marchandes issues de la production. Le ready-made c&rsquo;est lorsque la vie s&rsquo;approprie la mati&egrave;re morte symbolique et lui r&eacute;insuffle de la pr&eacute;sence. Cette r&eacute;appropriation n&rsquo;est pas le r&eacute;sultat d&rsquo;un choix, car chercher &agrave; imaginer, &agrave; cr&eacute;er des liaisons est inutile si les seules r&egrave;gles qui se sont imprim&eacute;es sont celles des modes de productions h&eacute;g&eacute;moniques. La r&eacute;appropriation survient, sans que la conscience rationnelle sache pourquoi, car elle est le r&eacute;sultat psycho-somatique du rapport monde-homme.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">&nbsp;Certes, on me dira par exemple que Hubaut parle de l&rsquo;&eacute;pid&eacute;miK. Toutefois, ce qu&rsquo;il traduit parfaitement, notamment dans son dernier livre, <b><i>Lissez les couleurs, &agrave; ras l&rsquo;fanion<\/i><\/b>, c&rsquo;est que de propre, d&rsquo;indemne, il n&rsquo;y a jamais, que nous ne sommes qu&rsquo;&agrave; partir de l&rsquo;acceptation de notre propre mat&eacute;rialit&eacute; comme issue et engross&eacute;e de l&rsquo;impropre du monde. De sorte que si notre mat&eacute;rialit&eacute; vivante, transit de la vitalit&eacute; pathog&egrave;ne de notre organisme, est &eacute;pid&eacute;miK, ce sera davantage au sens de la canc&eacute;risation. On peut constater cela dans ses installations que l&rsquo;on peut rattacher au processus <i>d&rsquo;Autruisme<\/i> cher &agrave; Filliou. Avant certaines installations epidemiK, il appelle les gens de la ville &agrave; contribuer, &agrave; lui amener des objets, souvent associ&eacute;s &agrave; une couleur. Puis il agence en machines &agrave; transformation de flux, donc transformation de vie par le choc psychique (affect) de ce qui est donn&eacute; esth&eacute;tiquement (percept).<span style=\"font-family: 'Times New Roman'; \"> &laquo;&nbsp;<\/span><i>Le PsyClom-Clom<\/i> installation faite aux <b><i>abattoirs de Toulouse<\/i><\/b> &ndash; avril 2001 ao&ucirc;t 2001 <i>est une installation vive pr&eacute;texte &agrave; des manoeuvres &eacute;volutives (&hellip;). Le public migrateur empruntant les plates-formes et les passerelles sera invit&eacute; &agrave; d&eacute;couvrir des espaces particuliers tr&egrave;s ouverts et quelques cabines plus isol&eacute;es. Il pourra d&eacute;river selon des trajectoires probables am&eacute;nag&eacute;es et d&eacute;ambuler dans le psyclom-clom &eacute;pid&eacute;mik en s&rsquo;&eacute;garant un peu comme s&rsquo;il se promenait sur le pont d&rsquo;un navire customis&eacute; en se d&eacute;pla&ccedil;ant d&rsquo;un niveau &agrave; un autre par un effet de &laquo;psycho-tangage&raquo; dans le flou monochromik vertigineux jusqu&rsquo;&agrave; d&rsquo;indicibles points de vue centrifug&eacute;s&nbsp;&raquo;<\/i><span style=\"font-family: 'Times New Roman'; \">. Jo&euml;l Hubaut ainsi rem&eacute;die les biens de consommation issues de la production, au sens o&ugrave; il introduit dans ce qui n&rsquo;a plus de pr&eacute;gnance symbolique, ce qui n&rsquo;est plus que r&eacute;siduel, une nouvelle vie.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: 'Times New Roman'; min-height: 15px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Oui disons le, contre tous les contempteurs de crit&egrave;res esth&eacute;tiques&nbsp;: tout art est d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute;. Les oeuvres s&rsquo;inscrivent dans les interstices des genres, en d&eacute;composent les r&egrave;gles et les ordres, d&eacute;-g&eacute;n&egrave;rent pour retrouver leur propre g&eacute;n&eacute;alogie.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&laquo;&nbsp;Un jour on saura peut-&ecirc;tre qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;art, mais seulement de la m&eacute;decine&nbsp;&raquo; Le Cl&eacute;zio, &nbsp; L&rsquo;&laquo;&nbsp;art&nbsp;&raquo; une monnaie sans empreinte. &nbsp; Le concept d&rsquo;art semble &ecirc;tre devenu un concept de d&eacute;marcation, concept bourgeois de la valeur et de la reconnaissance. 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