{"id":536,"date":"2014-12-27T08:38:52","date_gmt":"2014-12-27T07:38:52","guid":{"rendered":"http:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=536"},"modified":"2014-12-27T08:38:52","modified_gmt":"2014-12-27T07:38:52","slug":"l%e2%80%99art-une-invitation-a-la-creation-de-concepts","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=536","title":{"rendered":"L\u00e2\u20ac\u2122art : une invitation \u00c3\u00a0 la cr\u00c3\u00a9ation de concepts"},"content":{"rendered":"<p style=\"margin: 0px; text-align: right; font-family: Times; min-height: 14px; \">&laquo;&nbsp;<i>l&rsquo;art nous est donn&eacute; pour nous emp&ecirc;cher de mourir de la v&eacute;rit&eacute;&nbsp;<\/i>&raquo;&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: right; font-family: Times; \">Nietzsche<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span>Deleuze nous aura pr&eacute;venu, la philosophie n&rsquo;est pas le sens commun, n&rsquo;est jamais le bon sens, &laquo;&nbsp;<i>mais le paradoxe&nbsp;<\/i>&raquo;. &laquo;&nbsp;<i>Le paradoxe est le pathos ou la passion de la philosophie&nbsp;<\/i>&raquo;. Et la question de l&rsquo;art n&rsquo;est certainement pas la moins paradoxale pour la philosophie, au sens, o&ugrave; elle semble &ecirc;tre l&rsquo;un des lieux o&ugrave; elle se confronte &agrave; ses propres limites, o&ugrave; elle rencontre l&rsquo;immanence d&rsquo;un plan de consistance pour son propre langage, vis-&agrave;-vis duquel il lui est difficile d&rsquo;&eacute;viter la crise. Car comment <i>juger<\/i> d&rsquo;une &oelig;uvre d&egrave;s lors que toute &oelig;uvre pr&eacute;tend se poser comme un <i>monde<\/i> en soi, comme une diff&eacute;rence immanente, ligne singuli&egrave;re, qui tout en &eacute;tant diff&eacute;rence est bien aussi la r&eacute;p&eacute;tition d&rsquo;une m&ecirc;met&eacute;&nbsp;: celle de l&rsquo;art, qui nous pousse &agrave; dire que <i>l&agrave;<\/i> il y a de l&rsquo;art.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Si la philosophie deleuzienne est une philosophie de la vie, de cette vie qui s&rsquo;invente dans un plan d&rsquo;immanence qui ne r&eacute;pond d&rsquo;aucune essence r&eacute;duisant a-priori la diff&eacute;rence, c&rsquo;est qu&rsquo;elle tire sa force de cette r&eacute;flexion sur l&rsquo;art, sur ses productions, de la litt&eacute;rature &agrave; la peinture en passant par le cin&eacute;ma. Ce n&rsquo;est pas pour rien que Deleuze se sera int&eacute;ress&eacute; &agrave; Joyce, Bacon, Eisenstein, et tant d&rsquo;autres, pas pour <i>rien<\/i>, &agrave; savoir pas pour reconduire ces &oelig;uvres &agrave; l&rsquo;identit&eacute; &eacute;vidente d&rsquo;un concept, &agrave; la totalit&eacute; vidifiante d&rsquo;un principe qui a subsum&eacute; la diff&eacute;rence dans l&rsquo;identit&eacute; du concept de diff&eacute;rence comme chez Hegel.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Non, l&rsquo;art, pour lui aura &eacute;t&eacute; ce lieu m&ecirc;me de l&rsquo;immanence qui fait effraction dans la philosophie, l&rsquo;interpellant, et la sommant de r&eacute;pondre de ses architectures de concept, et cela de Platon &agrave; Hegel, puis &agrave; Nietzsche. L&rsquo;art, en tant qu&rsquo;il est lieu du surgissement de bloc de sensation, s&rsquo;il est &eacute;vident que Deleuze a tent&eacute; d&rsquo;en t&eacute;moigner &agrave;&nbsp; partir de la cr&eacute;ation de concept, cependant est aussi et surtout &agrave; d&eacute;finir &agrave; partir de l&rsquo;impact affectuel qu&rsquo;il produit sur la philosophie. C&rsquo;est bien ce &agrave; quoi ouvrait Nietzsche et que poursuivra &agrave; sa mani&egrave;re Deleuze&nbsp;: la compr&eacute;hension des modalit&eacute;s d&rsquo;appr&eacute;hension, de fondement des concepts philosophiques en rapport &agrave; la diff&eacute;rence, au multiple, au singulier, et ceci non pas dans la volont&eacute; d&lsquo;une l&eacute;gitimation-rectification, mais de la possibilit&eacute; d&rsquo;introduire &mdash; et ceci &eacute;pist&eacute;mologiquement, comme &eacute;thiquement &mdash;&nbsp;un nouvel accueil de l&rsquo;&oelig;uvre, une nouvelle mani&egrave;re de la penser.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">C&rsquo;est pourquoi, si je tenterai de mettre dans un deuxi&egrave;me temps en &eacute;vidence, ce qu&rsquo;a pu produire l&rsquo;art sur la formation philosophico-linguistique de Deleuze, c&rsquo;est bien d&rsquo;abord une mise en question de la difficult&eacute; de la philosophie face aux &oelig;uvres d&rsquo;art que je voudrai interroger.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">La difficult&eacute; de la philosophie face &agrave; l&rsquo;art appara&icirc;t &agrave; travers la contrari&eacute;t&eacute; qu&rsquo;&eacute;prouve le concept vis-&agrave;-vis de l&rsquo;affirmation de diff&eacute;rence imm&eacute;diate de chaque &oelig;uvre, cet infini dans le fini compos&eacute;. En effet, et se pr&eacute;sente l&agrave;, l&rsquo;une des lignes suivies par Deleuze dans <b><i>Diff&eacute;rence et r&eacute;p&eacute;tition<\/i><\/b>, l&rsquo;art n&rsquo;est pas seulement le paradigme de la diff&eacute;rence qui vient mettre en porte-&agrave;-faux la tentative de r&eacute;duction au concept de la philosophie, mais se poserait, du point de vue de l&rsquo;existence humaine, comme ce surgissement qui interdit tout dire visant la synth&egrave;se traditionnelle du donn&eacute; dans la donn&eacute;e conceptuelle, pla&ccedil;ant l&rsquo;esprit face au jeu ironique du simulacre. Le premier temps de cette r&eacute;flexion va porter alors non pas seulement sur les difficult&eacute;s de saisie de la philosophie face &agrave; l&rsquo;art, mais sur les torsions conceptuelles entra&icirc;n&eacute;es au c&oelig;ur de la philosophie par sa rencontre des &oelig;uvres d&rsquo;art. Car c&rsquo;est &agrave; partir de cette approche que nous pourrons comprendre dans une certaine mesure, en quel sens il y a une n&eacute;cessit&eacute; de cr&eacute;ation de concept pour Deleuze, en quel sens la cr&eacute;ation de concept, n&rsquo;est pas un geste autonome de la philosophie, la r&eacute;ification de son identit&eacute;, mais la reconnaissance non-voil&eacute;e d&rsquo;une d&eacute;chirure interne, qui laisse appara&icirc;tre la diff&eacute;rence comme le c&oelig;ur m&ecirc;me de la philosophie, de sa capacit&eacute; &agrave; construire ses concepts.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 35.4px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 18px; text-align: justify; font-family: Times; \"><b><i>Bifurcation#1&nbsp;: Platon et le bord philosophique&nbsp;:&nbsp;<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">C&rsquo;est par Platon que Deleuze commence son analyse critique de la r&eacute;duction &agrave; l&rsquo;identit&eacute;. Il tente de comprendre de quelle mani&egrave;re, la formation linguistique de cette philosophie, et de celles qui lui seront ult&eacute;rieures, s&rsquo;inscrit dans cette n&eacute;cessit&eacute; de neutralisation de la diff&eacute;rence en tant que diff&eacute;rence, au profit d&rsquo;une diff&eacute;rence qui serait le r&eacute;sultat de s&eacute;ries constitu&eacute;es &agrave; partir d&rsquo;un mod&egrave;le. Toutefois Platon, s&rsquo;il initie cette lign&eacute;e, repr&eacute;sente tout &agrave; la fois la limite qui d&eacute;termine le commencement philosophique, et la limite ext&eacute;rieure, celle qui entend encore le bouillonnement h&eacute;raclit&eacute;en en elle.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Ici, l&rsquo;analyse de Deleuze est fort judicieuse, pour comprendre ce qui se joue en rapport &agrave; l&lsquo;art, car il est bien &eacute;vident que Platon n&rsquo;y a pas &eacute;t&eacute; insensible, que sa philosophie, tout &agrave; la fois ironique, et construite sur l&rsquo;art m&ecirc;me de la formation des mythes t&eacute;moignent simultan&eacute;ment de la diff&eacute;rence de l&rsquo;&oelig;uvre et d&rsquo;autre part de la n&eacute;cessit&eacute; du m&ecirc;me, de l&rsquo;identit&eacute;, de l&rsquo;arch&eacute;type qui t&eacute;tanise toute diff&eacute;rence, la faisant imploser dans son identit&eacute; de principe.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Selon Deleuze, Platon ne recherche pas tant &agrave; fonder qu&rsquo;&agrave; poser la possibilit&eacute; d&rsquo;un partage, d&rsquo;une s&eacute;lection d&rsquo;un tri entre les pr&eacute;tendants &agrave; la v&eacute;rit&eacute;. Comme il l&rsquo;analyse, il ne faut pas lire Platon &agrave; la lumi&egrave;re de la critique aristot&eacute;licienne, mais selon le projet platonicien de la s&eacute;lection. &laquo;&nbsp;<i>Il ne s&rsquo;agit pas du tout d&rsquo;une m&eacute;thode de sp&eacute;cification, mais de s&eacute;lection<\/i>&nbsp;&raquo;. Et c&rsquo;est dans cette distance que se creuse le rapport entre d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; chemin dialectique qui remonte vers le fondement et de l&rsquo;autre le mythe comme lieu du fondement, le mythe en tant que non pas condensation abstraite du vrai, mais en tant que cette trace d&rsquo;un fondement qui par lui-m&ecirc;me n&rsquo;appara&icirc;t pas, ne peut pas appara&icirc;tre, se&nbsp; d&eacute;robant &agrave; chaque fois de la voie dialectique, ou la rejouant, et ainsi la d&eacute;jouant, la montrant comme incapable de donner &agrave; voir ce qui en tant que fond est en diff&eacute;rence par rapport &agrave; toute saisie concr&egrave;te du concept.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Deleuze montre que si avec Platon, il y a volont&eacute; d&rsquo;accaparer l&rsquo;autorit&eacute; du point de vue de la d&eacute;finition de la chose-m&ecirc;me (l&rsquo;Id&eacute;e), cependant, cette volont&eacute; s&rsquo;affrontant &agrave; l&rsquo;impossible mise &agrave; nue en tant que telle du fond (<i>il est l&rsquo;imparticipable<\/i>), se joue alors par l&rsquo;ironie d&rsquo;un fond d&eacute;voil&eacute; dans la fiction, et la possibilit&eacute; de celle-ci de marquer, de se d&eacute;marquer de toute autre parole revendiquant l&rsquo;autorit&eacute;.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Mais plus que cela, ce qu&rsquo;indique Deleuze, c&rsquo;est de quelle mani&egrave;re, Platon rencontrant cette question de la diff&eacute;rence, se sent oblig&eacute; de quitter la ligne dialectique, de constituer un autre plan de consistance de la v&eacute;rit&eacute; que celle dialogique de l&rsquo;argumentation, reposant davantage sur la <i>croyance&nbsp;<\/i>: le mythe.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">C&rsquo;est en ce sens que Platon &mdash; qui met en critique le simulacre de l&rsquo;art et de la po&eacute;sie, en tant que lieu m&ecirc;me de la subversion de la v&eacute;rit&eacute; (lieu de m&eacute;lange, d&rsquo;indiscernable, de perte du principe de partage), comme cause possible d&rsquo;une m&eacute;prise sur les principes qui constituent le r&eacute;el, pourtant pour ce qui est de d&eacute;finir les Id&eacute;es intelligibles &mdash; en vient &agrave; sortir de la distinction logico-conceptuelle, pour utiliser des r&eacute;cits, auxquels une personne sens&eacute;e ne peut apporter son cr&eacute;dit.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Ce qui s&rsquo;esquisse ici, c&rsquo;est &agrave; quel point Platon a ressenti, et t&eacute;moigner de cette difficult&eacute; de la parole philosophique face &agrave; la v&eacute;rit&eacute; mais aussi aux &oelig;uvres qui se revendiquent d&rsquo;elle, mimant seulement sa forme ou bien ses principes. C&rsquo;est pourquoi sa relation &agrave; l&rsquo;art tient du paradoxe, &agrave; la fois impressionn&eacute; et pr&ecirc;t &agrave; remettre les lauriers, et d&rsquo;autre part insistant sur la n&eacute;cessit&eacute; de rejeter l&rsquo;artiste, &agrave; la fois mauvais rapport au vrai et de l&rsquo;autre au c&oelig;ur m&ecirc;me de son articulation de la v&eacute;rit&eacute;.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Platon repr&eacute;sente ainsi celui qui inaugure selon ces deux lignes, le rapport de la philosophie &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;art ou bien les cr&eacute;ations qui prennent leur source dans la sensibilit&eacute;. Il est le premier moment d&rsquo;une philosophie qui s&rsquo;hypostasant dans l&rsquo;intelligible, pourtant face &agrave; la sensibilit&eacute; et &agrave; ces concr&eacute;tions (discours, peintures, etc&hellip;) est oblig&eacute; de s&rsquo;ouvrir, de remettre en jeu son propre langage, celui-ci pouvant m&ecirc;me en emprunter les atours, les strat&eacute;gies, inviter &agrave; cette ouverture d&rsquo;une tension infinie dans&nbsp; la figure&nbsp; finie d&rsquo;un mythe.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><b><i>Bifurcation#2&nbsp;: l&rsquo;art comme limite au concept (Kant)<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span>Mais, &eacute;trangement c&rsquo;est Kant qui semble, dans son &oelig;uvre tardive de l&rsquo;<b><i>Anthropologie d&rsquo;un point de vue pragmatique<\/i><\/b>, nous avoir enseign&eacute; le plus cette friction du philosophique avec l&rsquo;esth&eacute;tique, et par cons&eacute;quent cette tension d&rsquo;impuissance du langage philosophique face &agrave; l&rsquo;art. En effet, le concept a manqu&eacute;, manque et manquera toujours ce type de ph&eacute;nom&eacute;nalit&eacute;, celle qui appara&icirc;t par l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;art, qui au titre de la libert&eacute; qu&rsquo;il d&eacute;finit parfaitement dans sa pure &eacute;v&eacute;nementialit&eacute; au c&oelig;ur de la 3<sup>&egrave;me<\/sup> antinomie de la <b><i>Critique de la raison pure<\/i><\/b>, n&rsquo;a d&rsquo;autre cause que de se montrer enti&egrave;rement dans son appara&icirc;tre comme cause ind&eacute;pendante de toute ant&eacute;riorit&eacute;.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span>Certes Kant appara&icirc;t souvent comme le penseur du transcendantal, de la force de l&rsquo;entendement, toutefois, c&rsquo;est oublier, &agrave; quel point, d&egrave;s 1790, par sa mise en &eacute;vidence de la diff&eacute;rence entre jugement r&eacute;fl&eacute;chissant et jugement d&eacute;terminant, il &eacute;tablit que la donation esth&eacute;tique ne se constitue pas sous l&rsquo;autorit&eacute; du concept, mais de l&rsquo;imagination.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span>C&rsquo;est pourquoi, il analyse, dans l&rsquo;<b><i>Anthropologie<\/i><\/b>, le fait que les sens ne trompent pas, mais que toute duperie dans la repr&eacute;sentation est issue &laquo;&nbsp;<i>de la faute de&nbsp; l&rsquo;entendement&nbsp;<\/i>&raquo; qui &laquo;&nbsp;<i>juge avec pr&eacute;cipitation&nbsp;<\/i>&raquo;. Au contraire tel qu&rsquo;il y insiste &laquo;&nbsp;<i>c&rsquo;est plut&ocirc;t un m&eacute;rite de la sensibilit&eacute; d&rsquo;avoir fourni &agrave; l&rsquo;entendement un riche mat&eacute;riel en face duquel les concepts abstraits de l&rsquo;entendement ne sont souvent que de scintillantes mis&egrave;res<\/i>&nbsp;&raquo;. Ce riche mat&eacute;riel pouvant &ecirc;tre la po&eacute;sie ou l&rsquo;art.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span>Si Kant, tel que l&rsquo;indique Deleuze, s&rsquo;en tient &agrave; la recognition, de sens commun li&eacute; &agrave; la raison, c&rsquo;est donc qu&rsquo;il traduit justement, ici face &agrave; la donation esth&eacute;tique et sensible de la po&eacute;sie ou de l&rsquo;art, la limite m&ecirc;me de l&rsquo;identit&eacute;, ou encore le fait que toute pr&eacute;tention de r&eacute;duction du donn&eacute; esth&eacute;tique &agrave; une identit&eacute; conceptuelle serait une illusoire. Car, si le reproche de Deleuze est pertinent, il n&rsquo;en faut pas moins souligner cette acuit&eacute; de Kant vis-&agrave;-vis de son projet philosophique. Kant, certes, tente de circonscrire la question de l&rsquo;art et ceci de ses <b><i>Observations sur le sentiment de beau et de sublime<\/i><\/b>, jusqu&rsquo;&agrave; la 3<sup>&egrave;me<\/sup> critique, toutefois, il marque aussi la limite de sa saisie, &agrave; quel point, toute captation philosophique de cette donation, est en porte-&agrave;-faux, ne peut pr&eacute;tendre clore cette &eacute;v&eacute;nementialit&eacute; que par l&rsquo;illusion de la neutralisation conceptuelle, qui n&rsquo;est que &laquo;&nbsp;<i>scintillante mis&egrave;re&nbsp;<\/i>&raquo;.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span>Kant l&rsquo;avait r&eacute;alis&eacute;, l&rsquo;art conduit la philosophie au c&oelig;ur de la sensibilit&eacute;, de l&rsquo;imagination, du jugement r&eacute;fl&eacute;chissant et non-d&eacute;terminant, et de l&agrave; la convoque &agrave; forger ses propres concepts. Mais Kant, r&eacute;alisant cette donation en exc&egrave;s, toutefois ne s&rsquo;est pas ouvert, ne pouvait pas s&rsquo;ouvrir, car &laquo;&nbsp;<i>loin de renverser la forme du sens commun, Kant l&rsquo;a donc seulement multipli&eacute;<\/i> (&hellip;). <i>Partout le mod&egrave;le variable de la recogniton fixe le bon usage, dans une concorde des facult&eacute;s d&eacute;termin&eacute;e par une facult&eacute; dominante sous un sens commun&nbsp;<\/i>&raquo;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span>Et c&rsquo;est bien ce que Deleuze a aussi compris avec la lecture de Nietzsche, avec son appel &agrave; un une inversion du platonisme, puis au passage &agrave; de nouvelles tables de la loi, qui passe par une transvaluation des valeurs. Ne pas aller vers la neutralisation de la multiplicit&eacute; fourmillante de l&rsquo;&oelig;uvre, mais penser quelle peut &ecirc;tre la modalit&eacute; pour la philosophie de t&eacute;moigner de la sensibilit&eacute; de l&rsquo;&oelig;uvre, de sa diff&eacute;rence. Car, pour Nietzsche c&rsquo;est ce qu&rsquo;exprime l&rsquo;art, cette force sensible qui s&rsquo;est donn&eacute;e dans une composition, qu&rsquo;elle soit musicale ou textuelle, il exprime la vie. La repr&eacute;sentation ainsi pour Nietzsche est force sensible, l&rsquo;image ou le verbe &laquo;&nbsp;<i>la puissance affirmative de la vie&nbsp;<\/i>&raquo;.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><b><i>Bifurcation#3&nbsp;: affect et percept<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Ce qui pose cette r&eacute;sistance pour la philosophie, et impose de se m&eacute;fier de cette m&eacute;fiance philosophique, de consid&eacute;rer cette m&eacute;fiance comme m&eacute;fait, provient de ce qui constitue une &oelig;uvre au niveau de sa donation. La donation de l&rsquo;&oelig;uvre ne suppose pas de fond, ne suppose pas d&rsquo;&ecirc;tre la r&eacute;p&eacute;tition d&rsquo;un mod&egrave;le intelligible, ou bien d&rsquo;une v&eacute;rit&eacute; qui lui pr&eacute;c&egrave;derait. Justement, l&rsquo;&oelig;uvre se pose comme la r&eacute;p&eacute;tition de la diff&eacute;rence propre &agrave; toute &oelig;uvre, et ceci parce qu&rsquo;elle se constitue ni abstraitement, ni techniquement. Mais la composition qui est esth&eacute;tique &laquo;&nbsp;<i>est le travail de la sensation&nbsp;<\/i>&raquo;.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">L&rsquo;art se constitue comme une composition, une architecture, un jeu de d&eacute;limitation dans le plan infini des possibles, et comme ouvrant (&agrave;) ce plan dans son infinit&eacute;. C&rsquo;est pour cela que s&rsquo;il y a bien une question d&rsquo;incarnation qui est vue par la ph&eacute;nom&eacute;nologie (et ceci par la r&eacute;versibilit&eacute; du voyant et de la chose vue), cependant celle-ci semble encore vouloir happer le diff&eacute;rentiel dans l&rsquo;identit&eacute; ph&eacute;nom&eacute;nale de la chair du monde, dans la r&eacute;ification, comme l&rsquo;aper&ccedil;oit Deleuze, d&rsquo;une certaine forme de pi&eacute;t&eacute;. La chair ph&eacute;nom&eacute;nologique, celle d&eacute;finie par Merleau-Ponty, se d&eacute;finit pas comme un principe d&rsquo;identit&eacute; de la chose, mais se constitue comme &laquo;&nbsp;<i>l&rsquo;&ecirc;tre de la sensation&nbsp;<\/i>&raquo;, tout en la posant non pas seulement en liaison &agrave; cette chose vue, cette chose aper&ccedil;ue qu&rsquo;est cette &oelig;uvre, mais en tant que transcendance renvoyant &agrave; un monde en g&eacute;n&eacute;ral, &agrave; l&rsquo;&ecirc;tre en tant que tel. La chair, si elle d&eacute;borde les concepts classiques de l&rsquo;identit&eacute; intelligible, ouvrant un horizon sensualiste, toutefois m&egrave;ne &agrave; une forme de religiosit&eacute; ph&eacute;nom&eacute;nologique &mdash; que l&rsquo;on concevra parfaitement en lisant le dernier Heidegger &mdash;&nbsp;o&ugrave; la diff&eacute;rence devient le concept de diff&eacute;rence en tant que fond ontologique de la variation des &eacute;tants qui se donnent comme lieu de cette exp&eacute;rience de pens&eacute;e de la diff&eacute;rence. &laquo;&nbsp;<i>C&rsquo;est un curieux Carnisme qui inspire ce dernier avatar de la ph&eacute;nom&eacute;nologie et la pr&eacute;cipite dans le myst&egrave;re de l&rsquo;incarnation&nbsp;; c&rsquo;est une notion pieuse et sensuelle &agrave; la fois, un m&eacute;lange de sensualit&eacute; et de religion, sans lequel la chair, peut-&ecirc;tre ne tiendrait pas debout toute seule&nbsp;<\/i>&raquo;.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Pour Deleuze, il s&rsquo;agit de se d&eacute;tourner pour une part de cette chair, pour comprendre dans le croisement de deux autres lignes comment se donne une oeuvre&nbsp;: la composition\/architecture et d&rsquo;autre part son plan immanent d&rsquo;&eacute;mergence\/consistance. Ce qui se structure en tant que territorialisation, fixation de plans, de lignes, de pans, se constitue dans l&rsquo;espace d&rsquo;une d&eacute;territorialisation absolue, qui toujours est l&agrave; comme support, lieu de diff&eacute;renciation.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">Et ce qui r&eacute;v&egrave;le cette tension entre le lieu familier de la repr&eacute;sentation articul&eacute;e (ce qu&rsquo;il nomme maison) et de l&rsquo;autre l&rsquo;infamilier du plan de consistance, c&rsquo;est la sensation, qui se r&eacute;v&egrave;le selon un percept, qui affectant, ne pose pas un repli, mais ouvre aux lignes infinies de la r&eacute;ception.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">&laquo;&nbsp;<i>L&rsquo;art veut cr&eacute;er du fini qui redonne l&rsquo;infini&nbsp;<\/i>&raquo;, cet infini se d&eacute;roule dans les s&eacute;ries impliqu&eacute;es et redistribu&eacute;es selon l&rsquo;immanence de la composition qui vient s&rsquo;incarner au c&oelig;ur du plan d&rsquo;immanence du virtuel. C&rsquo;est parce qu&rsquo;une &oelig;uvre articule ainsi le compos&eacute; qui cr&eacute;e le percept, que l&rsquo;affect li&eacute; est unique, ne peut &ecirc;tre saisi dans une Urdoxa qui en d&eacute;livrerait le sens ou la signification. Par l&rsquo;affect et le percept du bloc de sensation qui se donne dans une composition, le plan d&rsquo;immanence n&rsquo;est pas exclu, n&rsquo;est pas abstrait et neutralis&eacute; &agrave; travers une substitution (celle du langage, comme par ailleurs Foucault l&rsquo;avait comprise dans <b><i>Les mots et les choses)<\/i><\/b> mais tout au contraire, il est toujours pr&eacute;sent comme ce &agrave; partir de quoi, l&rsquo;infini s&rsquo;exprime dans l&rsquo;&oelig;uvre, suspend l&rsquo;&oelig;uvre dans l&rsquo;impossibilit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre close, r&eacute;ductible &agrave; un sens donn&eacute;. &laquo; <i>L&rsquo;artiste rapporte du chaos des vari&eacute;t&eacute;s qui ne constituent plus une reproduction du sensible dans l&rsquo;organe, mais dressent un &ecirc;tre du sensible, un &ecirc;tre de la sensation, sur un plan de composition anorganique capable de redonner l&rsquo;infini&nbsp;<\/i>&raquo;.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font-family: Times; \">De l&agrave;, l&rsquo;impossibilit&eacute; de poser la question de l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;art &agrave; partir de la recherche de la v&eacute;rit&eacute; qu&rsquo;elle soit celle de la science, de la morale ou bien de la m&eacute;taphysique. Chaque &oelig;uvre, par la singularit&eacute; de sa composition affectuelle, se conserve en soi, en tant que crit&egrave;re de soi. Juger de l&rsquo;&oelig;uvre ne peut &ecirc;tre la transporter dans l&rsquo;all&eacute;e des concepts vassaux de l&rsquo;identit&eacute;, mais doit &ecirc;tre per&ccedil;u dans sa tension visible, dans sa force de composition et d&rsquo;&eacute;branlement quant &agrave; notre r&eacute;ception. De l&agrave;, donc, la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une nouvelle forme de jugement.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 18px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><b><i>Bifurcation#4&nbsp;: nouvelle image de la pens&eacute;e<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Si l&rsquo;art est affect et percept, alors s&rsquo;int&eacute;resser &agrave; lui, n&rsquo;est plus comme nous l&rsquo;avons indiqu&eacute;, le poser en relation &agrave; une v&eacute;rit&eacute; du concept, mais il est n&eacute;cessaire de trouver un autre rapport &agrave; lui, non pas selon l&rsquo;intentionnalit&eacute; d&rsquo;un partage entre vrai\/faux, apparence\/&ecirc;tre, permanence\/immanence, mais selon la question m&ecirc;me des intensit&eacute;s qui s&rsquo;y expriment. C&rsquo;est ce que comprend Deleuze en relisant Nietzsche, et en tentant de mettre en lumi&egrave;re quel est le crit&egrave;re du jugement Nietzsch&eacute;en. &laquo;&nbsp;<i>L&rsquo;&eacute;l&eacute;ment de la pens&eacute;e est le sens et la valeur<\/i> (&hellip;) <i>le noble et le vil, le haut et le bas, d&rsquo;apr&egrave;s la nature des forces qui s&rsquo;emparent de la pens&eacute;e elle-m&ecirc;me&nbsp;<\/i>&raquo;. Penser l&rsquo;art demande d&rsquo;avoir une autre image de la pens&eacute;e, qui doit alors s&rsquo;&eacute;prouver dans le travail &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre de l&rsquo;&oelig;uvre, &agrave; savoir dans l&rsquo;ouverture de la pens&eacute;e &agrave; l&rsquo;invention de ces compositions. Une pens&eacute;e qui a d&rsquo;autres valeurs que celles de la philosophie, et cons&eacute;cutivement une autre forme d&rsquo;approche.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">La pens&eacute;e n&rsquo;a pas &agrave; avoir une m&eacute;thode pr&eacute;&eacute;tablie &agrave; ce qu&rsquo;elle tente de penser, mais c&rsquo;est dans le rapport &agrave; ce qu&rsquo;elle pense qu&rsquo;elle doit se former et s&rsquo;articuler. La pens&eacute;e doit interpr&eacute;ter selon sa propre puissance de pens&eacute;e. C&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment ici que l&rsquo;influence de Nietzsche se fait sentir&nbsp;: c&rsquo;est selon la puissance de vie, et sa possibilit&eacute; de confrontation critique au monde et aux choses qui se donnent selon des lieux et modalit&eacute;s distinctes, que se cr&eacute;e le jugement. S&rsquo;ouvrir aux blocs de sensation de l&rsquo;art, en effet ne pouvait poser que des probl&egrave;mes pour ceux qui avaient &eacute;tablis a priori la d&eacute;valorisation du sensible, ou bien sa subordination &agrave; l&rsquo;esprit. Ne pouvait que poser une impossibilit&eacute; de saisie par le concept, les concepts utilis&eacute;s renvoyant &agrave; autre chose que le bloc de cr&eacute;ation, &eacute;tant construit selon une intentionnalit&eacute; m&ecirc;me h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne aux percepts et aux affects qui constituent l&rsquo;&oelig;uvre. C&rsquo;est sans doute pour cela que Zarathoustra pouvait dire que son expression tenait davantage de la po&eacute;sie que de la duret&eacute; gel&eacute;e du philosophique. La nouvelle approche de la pens&eacute;e, impliquant une nouvelle ouverture en langage de celle-ci.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 18px; text-align: justify; font-family: Times; \"><b><i>Bifurcation#5&nbsp;: Ce qui &eacute;merge de l&rsquo;art&nbsp;: la br&egrave;che&nbsp;<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span>Le bloc de sensation, o&ugrave; se condensent affects et percepts, ouvre donc au plan d&rsquo;immanence o&ugrave; se constitue les territorialisations d&rsquo;&oelig;uvre. La philosophie justement d&eacute;couvre cette br&egrave;che dans l&rsquo;homog&eacute;n&eacute;it&eacute; du cercle conceptuel, celui-ci ne se referme pas sur lui-m&ecirc;me, car cette br&egrave;che ouvre, creuse toute pens&eacute;e, sans jamais pouvoir &ecirc;tre subsum&eacute;e sous le principe de l&rsquo;identit&eacute; ou bien du concept de diff&eacute;rence. &laquo;&nbsp;<i>Si la philosophie commence avec la cr&eacute;ation de concepts, le plan d&rsquo;immanence doit &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme pr&eacute;-philosophique. Il est pr&eacute;suppos&eacute;, non pas &agrave; la mani&egrave;re dont un concept peut renvoyer &agrave; d&rsquo;autres mais dont les concepts renvoient eux-m&ecirc;mes &agrave; une compr&eacute;hension non-conceptuelle&nbsp;<\/i>&raquo;. La philosophie que met en critique Deleuze, s&rsquo;est toujours attach&eacute;e &agrave; r&eacute;introduire face &agrave; l&rsquo;&eacute;mergence de cette immanence de l&rsquo;&oelig;uvre une certaine forme de transcendance (y compris par le transcendantal), afin d&rsquo;&eacute;viter le chaos, afin d&rsquo;&eacute;viter l&rsquo;<i>apeiron<\/i>, afin d&rsquo;exorciser son impuissance par le concept &agrave; se saisir de cette donation qui se fait esth&eacute;tiquement.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span>C&rsquo;est que le bloc de sensation, s&rsquo;il est impact esth&eacute;tique d&rsquo;affect, il n&rsquo;en ouvre pas moins une br&egrave;che, une b&eacute;ance pour la conscience, il l&rsquo;ouvre &agrave; un nouveau plan d&rsquo;immanence que devra traverser et endurer la pens&eacute;e, sans autre recul que la nouveaut&eacute; qui se pr&eacute;sente l&agrave;. La br&egrave;che qui s&rsquo;ouvre pour la pens&eacute;e se constitue dans ce rapport &agrave; la forme finie ouverte &agrave; l&rsquo;infini que pr&eacute;sente sans fond l&rsquo;&oelig;uvre.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span>L&rsquo;apparence de l&rsquo;&oelig;uvre se pr&eacute;sente en tant que diff&eacute;rence insurmontable, seulement effa&ccedil;able par un jeu de d&eacute;vitalisation de son intensit&eacute; singuli&egrave;re d&rsquo;affection. Par l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;art, la diff&eacute;rence se montre justement au c&oelig;ur d&rsquo;une r&eacute;p&eacute;tition&nbsp;: celle de la diff&eacute;rence.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span>C&rsquo;est cette diff&eacute;rence tenue et postul&eacute;e dans la r&eacute;p&eacute;tition, de celle de la cr&eacute;ation, qui vient forcer la philosophie &agrave; s&rsquo;arracher, m&ecirc;me contre la volont&eacute; poursuivie par l&rsquo;auteur, &agrave; une pure entreprise tautologique et m&eacute;canique de constitution. C&rsquo;est par cette diff&eacute;rence, qui se pr&eacute;sente entre autre avec l&rsquo;art, qu&rsquo;elle d&eacute;couvre en elle de nouvelles lignes d&rsquo;intensit&eacute;s dont il faut qu&rsquo;elle se saisissent &agrave; travers une cr&eacute;ation de concept.<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \"><span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\">\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; font-family: Times; \"><b><i>bifurcation#6&nbsp;: la cr&eacute;ation de concept<\/i><\/b><\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Nous l&rsquo;aurons compris, l&rsquo;art est cette rencontre par laquelle, l&rsquo;observateur, pour se saisir d&rsquo;un sens &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre, est oblig&eacute; d&rsquo;accepter de se placer sur le plan d&rsquo;immanence, non pas de la repr&eacute;sentation, mais de la vie &agrave; partir de laquelle se joue, se plie et d&eacute;plie la repr&eacute;sentation. Ainsi l&rsquo;art n&rsquo;est pas l&rsquo;expression de la diff&eacute;rence, mais c&rsquo;est la diff&eacute;rence qui s&rsquo;exprime dans l&rsquo;art, en tant qu&rsquo;il est cette trace de l&rsquo;immanence, cette trace de la diff&eacute;rence qui n&rsquo;a de cesse de diff&eacute;rer au c&oelig;ur de la trace.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Pour la philosophie alors, tentant de capter les tensions qui se constituent par le compos&eacute; de l&rsquo;&oelig;uvre, il ne s&rsquo;agit plus v&eacute;ritablement de se pr&eacute;munir contre ce &agrave; quoi ouvre l&rsquo;&oelig;uvre, mais de saisir dans le concept, la turbulence silencieuse de l&rsquo;&oelig;uvre, le chaos qui est toujours d&eacute;j&agrave; &eacute;mergeant dans l&rsquo;effort du compos&eacute; esth&eacute;tique, et qui se r&eacute;v&egrave;le dans la dimension du plan d&rsquo;immanence. Et les concepts de la philosophie doivent alors &ecirc;tre le r&eacute;sultat d&rsquo;une cr&eacute;ation. &laquo;&nbsp;<i>Le probl&egrave;me de la philosophie est d&rsquo;acqu&eacute;rir une consistance, sans perdre l&rsquo;infini dans lequel la pens&eacute;e plonge&nbsp;(le chaos &agrave; cet &eacute;gard a une existence mentale autant que physique<\/i> &raquo;.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Car le concept, n&rsquo;est pas une fonction, n&rsquo;est pas seulement un r&eacute;f&eacute;rent, une pi&egrave;ce us&eacute;e, dont on ne voit plus l&rsquo;empreinte pour ne consid&eacute;rer que le m&eacute;tal pour reprendre Nietzsche. Le concept est cr&eacute;ation de part en part, il est invention d&rsquo;intensit&eacute;s qui se composant dans le mot, se d&eacute;multiplie en ligne infinie qui renvoie &agrave; des exp&eacute;riences possibles, des v&eacute;cus de sens. &laquo;&nbsp;<i>Le concept philosophique ne se r&eacute;f&egrave;re pas au v&eacute;cu, par compensation, mais consiste, par sa propre cr&eacute;ation, &agrave; dresser un &eacute;v&eacute;nement qui survole tout v&eacute;cu, non moins que tout &eacute;tat de chose&nbsp;<\/i>&raquo;.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">Et, nous le savons, c&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment la posture philosophique qu&rsquo;a adopt&eacute; Deleuze. Cr&eacute;ateur de concept, seul, &agrave; deux ou en dialogue. Cr&eacute;ateur de concept, en tant que c&rsquo;est l&agrave; la s&eacute;dimentation\/stratification philosophique de l&rsquo;intensit&eacute; de l&rsquo;existence et de ses exp&eacute;riences.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px; text-align: justify; text-indent: 18px; font-family: Times; \">D&egrave;s lors, il est n&eacute;cessaire de reconna&icirc;tre, que les concepts philosophiques cr&eacute;&eacute;s, tiennent davantage de la nature du simulacre au sens o&ugrave; l&rsquo;entend Deleuze, qu&rsquo;&agrave; des identit&eacute;s vraies et imp&eacute;ratives, simulacre au sens o&ugrave; ils mettent en jeu une diff&eacute;rence qui les emp&ecirc;che de n&rsquo;&ecirc;tre qu&rsquo;en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; des principes fixes et absolus. &laquo;&nbsp;<i>Par simulacre, nous ne devons pas entendre une simple imitation, mais bien plut&ocirc;t l&rsquo;acte par lequel l&rsquo;id&eacute;e m&ecirc;me d&rsquo;un mod&egrave;le ou d&rsquo;une position privil&eacute;gi&eacute;e se trouve contest&eacute;e, renvers&eacute;e. Le simulacre est l&rsquo;instance qui comprend une diff&eacute;rence en soi, comme (au moins) deux s&eacute;ries divergentes sur lesquelles il joue, toute ressemblance abolie, sans qu&rsquo;on puisse alors indiquer l&rsquo;existence d&rsquo;un original et d&rsquo;une copie&nbsp;<\/i>&raquo;. Le concept philosophique au sens deleuzien, tout en se donnant apparemment comme reli&eacute; &agrave; une v&eacute;rit&eacute; qui le d&eacute;terminerait, introduit &agrave; contrario une autre forme d&rsquo;intensit&eacute; qui lui est propre, qui vient en d&eacute;finir sa propre affirmation, en tant qu&rsquo;il se s&rsquo;auto-constitue, qu&rsquo;il trouve son autonomie tout en &eacute;tant le signe d&rsquo;une r&eacute;p&eacute;tition.&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 18px; text-align: justify; text-indent: 17.4px; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 18px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 0px 18px; text-align: justify; font-family: Times; min-height: 14px; \">&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&laquo;&nbsp;l&rsquo;art nous est donn&eacute; pour nous emp&ecirc;cher de mourir de la v&eacute;rit&eacute;&nbsp;&raquo;&nbsp; Nietzsche &nbsp; &nbsp; &nbsp; Deleuze nous aura pr&eacute;venu, la philosophie n&rsquo;est pas le sens commun, n&rsquo;est jamais le bon sens, &laquo;&nbsp;mais le paradoxe&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Le paradoxe est le pathos ou la passion de la philosophie&nbsp;&raquo;. Et la question de l&rsquo;art n&rsquo;est certainement pas la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[94,93],"class_list":["post-536","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","tag-deleuze","tag-revue-desthetique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/536","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=536"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/536\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":537,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/536\/revisions\/537"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=536"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=536"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=536"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}