{"id":516,"date":"2014-12-26T09:11:55","date_gmt":"2014-12-26T08:11:55","guid":{"rendered":"http:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=516"},"modified":"2014-12-26T09:23:04","modified_gmt":"2014-12-26T08:23:04","slug":"le-bug-de-lecriture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=516","title":{"rendered":"Le bug de l&#8217;\u00c3\u00a9criture"},"content":{"rendered":"<p><strong>Mise en situation de la technologie<\/strong><br \/>\nBernard Stiegler, dans <strong><em>R&eacute;enchanter le monde<\/em><\/strong>, par son approche critique de l&#8217;intentionnalit&eacute; occidentale, montre parfaitement, que derri&egrave;re le tournant de la d&eacute;mocratisation de la technologie, s&#8217;est produit aussi un tournant de la sensibilit&eacute; humaine. Tournant se constituant comme perte de l&#8217;attention, transformation des processus d&#8217;identification. <br \/>\nToutefois, loin de se laisser aller &agrave; un constat seulement n&eacute;gatif, il montre en quel sens ce qui peut &ecirc;tre un poison, peut devenir aussi de par la r&eacute;versibilit&eacute; de tout pharmakon, rem&egrave;de. Si la technologie, notamment &agrave; travers l&#8217;industrie de masse que repr&eacute;sente le spectacle, n&eacute;antit l&#8217;attention, au point de ne plus permettre de r&eacute;el investissement sur des pratiques, cependant, en tant que moyen, potentialit&eacute; d&#8217;existence, elle peut ouvrir l&#8217;horizon &agrave; partir duquel une forme de retournement s&#8217;effectue. De la passivit&eacute; impliqu&eacute;e par la technologie, qui fait que l&#8217;homme est un ouvrier soumis aux logiques cybern&eacute;tiques qui le cadenassent, peut se d&eacute;velopper des armes qui remettent en cause l&#8217;id&eacute;ologie dominante d&eacute;terminant l&rsquo;usage des technologies.  <br \/>\nPour bien saisir les enjeux de cette int&eacute;gration du num&eacute;rique au niveau des espaces sc&eacute;niques, il faut tout d&#8217;abord comprendre quelle en est la n&eacute;cessit&eacute;.  Depuis trente ans, l&#8217;acc&eacute;l&eacute;ration du d&eacute;veloppement du contr&ocirc;le technologique des individus, du corps et des d&eacute;sirs, de la m&eacute;moire individuelle et collective, s&#8217;est constitu&eacute;e au niveau d&#8217;agencements qui d&eacute;passent le seul cadre de l&#8217;ordinateur, comme l&rsquo;a tr&egrave;s bien fait remarquer le Critical Art Ensemble, dans son essai La r&eacute;sistance &eacute;lectronique. De la vid&eacute;osurveillance, &agrave; l&#8217;ensemble des moyens d&#8217;existence, la possibilit&eacute; du contr&ocirc;le num&eacute;rique est devenue g&eacute;n&eacute;rale, le lieu m&ecirc;me de notre &ecirc;tre. Heidegger sur ce point avait raison : nous sommes pass&eacute;s dans l&rsquo;&egrave;re de la v&eacute;rit&eacute; de l&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;duite &agrave; l&rsquo;essence de la technique. <br \/>\nC&#8217;est pourquoi le rapport &agrave; la technologie de m&eacute;taphorique a pu peu &agrave; peu devenir le medium m&ecirc;me des recherches. Aussi bien dans la performance comme avec Stellarc (1) (Third Hand), que dans la po&eacute;sie, l&rsquo;homme pouvant se transformer en technologie, comme cela est apparu dans les &Eacute;v&eacute;nements 99 de Anne-James Chaton (2). Le po&egrave;te est la membrane m&eacute;canique articulant tous les codes amass&eacute;s durant la journ&eacute;e, liant cette liste au flux &eacute;v&eacute;nementiel de l&rsquo;actualit&eacute;. Loin de toute dichotomie entre le propre et l&rsquo;impropre, Anne-James Chaton est tout &agrave; la fois celui qui est articul&eacute; par la soci&eacute;t&eacute; du code commercial et celui qui en cr&eacute;e les micro-agencements, les micro-d&eacute;placements, les perturbations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Accident d&#8217;&eacute;criture <\/strong><br \/>\nFace &agrave; cette &egrave;re technique, la performance s&rsquo;est elle-m&ecirc;me transform&eacute;e, et suivant plus ou moins ce qui &eacute;tait d&eacute;j&agrave; annonc&eacute; dans La r&eacute;volution &eacute;lectronique de Burroughs, a questionn&eacute; les m&eacute;diums afin de produire des formes d&rsquo;accidentalit&eacute;. Si d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; il est possible de repr&eacute;senter la question du m&eacute;dium et de son rapport au contr&ocirc;le, comme par exemple le fait Magalie Debazeilles (3) avec C2M1 mettant en avant le d&eacute;veloppement et le d&eacute;raillement du rapport de l&rsquo;&eacute;criture aux technologies, ce  qui serait plut&ocirc;t du c&ocirc;t&eacute; du th&eacute;&acirc;tre, d&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute; la performance interroge la r&eacute;sistance des m&eacute;diums eux-m&ecirc;mes et ceci afin de se tenir dans la pr&eacute;sentation m&eacute;diumnique et non plus dans sa repr&eacute;sentation.<br \/>\nCe qu&rsquo;il y a de commun dans toutes les technologies actuelles tient &agrave; l&rsquo;&eacute;criture du code, et &agrave; la logique algorithmique. Le code en tant que proc&eacute;dure de traitement est lui-m&ecirc;me pens&eacute; comme un support immat&eacute;riel qui permet la reproductibilit&eacute; infinie, la m&eacute;moire inalt&eacute;rable. Or, un certain nombre d&rsquo;oeuvres interroge la mat&eacute;rialit&eacute; de cette illusion mat&eacute;rielle. Interroge aussi le caract&egrave;re id&eacute;ologique implicite d&rsquo;une telle conception de la ma&icirc;trise du monde, des &ecirc;tres et des choses selon la possibilit&eacute; du num&eacute;rique et de sa pseudo-d&eacute;mat&eacute;rialisation. <br \/>\nLe code devient alors le lieu de la perturbation de l&#8217;&eacute;criture du pouvoir, le code devient la mati&egrave;re et la sc&egrave;ne m&ecirc;me de nouvelles &eacute;critures. D&eacute;mol&eacute;cularisation   &mdash; Jean-Fran&ccedil;ois et J&eacute;r&ocirc;me Blanquet (4)&mdash; donne &agrave; voir une alt&eacute;ration du langage spectaculaire. D&eacute;mol&eacute;cularisation teste et produit cette perturbation des technologies du spectacle. Les deux performers sont sur sc&egrave;ne, l&#8217;un proche de l&#8217;autre, perdus dans des interfaces &eacute;lectro-analogiques de traitements sonores et visuels. En partant de textes pornographiques, qui sont pass&eacute;s &agrave; la moulinette de la reconnaissance vocale, peu &agrave; peu en introduisant les sp&eacute;cificit&eacute;s des technologies qu&rsquo;ils utilisent, ils d&eacute;r&egrave;glent l&rsquo;hyperaffect spectaculaire de la pornographie, cr&eacute;ant une forme de destruction radicale de l&rsquo;attention et de l&rsquo;attendu captif de la pornographie, dans le brouillage. L&rsquo;image projet&eacute;e comme le son, se d&eacute;mol&eacute;cularise, se dilate, efface ce qu&rsquo;il porte pour que le m&eacute;dium n&rsquo;apparaisse plus que comme m&eacute;dium.<br \/>\nAvec Art of failure (Nicolas Montgermont et Nicolas Maigret (5)), ce travail de bug se radicalise. La performance 8 silences, qui semble de prime abord sonore, porte en fait sur l&rsquo;&eacute;criture. S&rsquo;envoyant un silence, une suite de 1, peu &agrave; peu, ce code renvoy&eacute; de serveur en serveur,  se perturbe, se d&eacute;truit, au point de devenir une masse sonore hypernoise. Le message informatique n&rsquo;est pas immat&eacute;riel, n&rsquo;est pas virtuel, il a des trajectoires et se d&eacute;truit, il ob&eacute;it &agrave; des interfaces et est alt&eacute;r&eacute; par celles-ci. Ces performances montrent que la pr&eacute;tention &agrave; la transparence et &agrave; l&rsquo;immat&eacute;rialit&eacute; de l&rsquo;information est une illusion due &agrave; l&rsquo;aveuglement sur la technologie. <br \/>\nA l&rsquo;instar de Adorno, face &agrave; cette attention sur le m&eacute;dium qui conduit &agrave; la mise en oeuvre des bugs, on pourrait penser que &quot;les dissonances qui effraient (les auditeurs) leur parlent de leur propre condition; c&#8217;est uniquement pour cela qu&#8217;elle leur sont insupportables&quot; Philosophie de la nouvelle musique).<\/p>\n<p><strong>Flesh <\/strong><br \/>\nMais ce qui est au coeur m&ecirc;me de la critique de la domination technique tient au rapport au corps, &agrave; la possibilit&eacute; de l&rsquo;ali&eacute;ner, de l&rsquo;identifier, de le contr&ocirc;ler. Jaime Del Val (6), performer espagnol,  pointe cela. Dans Anticuerpos, il interroge et met en critique la d&eacute;termination du corps comme identifi&eacute; &agrave; un genre. Homosexuel militant, il se met en sc&egrave;ne nu, dans la rue, bard&eacute; de cam&eacute;ras, de pico-projecteurs, et il neutralise la d&eacute;finition du corps, par des d&eacute;tails projet&eacute;s de celui-ci, qui ne permettent plus de l&rsquo;identifier. &Agrave; l&rsquo;instar de la premi&egrave;re page de &Eacute;conomie libidinale de Jean-Fran&ccedil;ois Lyotard, le corps d&eacute;sirant et d&eacute;sir&eacute; quant &agrave; son dispositif pulsionnel, n&rsquo;est plus ni homme ni femme, il n&rsquo;est plus referm&eacute; sur son enveloppe, mais il se d&eacute;plie dans l&rsquo;espace, ses limites et fronti&egrave;res quasi insaisissables. Il d&eacute;caract&eacute;rise la perception du corps et la repolarise en fragments dans sa d&eacute;ambulation. <br \/>\nAvec Jaime Del Val est mis en critique une des pr&eacute;tentions de la soci&eacute;t&eacute; de contr&ocirc;le et de surveillance : le contr&ocirc;le du corps et de l&agrave; sa possibilit&eacute; de cat&eacute;gorisation des identit&eacute;s.<\/p>\n<p><strong>Feedback d&rsquo;hypomn&egrave;se <\/strong><br \/>\nLucille Calmel (7) pour sa part met &agrave; mal une autre illusion de la technologie : celle de la pr&eacute;tention &agrave; l&rsquo;archivage. Alors qu&rsquo;elle a archiv&eacute; toutes ses correspondances web de 2000 &agrave; 2008, dans Identifiant Lucille Calmel, qui a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute; pour le festival Open &agrave; Paris Villette en 2011, elle montre dans un jeu entre le corps, l&rsquo;espace r&eacute;el, l&rsquo;espace web et un ensemble de capteurs telle la kinect, de quelle mani&egrave;re cette hyper-m&eacute;moire du r&eacute;seau tout &agrave; la fois est parcellaire, d&eacute;form&eacute;e, et ne peut &ecirc;tre reprise que selon la pratique d&rsquo;une nouvelle &eacute;criture, elle-m&ecirc;me produisant un nouvel archivage. Au plus pr&egrave;s de la diff&eacute;rance au sens de Derrida, elle met en pr&eacute;sence &agrave; travers des bugs, des saturations d&rsquo;&eacute;criture, l&rsquo;indissociabilit&eacute; de l&rsquo;organique et du num&eacute;rique et de l&agrave; dans des jeux de feed-back, de flask-back, de quelle mani&egrave;re se contracte et s&rsquo;alt&egrave;re mat&eacute;riellement l&rsquo;archivage num&eacute;rique. Dans la m&ecirc;me lign&eacute;e, ce que nous faisons avec Hortense Gauthier sous le nom de hp process (8) pose la critique de la relation pr&eacute;tendue par les r&eacute;seaux de communication et la lisibilit&eacute; des traces de celles-ci. Contact est ainsi une performance, o&ugrave; un homme et une femme s&rsquo;&eacute;crivent, mais la pr&eacute;sentation de cette &eacute;criture se fait selon une logique esth&eacute;tique d&#8217;empilement, d&rsquo;entrelacs sur sc&egrave;ne, mais aussi sur le net en direct, de red&eacute;ploiement spatial de cette correspondance.<br \/>\nDerri&egrave;re la pr&eacute;tendue ma&icirc;trise et transparence de l&rsquo;&eacute;criture, ces deux performances indiquent de quelle mani&egrave;re l&rsquo;&eacute;criture du vivant, l&rsquo;&eacute;criture vivante, s&rsquo;&eacute;chappe des d&eacute;terminations de contr&ocirc;le, cela en jouant sur les m&eacute;diums eux-m&ecirc;mes.<\/p>\n<p><strong>De la transformation de l&#8217;id&eacute;ologie des moyens <\/strong><br \/>\nIl ne s&#8217;agit plus  seulement de repr&eacute;senter spectaculairement le pouvoir politique. Celui-ci, ayant abdiqu&eacute; depuis le XX&egrave;me si&egrave;cle face &agrave; l&#8217;&eacute;conomie, oblige &agrave; r&eacute;fl&eacute;chir les moyens m&ecirc;mes de la production. Ce qui domine le capitalisme est la propri&eacute;t&eacute;, la relation au monde est celle d&#8217;une appropriation, donc d&#8217;une soustraction du possible aux autres hommes, selon la revendication du r&eacute;el. Actuellement, ce qui anime les grandes entreprises informatiques tient aux brevets. Cette id&eacute;ologie du copyright ne touche pas seulement la dimension &eacute;conomique, mais elle est devenue le socle id&eacute;ologique de notre rapport &agrave; l&#8217;&ecirc;tre. De sa mise en stock. Tout du point de vue de l&#8217;&ecirc;tre peut &ecirc;tre brevet&eacute;, d&eacute;plac&eacute; de l&#8217;accession publique &agrave; la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e. Ce qui est caract&eacute;ristique des performances ici pr&eacute;sent&eacute;es, c&#8217;est leur construction sur d&#8217;autres possibilit&eacute;s id&eacute;ologiques : elles ne sont pas seulement explicitement des critiques de ce qui a lieu, elles ont aussi transform&eacute; leur rapport aux moyens de se r&eacute;aliser. Que cela soit dans la r&eacute;cup&eacute;ration de technologies ou dans le d&eacute;veloppement de programmes selon des langages open source et un partage libre des connaissances (freeware), les cr&eacute;ateurs mentionn&eacute;s relient ce qu&rsquo;ils cr&eacute;ent &agrave; leur propre pratique. Peut-on r&eacute;ellement &ecirc;tre cr&eacute;dible, lorsque l&rsquo;on fait une critique tout en restant dans la pratique que l&rsquo;on d&eacute;nonce. Il est alors important de souligner que les cr&eacute;ations programm&eacute;es ici mentionn&eacute;es (Art of failure, Lucille Calmel, hp process) utilisent un code open source, lui-m&ecirc;me r&eacute;sultat d&rsquo;une critique du capitalisme et de sa logique d&rsquo;appropriation : pure data cr&eacute;&eacute; par Miller Puckette.<\/p>\n<p><strong>Anesth&eacute;sie des p&ocirc;les d&eacute;cisionnels et &eacute;ducation <\/strong><br \/>\nSi est visible dans bon nombre de performance en quel sens ne peut se faire une critique, sans tout &agrave; la fois une compr&eacute;hension des moyens de la domination et d&#8217;autre part le d&eacute;veloppement de techniques qui rivalisent avec ces moyens tout en proposant d&#8217;autres formes de mod&egrave;les relationnels et &eacute;conomiques; il est &agrave; noter qu&rsquo;institutionnellement il y a une faible int&eacute;gration de ces nouvelles pratiques. Pure data appara&icirc;t comme un parfait exemple. Loin d&rsquo;&ecirc;tre confin&eacute; &agrave; une petite communaut&eacute;, ce langage de programmation est engag&eacute; par un certain nombre de cr&eacute;ateurs au niveau des sc&egrave;nes professionnelles et des work-shops, des installations et pourtant en France dans la plupart des formations les langages qui dominent encore sont l&rsquo;action script reli&eacute; au flash, et max-msp. Ces deux langages sont propri&eacute;taires et demandent des licences pour &ecirc;tre exploit&eacute;s. De m&ecirc;me loin d&rsquo;&ecirc;tre open-source, ils ont ouverts &agrave; une forme de commercialisation des algorithmes. Ce qui conduit que l&rsquo;on forme les &eacute;tudiants, et ceci inconsciemment, &agrave; la reproductibilit&eacute; de cette intentionnalit&eacute; du copyright, de la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e, contre l&rsquo;intelligence collective li&eacute;e &agrave; l&rsquo;opensource. De l&agrave;, inconsciemment, est emp&ecirc;ch&eacute; corr&eacute;lativement certains types de questionnement quant aux critiques possibles de l&rsquo;id&eacute;ologie des m&eacute;diums techniques.<\/p>\n<p>(1) http:\/\/stelarc.org\/?catID=20247<br \/>\n(2) http:\/\/aj.chaton.free.fr\/evenements99.html<br \/>\n(3) http:\/\/www.desbazeille.fr\/v2\/index.php?\/projects\/c2m1\/<br \/>\n(4) http:\/\/projectsinge.free.fr\/?paged=2<br \/>\n(5) http:\/\/artoffailure.free.fr\/index.php?\/projects\/laps\/<br \/>\n(6) http:\/\/www.reverso.org\/jaimedelval.htm<\/p>\n<p>(7) http:\/\/www.myrtilles.org\/ (8) http:\/\/databaz.org\/hp-process\/?p=105<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mise en situation de la technologie Bernard Stiegler, dans R&eacute;enchanter le monde, par son approche critique de l&#8217;intentionnalit&eacute; occidentale, montre parfaitement, que derri&egrave;re le tournant de la d&eacute;mocratisation de la technologie, s&#8217;est produit aussi un tournant de la sensibilit&eacute; humaine. 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