{"id":101,"date":"2007-02-14T20:31:20","date_gmt":"2007-02-14T19:31:20","guid":{"rendered":"http:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=101"},"modified":"2007-02-14T20:44:42","modified_gmt":"2007-02-14T19:44:42","slug":"article-devenirs-roman-dans-la-crise-de-linterpretation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/?p=101","title":{"rendered":"[article] Devenirs roman dans la crise de l&#8217;interpr\u00c3\u00a9tation"},"content":{"rendered":"<p><font size=\"1\" color=\"silver\">[Article \u00c3\u00a9crit pour <a title=\"[voir]\" href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/?p=458\">Libr-critique.com<\/a>]<\/font><br \/>\nDepuis quelques temps [cf. <a title=\"[lire +]\" href=\"http:\/\/www.telerama.fr\/livres\/M0701221237075.html\">T\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9rama du 27 janvier<\/a>], et encore ces derniers jours, semble se poser la question du roman, de sa nature, de sa mani\u00c3\u00a8re d&#8217;\u00c3\u00aatre, ou encore d&#8217;appara\u00c3\u00aetre, de son existence ou encore m\u00c3\u00aame de sa survivance. Ceci posant bien \u00c3\u00a9videmment la question de la litt\u00c3\u00a9rature en cette \u00c3\u00a9poque, de ce qu&#8217;il en est, de ce qui travaille en elle, de ce qu&#8217;elle <em>travaille<\/em> ou <em>machine<\/em> afin d&#8217;appara\u00c3\u00aetre.<br \/>\nCrise du roman, ou plut\u00c3\u00b4t crise de l&#8217;interpr\u00c3\u00a9tation de ce qu&#8217;est le roman. Que l&#8217;on se reporte au livre de Jean Bessi\u00c3\u00a8re [<a title=\"[lire +]\" href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/?p=446\">ici<\/a>], ou bien aux questions que se posent Richard Millet [\u00c3\u00a9crivain et \u00c3\u00a9diteur \u00c3\u00a0 Gallimard] et Jean-Marc Roberts [\u00c3\u00a9diteur de Stock], ou encore au fameux article de Francis Marmande, qui suite aux remarques de Fran\u00c3\u00a7ois Bon [<a title=\"[lire +]\" href=\"http:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article737\">ici<\/a>], commence \u00c3\u00a0 se faire conna\u00c3\u00aetre, et contre-dire [par exemple sur le site lignes de fuite de Christine G\u00c3\u00a9nin [<a title=\"[lire +]\" href=\"http:\/\/blog.lignesdefuite.fr\/post\/2007\/02\/11\/ceci-tuera-cela\">ici<\/a>]], \u00c3\u00a0 chaque fois la question du roman est pens\u00c3\u00a9e comme ouverture d&#8217;une crise, et del\u00c3\u00a0 d&#8217;une certaine forme de critique de sa <em>pr\u00c3\u00a9sentation<\/em> actuelle, comme si cette mani\u00c3\u00a8re d&#8217;\u00c3\u00aatre <em>actuelle<\/em>, chez un certain nombre, ne <em>repr\u00c3\u00a9sentait<\/em> pas ce que serait essentiellement le roman. C&#8217;est en ce sens que face \u00c3\u00a0 ces constats de crise, je vais tenter de montrer la qualit\u00c3\u00a9 et la pertinence de certaines analyses de <a title=\"[lire +]\" href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/?p=452\"><em>Devenirs roman<\/em><\/a> publi\u00c3\u00a9 par les <a title=\"[voir le site]\" href=\"http:\/\/inculte.over-blog.com\/\">\u00c3\u00a9ditions inculte\/na\u00c3\u00afve<\/a>.<\/p>\n<p><em><strong>Symptomatologie d&#8217;une critique<\/strong><\/em><br \/>\nIl s&#8217;agit donc de parler de crise du roman. Crise que J. Bessi\u00c3\u00a8re stigmatise \u00c3\u00a0 travers l&#8217;opposition d&#8217;un c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9 d&#8217;une litt\u00c3\u00a9rature qui s&#8217;enroule sur elle-m\u00c3\u00aame, s&#8217;interrogeant davantage sur sa forme et sa pr\u00c3\u00a9sence que  questionnant le monde, se focalisant sur le sujet qui s&#8217;exprime [auto-fiction] et non pas le monde o\u00c3\u00b9 il existe et de l&#8217;autre d&#8217;une litt\u00c3\u00a9rature qui non-autot\u00c3\u00a9lique, se porte vers le monde, semble se donner dans une certaine forme d&#8217;engagement, de d\u00c3\u00a9r\u00c3\u00a9f\u00c3\u00a9rencialisation au simple v\u00c3\u00a9cu \u00c3\u00a9nigmatique de l&#8217;ego. Crise que Richard Millet et Jean-Marc Roberts constituent \u00c3\u00a0 travers le fait qu&#8217;il n&#8217;y ait plus de vrais lecteurs, \u00c3\u00a0 savoir de <em>grands<\/em> ou <em>gros<\/em> lecteurs, et que de plus il n&#8217;y ait plus de crit\u00c3\u00a8res pour hi\u00c3\u00a9rarchiser les oeuvres au niveau qualitatif, \u00c3\u00a0 savoir donc plus de critiques, tout semblant relativiser, et ceci symptomatiquement en liaison avec internet et les blogs. C&#8217;est ainsi que Jean-Marc Roberts peut d\u00c3\u00a9clarer : \u00c2\u00ab Je suis optimiste pour le roman, mais pessimiste sur notre \u00c3\u00a9poque qui est anti-litt\u00c3\u00a9raire. Le pire, ce sont les blogs : non seulement les gens ne lisent plus mais ils ne vivent plus. Interdisons les blogs ! \u00c2\u00bb. Crise enfin, que Francis Marmande d\u00c3\u00a9termine selon la cause m\u00c3\u00aame d&#8217;internet, et ceci en citant d&#8217;une fa\u00c3\u00a7on erron\u00c3\u00a9e Hugo, comme Christine G\u00c3\u00a9nin l&#8217;a parfaitement analys\u00c3\u00a9 sur Lignes de fuite.<\/p>\n<p>Cette crise semble se constituer de plusieurs sympt\u00c3\u00b4mes, mais qui en fait peuvent \u00c3\u00aatre pens\u00c3\u00a9s sous le principe d&#8217;une analyse de ce que pourrait \u00c3\u00aatre la post-modernit\u00c3\u00a9 historiquement. En effet J. Bessi\u00c3\u00a8re critique le fait que la litt\u00c3\u00a9rature se soit enfonc\u00c3\u00a9e dans un jeu sur elle-m\u00c3\u00aame : mise en question de sa forme, auto-r\u00c3\u00a9flexion sur soi du sujet \u00c3\u00a9crivant et abandon de la confrontation au r\u00c3\u00a9el, etc&#8230; On reconna\u00c3\u00aet l\u00c3\u00a0 un double trait de l&#8217;\u00c3\u00a8re post-moderne : d&#8217;un c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9 le passage au relativisme des jeux de langage, et de l&#8217;autre une forme de narcissisme qui se serait immisc\u00c3\u00a9e de la dimension sociale \u00c3\u00a0 la dimension de la litt\u00c3\u00a9rature. De m\u00c3\u00aame si on consid\u00c3\u00a8re le premier sympt\u00c3\u00b4me pos\u00c3\u00a9 par l&#8217;entretien de J.M Robert et de R. Millet, on s&#8217;aper\u00c3\u00a7oit que la perte du crit\u00c3\u00a8re de jugement, \u00c3\u00a0 laquelle correspond alors une forme de pr\u00c3\u00a9tention individuelle \u00c3\u00a0 pouvoir se poser soi-m\u00c3\u00aame comme crit\u00c3\u00a8re, est dans la lign\u00c3\u00a9e de la critique de la post-modernit\u00c3\u00a9, en tant que lieu de l&#8217;\u00c3\u00a9galisation des diff\u00c3\u00a9rences, relativisation absolue des principes, h\u00c3\u00a9g\u00c3\u00a9monie du sujet du point de vue du jugement par rapport \u00c3\u00a0 un crit\u00c3\u00a8re r\u00c3\u00a9fl\u00c3\u00a9chi rationnellement, etc&#8230; On le per\u00c3\u00a7oit, alors qu&#8217;ils \u00c3\u00a9tablissent une ligne de ce que serait g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9alogiquement la v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9 en litt\u00c3\u00a9rature, donc le vrai roman, ils traduisent le malaise de voir que l&#8217;on ne voit plus historiquement cette ligne appara\u00c3\u00aetre, de sorte qu&#8217;il semblerait que cette ligne constituant le m\u00c3\u00a9ta-r\u00c3\u00a9cit de la litt\u00c3\u00a9rature, ait disparu dans la fragmentation des micro-r\u00c3\u00a9cits, de micro-territoires litt\u00c3\u00a9raires. Ce qui renvoie finalement au deuxi\u00c3\u00a8me sympt\u00c3\u00b4me qui est indiqu\u00c3\u00a9 dans l&#8217;entretien : <em>internet<\/em>. Car en effet, et l\u00c3\u00a0 on per\u00c3\u00a7oit bien l&#8217;appr\u00c3\u00a9hension de Francis Marmande, internet serait bien le lieu d&#8217;une circulation ill\u00c3\u00a9gitime de la litt\u00c3\u00a9rature, pouvant mettre en p\u00c3\u00a9ril la fragile structure \u00c3\u00a9ditoriale du livre, notamment qui a pignon sur rue, ou bien qui s&#8217;affiche r\u00c3\u00a9guli\u00c3\u00a8rement en t\u00c3\u00aate de gondole. Internet, et c&#8217;est maintenant de plus en plus \u00c3\u00a9vident, est caract\u00c3\u00a9ristique de ce qui a pu \u00c3\u00aatre d\u00c3\u00a9nonc\u00c3\u00a9 sous le concept de post-modernit\u00c3\u00a9. Dimension d&#8217;expressions multiples, o\u00c3\u00b9 de nouvelles hi\u00c3\u00a9rarchies se font\/d\u00c3\u00a9font [lieu donc d&#8217;une archi-m\u00c3\u00a9moire amn\u00c3\u00a9sique], o\u00c3\u00b9 des exp\u00c3\u00a9riences diverses se constituent, o\u00c3\u00b9 s&#8217;assemblent des communaut\u00c3\u00a9s aussi bien de lecteurs que d&#8217;\u00c3\u00a9crivains, o\u00c3\u00b9 la subjectivit\u00c3\u00a9 constitue sa propre fiction d&#8217;existence, et qui para\u00c3\u00aet \u00c3\u00a0 F. Marmande comme le couteau saignant peu \u00c3\u00a0 peu la r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 du livre, la force du roman.<!--nextpage--><\/p>\n<p>Ces trois critiques me paraissent symptomatiques \u00e2\u20ac\u201d et pour Marmande caricaturalement \u00e2\u20ac\u201d de la critique de la post-modernit\u00c3\u00a9, et semble devoir, avant de consid\u00c3\u00a9rer l&#8217;approche collective de <em>Devenirs du roman<\/em>,  \u00c3\u00aatre discut\u00c3\u00a9e. Ce qui est remarquable, tout d&#8217;abord, c&#8217;est bien le principe de v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9 qui anime leur propre jugement. La notion de crise renvoyant non pas en ce sens \u00c3\u00a0 la question de l&#8217;ouverture, du ressaisissement, y compris dialectique, mais bien plus \u00c3\u00a0 la notion de p\u00c3\u00a9ril, de perte, de disparition. Ce qu&#8217;ils reprochent, c&#8217;est en fait non pas fondamentalement ce qui arrive au roman, car ce n&#8217;est que la cons\u00c3\u00a9quence de leur raisonnement, mais le fait qu&#8217;il y ait de plus en plus  fragmentation de l&#8217;attention donn\u00c3\u00a9e \u00c3\u00a0 l&#8217;\u00c3\u00a9criture, et dispersion sur des supports, distincts du volume papier. Le roman, en tant que symbole du rapport \u00c3\u00a0 l&#8217;\u00c3\u00a9criture et r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 sociale de ce rapport, avec l&#8217;apparition de nouvelles m\u00c3\u00a9diations \u00c3\u00a0 l&#8217;espace publique, est en quelque sorte d\u00c3\u00a9mythifi\u00c3\u00a9, certes toujours attractif au niveau de l&#8217;intentionnalit\u00c3\u00a9 de celui qui \u00c3\u00a9crit [forme de r\u00c3\u00a9sultat ultime pour beaucoup], mais d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 relativis\u00c3\u00a9, non plus r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 uniquepour la narration et le r\u00c3\u00a9cit, mais de plus en plus m\u00c3\u00a9diation comme une autre, voire c&#8217;est vrai, par moment, disparaissant derri\u00c3\u00a8re les autres. En effet, c&#8217;est bien le fait que de plus en plus de personnes \u00c3\u00a9crivent et diffusent leur \u00c3\u00a9criture via le net et leurs sites personnels, qui am\u00c3\u00a8nent aussi chez le lecteur, une transformation de son regard, un int\u00c3\u00a9r\u00c3\u00aat aussi bien pour la note journali\u00c3\u00a8re, que pour les exp\u00c3\u00a9riences po\u00c3\u00a9tiques ou narratives. Oui, le constat semble juste, mais pourtant ce jugement est criticable.<br \/>\nTout d&#8217;abord historiquement au sens o\u00c3\u00b9 le roman n&#8217;a pas une essence anhistorique, mais correspond \u00c3\u00a0 un passage du latin \u00c3\u00a0 la langue vulgaire, puis passage \u00c3\u00a0 l&#8217;invention du r\u00c3\u00a9cit [p\u00c3\u00a9riode du  XI\u00c3\u00a8me &#8211; XIII\u00c3\u00a8me si\u00c3\u00a8cle]. De plus le roman, et ceci avant m\u00c3\u00aame le XX\u00c3\u00a8me si\u00c3\u00a8cle et les oeuvres exp\u00c3\u00a9rimentales r\u00c3\u00a9fl\u00c3\u00a9chissant la forme, est d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 lieu d&#8217;invention de la forme, lieu d&#8217;inventions de la langue. Certes l&#8217;auto-r\u00c3\u00a9flexivit\u00c3\u00a9 de la litt\u00c3\u00a9rature n&#8217;est peut-\u00c3\u00aatre pas pr\u00c3\u00a9sente visiblement, mais il ne semble pas possible de r\u00c3\u00a9duire la diversit\u00c3\u00a9 des exp\u00c3\u00a9riences romanesques \u00c3\u00a0 une seule et unique essence, mais bien de comprendre sa variation dans la r\u00c3\u00a9flexion, \u00c3\u00a0 chaque fois singuli\u00c3\u00a8re de romanciers. De ce fait le premier point probl\u00c3\u00a9matique dans leur argumentation, tient \u00c3\u00a0 l&#8217;insistance de poser ce que serait <em>le<\/em> roman, face \u00c3\u00a0 <em>un<\/em> mauvais roman, ou un non-roman\/une non-litt\u00c3\u00a9rature, t\u00c3\u00a9moignant peut-\u00c3\u00aatre par l\u00c3\u00a0 d&#8217;une non-vie. Le second point de la critique porte sur le rapport \u00c3\u00a0 l&#8217;\u00c3\u00a9criture. Le roman est pos\u00c3\u00a9 comme une forme n\u00c3\u00a9cessaire, une forme privil\u00c3\u00a9gi\u00c3\u00a9e. Comme certains ont pos\u00c3\u00a9 la po\u00c3\u00a9sie en tant que clairi\u00c3\u00a8re de l&#8217;\u00c3\u00aatre [Heidegger], <em>le<\/em> roman serait le lieu de la rencontre de l&#8217;homme au r\u00c3\u00a9el dans l&#8217;\u00c3\u00a9criture. Ici aussi, on ne peut que percevoir une forme de culturo-centrisme tout \u00c3\u00a0 la fois g\u00c3\u00a9ographique et historique. Tout d&#8217;abord dans bien des pays, des exp\u00c3\u00a9riences de r\u00c3\u00a9cit se sont cr\u00c3\u00a9\u00c3\u00a9es ne passant pas par une forme romanesque, ou par l&#8217;\u00c3\u00a9criture, mais par l&#8217;oral, le conte, la po\u00c3\u00a9sie, le mythe. De plus, si on consid\u00c3\u00a8re que ce qui importe c&#8217;est aussi de comprendre un certain rapport de liaison de celui qui lit \u00c3\u00a0 son exp\u00c3\u00a9rience du monde, via des m\u00c3\u00a9diations aussi diverses que le roman, la musique, en bref l&#8217;art en g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9ral, r\u00c3\u00a9fl\u00c3\u00a9chir \u00c3\u00a0 la question contemporaine de la relation des individus \u00c3\u00a0 l&#8217;\u00c3\u00a9criture, c&#8217;est tenter de comprendre pour quelles raisons, ils peuvent chercher \u00c3\u00a0 saisir cette relation en passant par d&#8217;autres m\u00c3\u00a9diations d&#8217;\u00c3\u00a9criture que celles du roman.<br \/>\nIl est manifeste que le rapport au r\u00c3\u00a9cit de la part des individus s&#8217;est modifi\u00c3\u00a9. Si on consid\u00c3\u00a8re par exemple la question du sch\u00c3\u00a9ma narratif au niveau des cr\u00c3\u00a9ations audio-visuelles, il y a eu un transfert \u00e2\u20ac\u201d qui est de plus en plus important \u00e2\u20ac\u201d en direction soit de la s\u00c3\u00a9rie t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9vis\u00c3\u00a9e, soit du jeu vid\u00c3\u00a9o, qui implique \u00e2\u20ac\u201d par exemple pour celui-ci \u00e2\u20ac\u201d dans le r\u00c3\u00a9cit le joueur en tant que principe dynamique de l&#8217;actualisation des potentialit\u00c3\u00a9s narratives du jeu [par exemple World of warcraft, jeu en temps r\u00c3\u00a9el 3D massivement multi-joueur atteint actuellement une communaut\u00c3\u00a9 de 8 millions de joueurs].<br \/>\nCe qu&#8217;oublient donc ces trois \u00c3\u00a9crivains, c&#8217;est que toute \u00c3\u00a9criture appara\u00c3\u00aet dans un contexte, qui certes est social, politique, technologique, mais qui est aussi d&#8217;abord et avant tout constitu\u00c3\u00a9 du tissu inter-subjectif d&#8217;intentionnalit\u00c3\u00a9s emprises avec le monde. Or, la question de soi, la fragmentation, l&#8217;acc\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9ration sont peut-\u00c3\u00aatre de nouveaux pr\u00c3\u00a9dicats \u00c3\u00a0 associer \u00c3\u00a0 la conscience humaine. Non pas pr\u00c3\u00a9dicats \u00c3\u00a0 rejeter,mais \u00c3\u00a0 interroger comme processus de d\u00c3\u00a9mocratisation de la parole et de l&#8217;expression. Le regret qu&#8217;ils expriment, indique par l\u00c3\u00a0 un d\u00c3\u00a9sir de r\u00c3\u00a9gression historique, ou encore, l&#8217;incapacit\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 penser la transformation du r\u00c3\u00a9cit \u00c3\u00a0 travers les mutations contemporaines. La vision qu&#8217;ils portent, si elles recoupent ce que fut le roman, n&#8217;envisage aucunement ce que devient le roman.<!--nextpage--><br \/>\n<em><strong>De la crise aux devenirs<\/strong><\/em><br \/>\nFace \u00c3\u00a0 ces postures critiques, <strong><em>Devenirs roman<\/em><\/strong> ouvre tout autrement la question de la crise. Crise, non plus comme constat de d\u00c3\u00a9solation, mais crise, comme moment de reprise du roman par lui-m\u00c3\u00aame, exploration de ses potentialit\u00c3\u00a9s structurelles et linguistiques, moment de questionnement sur ses possibles mutations en cette \u00c3\u00a9poque  post-moderne.<br \/>\nPour commencer, on pourrait citer Emmanuel Adely, qui \u00c3\u00a0 l&#8217;inverse des trois critiques pr\u00c3\u00a9c\u00c3\u00a9demment vues, retourne l&#8217;axe critique en mettant en \u00c3\u00a9vidence que ce qu&#8217;on appelle roman traditionnellement, \u00c3\u00a0 savoir au niveau des autorit\u00c3\u00a9s h\u00c3\u00a9g\u00c3\u00a9moniques qui d\u00c3\u00a9cident pour la repr\u00c3\u00a9sentation publique de ce qu&#8217;est &#8220;le roman&#8221;, n&#8217;est que d\u00c3\u00a9naturation de ce que pourrait \u00c3\u00aatre le roman, au sens o\u00c3\u00b9 il ne voit dans la plupart des grandes sorties que &#8220;des produits culturels c&#8217;est-\u00c3\u00a0-dire des produits destin\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a0 la vente&#8221; de sorte &#8220;qu&#8217;il n&#8217;est plus possible de parler de roman contemporain visible ou reconnaissable&#8221;. Pour quelles raisons : parce que  selon E. Adely, \u00c3\u00a0 force de se concentrer sur les bons sentiments, &#8220;les aveux, les confessions, les relations de viol d&#8217;inceste d&#8217;euthanasie&#8221; etc, il y a oubli de la langue, de la langue qui s&#8217;exprime et exprime de ce dont il s&#8217;agit.<br \/>\nD&#8217;embl\u00c3\u00a9e, on l&#8217;aura compris, pour une part, les recherches et les questions qui structurent une partie des textes de <em><strong>Devenirs roman<\/strong><\/em>, loin de s&#8217;apitoyer sur ce renferment de la litt\u00c3\u00a9rature sur elle-m\u00c3\u00aame, loin de la vision caricaturale d&#8217;un Todorov dans son essai <strong><em>La litt\u00c3\u00a9rature en p\u00c3\u00a9ril<\/em><\/strong>, ou bien de ce que dit J. Bessi\u00c3\u00a8re, tente de saisir l&#8217;articulation entre la recherche propre \u00c3\u00a0 la litt\u00c3\u00a9rature (langage et forme) et la r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 sociale et historique dans laquelle cette recherche est impliqu\u00c3\u00a9e.<br \/>\nAlors que Todorov et Bessi\u00c3\u00a8re critiquent le formalisme, et ceci dans une lign\u00c3\u00a9e quasi des anti-modernes, reste que la question de l&#8217;\u00c3\u00a9criture est aussi question de la langue, des strat\u00c3\u00a9gies de langue. Pour ceux qui refusent d&#8217;entendre parler de strat\u00c3\u00a9gies de langue, d&#8217;efficacit\u00c3\u00a9 contextuelle, ou en rapport \u00c3\u00a0 la r\u00c3\u00a9ception d&#8217;autrui, celles-ci ne sont pas nouvelles, mais appartiennent au champ traditionnel de la r\u00c3\u00a9flexion sur l&#8217;\u00c3\u00a9criture et sur le rapport au lecteur ou bien l&#8217;auditeur. D\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 Platon, dans ses dialogues interrogeaient ce qu&#8217;est la transmission, et voyant le risque de cette transmission [le texte comme b\u00c3\u00a2tard], \u00c3\u00a9laborait une strat\u00c3\u00a9gie du dialogue indirect, par ou\u00c3\u00afe dire&#8230; Ce que de nombreux commentateurs ne voient pas, ne mettant pas l&#8217;accent sur sa r\u00c3\u00a9flexion sur l&#8217;\u00c3\u00a9criture [cf. derni\u00c3\u00a8re partie du <em>Ph\u00c3\u00a8dre<\/em> et Teuth], qui est proche de strat\u00c3\u00a9gies sophistiques. Strat\u00c3\u00a9gie de la langue, \u00c3\u00a0 savoir r\u00c3\u00a9flexion sur ce que permet la langue, ouvre la langue, impacte la langue, et ceci non pas selon l&#8217;\u00c3\u00a9vidence de l&#8217;\u00c3\u00a9nonciation, mais selon sa r\u00c3\u00a9sistance : le rapport \u00c3\u00a0 autrui. Les modernes ont explor\u00c3\u00a9 toutes ces possibilit\u00c3\u00a9s, et loin de r\u00c3\u00a9duire leur textualit\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 n&#8217;\u00c3\u00aatre qu&#8217;autistique, ont su souvent \u00e2\u20ac\u201d et ceci proprement dans la po\u00c3\u00a9sie \u00e2\u20ac\u201d ouvrir des possibilit\u00c3\u00a9s r\u00c3\u00a9elles de la langue qui n&#8217;\u00c3\u00a9taient pas encore explor\u00c3\u00a9es. On pourrait ici relire Guyotat ou bien Prigent. C&#8217;est pourquoi, me semble juste ce que peut \u00c3\u00a9crire le collectif Inculte, lorsqu&#8217;en conclusion, il insiste sur le fait que &#8220;le roman ne serait donc le lieu d&#8217;aucune sp\u00c3\u00a9cificit\u00c3\u00a9 : aucun langage, aucun registre, aucun objet, aucune po\u00c3\u00a9tique ne le qualifieraient, n&#8217;en seraient le propre&#8221;. Ce qui r\u00c3\u00a9sonne avec ce que d\u00c3\u00a9veloppe Pierre Parlant, qui \u00c3\u00a9tablit un forme de relation n\u00c3\u00a9cessaire entre roman et exp\u00c3\u00a9rience de la po\u00c3\u00a9sie : la po\u00c3\u00a9sie serait \u00e2\u20ac\u201d selon les termes repris d&#8217;Echenoz \u00e2\u20ac\u201d &#8220;la contrebasse du roman&#8221;, au sens de l&#8217;atelier de la langue rythmant le fil narratif.<br \/>\nDe plus comme le marque sous forme de question William Marx, si ce qui marque la recherche moderne est li\u00c3\u00a9 au retrait de la litt\u00c3\u00a9rature de Rimbaud, au sens o\u00c3\u00b9 serait indiqu\u00c3\u00a9e la crise de confiance dans le langage face au r\u00c3\u00a9el et \u00c3\u00a0 la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9, toutefois, il semblerait qu&#8217;avec un certain nombre d&#8217;entreprises actuelles, ou du moins historiquement r\u00c3\u00a9centes, paraissent se dessiner une nouvelle mani\u00c3\u00a8re d&#8217;avoir rapport aux recherches formelles, qui loin du seul <em>autisme<\/em>, ou bien de la circularit\u00c3\u00a9 formelle, ouvre des potentialit\u00c3\u00a9s d&#8217;interrogation aussi bien du r\u00c3\u00a9el que de la r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 sociale : &#8220;il me pla\u00c3\u00aet de penser que nombre d&#8217;\u00c3\u00a9crivains dits minimalistes se situent moins dans un refus de la r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 que dans une volont\u00c3\u00a9 d&#8217;apprivoiser \u00c3\u00a0 nouveau celle-ci, et seraient donc en mesure de renouer les liens qui avaient \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 rompus entre le langage et le r\u00c3\u00a9el d&#8217;une part et entre la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 et la litt\u00c3\u00a9rature d&#8217;autre part&#8221;.<br \/>\nOuvrant la question du rapport de la langue au monde et \u00c3\u00a0 la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9, en effet, on pourrait s&#8217;apercevoir que, m\u00c3\u00aame si de fait ils sont minoritaires tel que l&#8217;\u00c3\u00a9nonce Fran\u00c3\u00a7ois B\u00c3\u00a9gaudeau, toutefois il y a bien pour un certain nombre d&#8217;\u00c3\u00a9crivains \u00e2\u20ac\u201d ici je pense aussi bien \u00c3\u00a0 Chlo\u00c3\u00a9 Delaume [ <strong><em>J&#8217;habite la t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9vision<\/em><\/strong>] qu&#8217;\u00c3\u00a0 Eric Arlix [<strong><em>Hop!<\/em><\/strong>, <strong><em>Le monde jou<\/em><\/strong>] qui loin de refuser l&#8217;h\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9rog\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9it\u00c3\u00a9 de la r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 ext\u00c3\u00a9rieure et de la rejeter au profit de la seule question de soi, ou bien de la neutralisation des questions politiques \u00e2\u20ac\u201d s&#8217;en approprie les teneurs probl\u00c3\u00a9matiques et les r\u00c3\u00a9interroge selon des exp\u00c3\u00a9riences de narrativit\u00c3\u00a9, certes exp\u00c3\u00a9rimentales, mais qui s&#8217;enracinent davantage dans la perspective du roman que de la po\u00c3\u00a9sie. Certes l&#8217;expression d&#8217;<em>engagement<\/em> de F B\u00c3\u00a9gaudeau est maladroite, au sens o\u00c3\u00b9 elle est historiquement dat\u00c3\u00a9e [cf. Sartre], toutefois, la question d&#8217;une mise en interrogation du monde social, politique, \u00c3\u00a9conomique un r\u00c3\u00a9el a bien lieu.<!--nextpage--><br \/>\n<em><strong>De quelques devenirs du roman<\/strong><\/em><br \/>\nSi le roman, est donc bien lieu des possibles, comme le souligne le collectif inculte, il nous faut montrer en quel sens il a pu, et peut prendre des tournants, des voies, des directions qui \u00c3\u00a0 chaque fois relancent aussi bien sa forme que sa mani\u00c3\u00a8re de se mettre en rapport au monde.<br \/>\nTel que l&#8217;\u00c3\u00a9nonce Emmanuelle Pireyre, &#8220;il y a un rapport \u00c3\u00a9troit entre le type de litt\u00c3\u00a9rature produit \u00c3\u00a0 une certaine \u00c3\u00a9poque et son contexte historique et social, quant \u00c3\u00a0 la mani\u00c3\u00a8re qu&#8217;ont les textes de s\u00c3\u00a9lectionner leur lieu d&#8217;\u00c3\u00a9mission, le terrain o\u00c3\u00b9 ils prendront place&#8221;. Et  partir de ce constat, elle met en lumi\u00c3\u00a8re ce que pourrait \u00c3\u00aatre une <em>fiction documentaire<\/em>, reprenant par l\u00c3\u00a0 l&#8217;expression de Jacques Ranci\u00c3\u00a8re. La fiction documentaire, si on consid\u00c3\u00a8re par exemple Jacques-Henri Michot et son <em><strong>ABC de la Barbarie<\/strong><\/em>, est la construction d&#8217;un fil non ego-r\u00c3\u00a9f\u00c3\u00a9rentiel, qui se constitue d&#8217;\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9ments paralitt\u00c3\u00a9raires ou intra-litt\u00c3\u00a9raires qui sont associ\u00c3\u00a9s selon une logique de construction pens\u00c3\u00a9e par l&#8217;\u00c3\u00a9crivain. S&#8217;il est \u00c3\u00a9vident qu&#8217;il y a pour une part destruction ou d\u00c3\u00a9construction du sch\u00c3\u00a9ma narratif, toutefois, pourtant tel que le pr\u00c3\u00a9cise parfaitement E. Pireyre, ces exp\u00c3\u00a9riences ne sont pas \u00c3\u00a0 proprement parl\u00c3\u00a9 de la po\u00c3\u00a9sie, mais hybride, elles s&#8217;apparentent aussi \u00c3\u00a0 un processus narratif li\u00c3\u00a9 au roman. Toutefois leur principe tient au fait de faire dispara\u00c3\u00aetre la subjectivit\u00c3\u00a9 du &#8220;Je&#8221; [pr\u00c3\u00a9sence au sein du texte], ou encore le personnage, pour poser la pr\u00c3\u00a9sence du jeu seulement comme cet invisible qui lie, relie, expanse, diffracte les documents rassembl\u00c3\u00a9s, compuls\u00c3\u00a9s, compact\u00c3\u00a9s. &#8220;La singularit\u00c3\u00a9 d\u00c3\u00a9tourne de l&#8217;int\u00c3\u00a9rieur les langages d&#8217;autorit\u00c3\u00a9 de leur direction, les fait dissoner par juxtaposition et jouer les uns contre les autres&#8221;<br \/>\nDe m\u00c3\u00aame, quand on consid\u00c3\u00a8re Philippe Vasset et ce qu&#8217;il \u00c3\u00a9nonce par rapport au devenir <em>machine<\/em> de ses textes, il met en \u00c3\u00a9vidence que l&#8217;horizon de chacun de ses livres est davantage une m\u00c3\u00a9canique en devenir, qu&#8217;un processus d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 int\u00c3\u00a9gr\u00c3\u00a9 et ma\u00c3\u00aetris\u00c3\u00a9. Le roman est lieu de l&#8217;exp\u00c3\u00a9rience de l&#8217;agencement de sa langue, ce qui implique cons\u00c3\u00a9cutivement pour lui de reconna\u00c3\u00aetre que &#8220;bien s\u00c3\u00bbr, (ses) machines manquent leur but, et m\u00c3\u00aame d&#8217;assez loin, mais \u00c3\u00a7a n&#8217;est pas grave&#8221;, au sens o\u00c3\u00b9 s&#8217;ouvre cet horizon, m\u00c3\u00aame s&#8217;il n&#8217;est pas en d\u00c3\u00a9finitive ma\u00c3\u00aetris\u00c3\u00a9. Ce qui l&#8217;am\u00c3\u00a8ne \u00c3\u00a0 poser que cette recherche de cr\u00c3\u00a9ation de machines romanesques, o\u00c3\u00b9 s&#8217;interp\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a8trent le r\u00c3\u00a9el et la langue, devraient le conduire \u00c3\u00a0 sortir de l&#8217;espace du livre, \u00c3\u00a0 tenter une \u00c3\u00a9criture dispositive ou encore en installation, &#8220;c&#8217;est-\u00c3\u00a0-dire une juxtaposition d&#8217;\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9ments entre lesquels on puisse circuler, un texte pr\u00c3\u00a9par\u00c3\u00a9 comme l&#8217;\u00c3\u00a9taient il y a cinquante ans les pianos, bref, une machine&#8221;. Ici, on peut penser au travail de Fran\u00c3\u00a7ois Bon et justement \u00c3\u00a0 la question de la machine qu&#8217;il n&#8217;a de cesse de reposer de livre en livre, d&#8217;exp\u00c3\u00a9rience en exp\u00c3\u00a9rience. Question de la machine o\u00c3\u00b9 se rencontrent, se confrontent, d&#8217;un c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9 la langue et de l&#8217;autre la r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 sociale, celle du travailleur, de l&#8217;ouvrier, de l&#8217;\u00c3\u00a9conomie, du travail.<a title=\"[lire +]\" href=\"http:\/\/www.t-pas-net.com\/libr-critique\/?p=334\"> <strong><em>Tumultes<\/em><\/strong><\/a> appara\u00c3\u00aet ainsi comme une exp\u00c3\u00a9rience d&#8217;installation, dans son principe web, une exp\u00c3\u00a9rience qui ne pouvait \u00c3\u00aatre faite qu&#8217;en-dehors du cadre du livre et du manuscrit, au sens o\u00c3\u00b9 r\u00c3\u00a9pondant \u00c3\u00a0 une certain forme de contraintes sp\u00c3\u00a9cifiquement li\u00c3\u00a9es \u00c3\u00a0 la publication en ligne. On pourrait aussi tenter de saisir le travail de L&#8217;Agence_Konflict_SysTM, \u00c3\u00a0 travers la question de la narrativit\u00c3\u00a9 se situant dans l&#8217;installation des [petites annonces] en version web, o\u00c3\u00b9 la textualit\u00c3\u00a9 se d\u00c3\u00a9plie tout \u00c3\u00a0 la fois en son, image, texte [<a title=\"[voir +]\" href=\"http:\/\/www.petites-annoncez.com\">site<\/a>].<\/p>\n<p>En bref, nous l&#8217;aurons compris, ce livre collectif des Incultes est \u00c3\u00a0 lire de toute urgence contre toute forme de d\u00c3\u00a9faitisme ou encore de tentation essentialiste quant \u00c3\u00a0 ce qui concerne l&#8217;\u00c3\u00a9criture du roman. S&#8217;il est \u00c3\u00a9vident que tout ce qui y est dit n&#8217;est pas forc\u00c3\u00a9ment pertinent, ou encore que certains romanciers paraissent manquer [par exemple Chlo\u00c3\u00a9 Delaume, dont le travail de r\u00c3\u00a9appropriation de l&#8217;ego-fiction est un des plus intransigeants,  Philippe Di Folco, qui joue des genres \u00c3\u00a0 travers la question de l&#8217;auto-fiction et de ses multiples d\u00c3\u00a9tourements, Fran\u00c3\u00a7ois Bon dont je viens de parler, Bernard Desportes qui pose le lieu de l&#8217;\u00c3\u00a9criture en-dehors de toute nomenclature spatio-temporelle saisissable par l&#8217;entendement, etc&#8230;], reste que ce livre d&#8217;une rare qualit\u00c3\u00a9 th\u00c3\u00a9orique, demande d&#8217;\u00c3\u00aatre lu en ce temps de mis en question.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[Article \u00c3\u00a9crit pour Libr-critique.com] Depuis quelques temps [cf. T\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9rama du 27 janvier], et encore ces derniers jours, semble se poser la question du roman, de sa nature, de sa mani\u00c3\u00a8re d&#8217;\u00c3\u00aatre, ou encore d&#8217;appara\u00c3\u00aetre, de son existence ou encore m\u00c3\u00aame de sa survivance. Ceci posant bien \u00c3\u00a9videmment la question de la litt\u00c3\u00a9rature en cette \u00c3\u00a9poque, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11,6],"tags":[],"class_list":["post-101","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","category-une"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/101","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=101"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/101\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=101"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=101"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/databaz.org\/xtrm-art\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=101"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}